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peace_talk.jpgLa Ligue arabe a reformulé son initiative de paix de 2002, validant désormais expressément le principe d'un échange de territoires entre Israël et les Palestiniens, sous les auspices des États-Unis, une inflexion accueillie positivement mardi par les deux camps.

Les précédentes négociations sur les frontières portaient déjà sur l'échange de territoires, qui permettrait à Israël de conserver les blocs de colonies les plus peuplés. Les Palestiniens et la Ligue arabe exigent qu'elles se fondent sur les lignes d'avant la guerre de 1967, une référence catégoriquement exclue par Israël.

Lors d'une réunion à Washington entre une délégation de la Ligue arabe et le secrétaire d'État américain John Kerry, le premier ministre et chef de la diplomatie du Qatar, Hamad ben Jassem al-Thani, dont le pays préside le comité de suivi de l'initiative de paix arabe, s'est dit lundi favorable à un «échange mineur de territoire comparable et mutuellement accepté».

«Israël accueille favorablement l'encouragement donné par la Ligue arabe et le secrétaire d'État au processus politique», a réagi dans un communiqué un haut responsable israélien, en référence aux pourparlers de paix, bloqués depuis septembre 2010.

«Les deux parties pourront présenter leurs positions quand les négociations s'ouvriront», a-t-il ajouté, rejetant implicitement les exigences palestiniennes de références pour les discussions, notamment les lignes de 1967.

«Il s'agit certainement d'une étape importante et je m'en réjouis», avait auparavant déclaré la ministre israélienne de la Justice Tzipi Livni, chargée du dossier des négociations avec les Palestiniens.

«Nous sommes prêts à des changements, quelque chose qui permettra aux Palestiniens, je l'espère, de revenir à la table (des négociations) et de faire les compromis nécessaires», a ajouté Mme Livni.

«Cela envoie aussi un message aux citoyens israéliens: nous ne parlons plus seulement aux Palestiniens, il y a un groupe de pays arabes qui disent: «Si vous parvenez à un accord avec les Palestiniens, nous ferons la paix avec vous, nous normaliserons les relations»», a souligné la ministre.

«Même taille et même valeur»

Dans un communiqué réagissant à la déclaration de la Ligue arabe, le négociateur en chef palestinien Saëb Erakat a estimé que «ce n'est pas quelque chose de nouveau» et qu'elle reflète «la position officielle palestinienne».

«En échange de l'acceptation sans équivoque par Israël de la solution à deux Etats sur la frontière de 1967, l'État de Palestine en tant qu'État souverain pourrait envisager dans le cadre d'un accord des modifications frontalières mineures égales en superficie et en qualité, dans la même zone géographique, et qui ne porteraient pas préjudice aux intérêts palestiniens», a rappelé M. Erakat.

L'initiative de paix saoudienne de 2002, endossée par la Ligue arabe, propose à Israël une normalisation des relations avec les pays arabes en échange de son retrait des territoires occupés depuis juin 1967, de la création d'un État palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale et d'un règlement «équitable et agréé» de la question des réfugiés palestiniens fondé sur la résolution 194 de l'Assemblée générale de l'ONU.

«C'est un très grand pas en avant», s'est félicité mardi M. Kerry lors d'un point de presse.

«Contrairement à la proposition d'origine qui ne parlait que des lignes de 1967 et de rien d'autre, ils (les pays arabes, Ndlr) ont déclaré hier qu'ils étaient prêts à accepter les frontières de 1967 avec des ajustements reflétant un accord mutuel sur des échanges de territoires», a expliqué le chef de la diplomatie américaine.

Le 9 avril, au terme de sa dernière visite en Israël et dans les Territoires palestiniens, M. Kerry avait qualifié l'initiative de paix arabe «d'importante contribution au dialogue».

Le président palestinien Mahmoud Abbas avait appelé le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dans une lettre en avril 2012, à reprendre les négociations sur la base des lignes de 1967, avec des «échanges de territoire mineurs et mutuellement agréés» et du gel de la colonisation.

Dans des documents de mai 2010 exposant sa «vision» de la paix, à l'intention d'Israël et des États-Unis, la partie palestinienne réaffirmait être «prête à envisager des modifications mineures de la frontière sur la base d'échange de territoire au ratio de 1 pour 1, de même taille et valeur, dans la même zone géographique».

Elle excluait «toute discussion sur les échanges de territoire qui prennent pour référence les "blocs de colonies"», disant vouloir «discuter les possibles échanges colonie par colonie».

Source: http://www.lapresse.ca/international/moyen-orient/201304/30/01-4646036-le-plan-de-paix-arabe-relance-israel-interpelle-les-palestiniens.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_moyen-orient_291_section_POS2

Tag(s) : #Moyen et Proche Orient