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L'Egypte approuve "totalement" la position de l'Algérie vis-à-vis de la situation dans le nord du Mali, a déclaré, mardi 23 octobre à Alger, le ministre des affaires étrangères égyptien, Mohamed Kamel Amr, qui a précisé rejeter "les mouvements séparatistes au Mali", lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue algérien, Mourad Medelci.

L'Algérie privilégie une solution négociée au Mali voisin tout en n'excluant pas une intervention militaire qui, selon elle, doit être exclusivement africaine. Jeudi, le premier ministre algérien Abdelmalek Sellal avait réaffirmé que la position d'Alger sur le Mali était "très claire", insistant sur le fait qu'Alger demeurait attaché au principe de non-ingérence dans les affaires internes des pays. "Nous pensons qu'il est fondamentalement utile d'aider et de conforter le gouvernement [malien] pour qu'il puisse recouvrer son intégrité territoriale", avait-il ajouté, notant que la position d'Alger prenait notamment en compte la lutte contre le terrorisme et les narcotrafiquants.

"UNE MISSION PLACÉE SOUS LA RESPONSABILITÉ DES ÉTATS AFRICAINS"

"La communauté internationale doit soutenir le Mali pour reprendre le contrôle du nord du Mali", a déclaré de son côté mardi le chef de la diplomatie allemande, Guido Westerwelle, soulignant qu'une "stabilisation durable ne peut se faire qu'à travers un processus politique". "Nous sommes extrêmement préoccupés par la situation, tant au regard des droits de l'homme que de la situation humanitaire ou des questions de sécurité", a ajouté le ministre qui souhaite éviter que cette région "puisse devenir un havre pour le terrorisme mondial".

"L'Allemagne, l'Europe sont prêtes à agir, mais il ne s'agit pas de l'envoi de troupes de combat", a précisé M. Westerwelle, en référence à la décision de l'Union européenne prise vendredi de planifier une mission militaire d'entraînement de l'armée malienne. "Il ne doit pas y avoir d'erreur d'interprétation, nous parlons d'une mission placée sous la responsabilité des Etats africains sur la base d'une décision du Conseil de sécurité de l'ONU", a-t-il ajouté, parlant de "mission d'entraînement", de "formation".

Le président burkinabé Blaise Compaoré, médiateur de l'Afrique de l'Ouest dans la crise malienne, a estimé mardi que la guerre n'était "pas nécessairement" un choix "utile" pour le Mali. "Les Nations unies ont encouragé ce processus de dialogue qui doit se mettre en place et nous sommes en contact avec les parties, les mouvements [armés] comme le gouvernement [malien], pour, dans les jours à venir, entamer cette phase qui est capitale pour la stabilité du Mali", a-t-il déclaré. "Car la guerre n'est pas nécessairement le choix premier utile, ni pour le Mali ni pour la région", a poursuivi M. Compaoré, interrogé par la presse à Ouagadougou. "Si par le dialogue on a une solution, les militaires" vont "rester chez eux", a-t-il insisté.

"L'HEURE N'EST PAS À UNE INTERVENTION"

De son côté, le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, a déclaré sur RFI mercredi que, "pour l'instant, l'heure n'est pas à l'intervention, pour l'instant l'heure est à la mise en œuvre des dispositions qui ont été recommandées par le Conseil de sécurité de l'ONU".

"Il s'agit pour les Etats africains (...) de mettre en place un plan d'action qui doit être soumis à nouveau au Conseil de sécurité dans un délai d'un mois et c'est après que la question de l'intervention se pose, a-t-il ajouté. La France a dit par la voix du président de la République qu'elle accompagnerait, qu'elle soutiendrait, cela veut dire formation, soutien logistique, apport de matériel. La réalité, c'est les Africains qui sont à l'initiative et qui doivent mener la reconquête de leur propre territoire."

A la question d'un supposé acheminement de drones français sur le secteur, le ministre de la défense a déclaré qu'à sa "connaissance il n'y en a pas". "Par contre, il est nécessaire qu'à partir des bases que nous avons en Afrique nous essayions de rechercher nos otages et donc, que l'on fasse du renseignement, de l'information, de la recherche de visibilité sur la localisation, c'est évidemment notre devoir", a précisé Jean-Yves Le Drian.

"Tout est dangereux pour nos otages. C'est la raison pour laquelle nous sommes très prudents lorsque nous en parlons et la raison pour laquelle nous déployons énormément de moyens pour rechercher leur implantation – ils ne sont pas tous au même endroit – et pour imaginer leur exfiltration", a-t-il ajouté. Le ministre a refusé de préciser si la France entretenait un dialogue avec les groupes de ravisseurs. "Concernant les groupes, il faut essayer de créer des liens avec certains d'entre eux", a-t-il dit.

Source: http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/10/24/nord-mali-le-caire-approuve-la-position-d-alger-berlin-encourage-une-intervention_1779949_3212.html

Tag(s) : #Afrique de l'Ouest