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bangkok.jpgLes manifestants antigouvernementaux ont mis le feu aux locaux d'une chaîne de télévision, Channel 3, à Bangkok et une centaine de personnes étaient prises au piège dans le bâtiment, mercredi 19 mai. L'armée a mis fin à l'opération lancée le matin pour évacuer le quartier de la capitale occupé par les "chemises rouges". Un hélicoptère a été envoyé pour commencer une évacuation des employés de Channel 3 pris au piège.

Au total, une vingtaine de bâtiments ont été mis à feu dans la capitale. La Bourse de Bangkok, incendiée, fermera jeudi et vendredi en raison des violences. Plusieurs centres commerciaux étaient également en feu, dont le Central World, l'un des plus grands de la capitale. Une épaisse fumée noire, provenant de nombreux pneus incendiés, se dégageait au-dessus de la ville de Bangkok.

LES LEADERS "ROUGES" SE RENDENT

L'armée a annoncé qu'elle mettait fin à l'assaut lancé à l'aube pour évacuer le quartier de Bangkok occupé par les "rouges". Un couvre-feu sera imposé de 20 heures mercredi, heure locale (15 heures, heure française) à 6 heures jeudi, tandis que des violences se poursuivaient. Au moins six personnes, dont un photographe italien, ont été tuées au cours des affrontements, et au moins 58 blessées, dont un journaliste néerlandais, hospitalisé.

Après l'assaut de l'armée, les leaders des "chemises rouges" ont appelé à la dispersion de leur manifestation commencée à la mi-mars à Bangkok. Ils ont par ailleurs annoncé, devant des milliers de partisans, qu'ils allaient se rendre à la police. "Je sais que c'est inacceptable pour certains d'entre vous et que certains ne veulent pas entendre ceci, mais nous ne pouvons résister, a indiqué un des dirigeants de l'opposition, Nattawut Saikua. Nous allons échanger notre liberté contre votre sécurité. Nous avons fait tout ce que nous pouvions. (...) Je demande à tout le monde de rentrer chez soi."

Peu après cette annonce, les manifestants ont commencé à quitter les lieux, tandis que des violences se poursuivaient dans les alentours de la zone. Nattawut et au moins trois autres cadres rouges se sont alors dirigés au bureau de la police nationale où ils se sont constitués prisonniers. Le porte-parole du gouvernement avait indiqué dans la matinée que plusieurs leaders "rouges" s'étaient "enfuis", dont l'un à moto. Les autorités ont lancé des mandats d'arrêt contre les principaux leaders qui forment la direction collégiale du mouvement.

Des opposants ont par ailleurs occupé puis incendié mercredi un bâtiment du complexe de la mairie d'Udon Thani, une ville située dans le nord-est de la Thaïlande, l'un des bastions des "rouges", a rapporté la police.

GARANTIR LA SÉCURITÉ

L'armée thaïlandaise a lancé à l'aube une opération destinée à "assurer le contrôle à 100 % de la zone". Des centaines de soldats ont pris position dans le centre de la capitale, qui ressemblait à une zone de guerre avec des rues désertes et des magasins fermés. Cette opération militaire est intervenue au lendemain de l'échec de négociations destinées à mettre fin à cinq semaines de troubles. Les troupes d'élites thaïlandaises ont reçu l'autorisation de "tirer immédiatement" sur toute personne en train d'allumer des incendies ou de se livrer à des pillages dans le camp retranché des "chemises rouges".

Les manifestants, qui occupent le centre de Bangkok depuis le 3 avril, veulent la convocation d'élections anticipées et, estimant que le chef du gouvernement, Abhisit Vejjajiva, est arrivé au pouvoir à la faveur d'un scrutin contestable en 2008, demandent sa démission.

Des affrontements violents avaient déjà fait 39 morts et 300 blessés entre jeudi soir et lundi. Depuis le début de la crise à la mi-mars, 68 personnes ont été tuées et environ 1 700 blessées. L'ancien premier ministre Thaksin Shinawatra a déclaré redouter que l'offensive militaire contre ses partisans se transforme en une guérilla capable de se propager à l'ensemble du pays. L'ex-premier ministre thaïlandais en exil (2001-2006) a démenti, mercredi, avoir sapé les négociations entre les "chemises rouges" et le gouvernement, affirmant qu'il n'était pas le "cerveau des terroristes". L'ex-chef du gouvernement et homme d'affaires a appelé les autorités à déclarer un cessez-le-feu.

Source: http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2010/05/19/l-armee-thailandaise-attaque-le-camp-des-chemises-rouges_1353696_3216.html

Tag(s) : #Asie et Pacifique