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hillary_clinton.jpgLes Etats-Unis ont fermé leur ambassade à Damas et évacué leurs derniers fonctionnaires présents en Syrie, lundi 6 février, le régime en place n'ayant pas répondu aux inquiétudes de Washington en matière de sécurité. Le département d'Etat américain a expliqué que l'ambassade américaine "a suspendu toutes ses activités à compter du 6 février 2012 compte tenu de la poursuite de la violence et de la détérioration des conditions de sécurité". Un haut responsable du ministère avait confié à la chaîne de télévision CNN que l'ambassade était devenue "une cible potentielle". En conséquence, les intérêts américains en Syrie seront représentés par la Pologne, a annoncé le ministère des affaires étrangères polonais.

L'ambassadeur de Grande-Bretagne à Damas a pour sa part été rappelé à Londres pour consultations, a révélé dans la foulée le ministre des affaires étrangères britannique, William Hague, en dénonçant la répression sanglante exercée par le régime. "J'ai rappelé aujourd'hui pour consultations notre ambassadeur à Damas. Lui-même et son équipe travaillent dans des conditions difficiles", a dit devant le Parlement le chef de la diplomatie britannique.

A la suite du veto mis par la Russie et la Chine contre la résolution sur la Syrie au Conseil de sécurité de l'ONU samedi, le président américain, Barack Obama, s'est engagé, lundi, à rester ferme dans l'application des sanctions infligées à la Syrie et à accentuer la pression sur son homologue Bachar Al-Assad pour l'amener à renoncer au pouvoir. La secrétaire d'Etat américaine avait plus tôt déclaré que tout serait fait pour assécher les sources de financement et les livraisons d'armes du régime du président Assad.

Le président américain a par ailleurs assuré que la crise pouvait être réglée sans intervention étrangère. "Je pense qu'il est très important pour nous d'essayer de résoudre cela sans recourir à une intervention militaire extérieure et je pense que c'est possible", a précisé M. Obama dans un entretien diffusé lundi par la chaîne NBC.

"NE PAS RESTER LES BRAS CROISÉS"

La France et l'Allemagne sont également montées au créneau lundi, lors d'une conférence de presse commune de Nicolas Sarkozy et de la chancelière allemande, Angela Merkel. "L'Allemagne et la France, sur la question syrienne, ne laissent pas tomber le peuple syrien. C'est un scandale ce qui se passe. Nous ne sommes pas décidés à accepter l'indécision ou le blocage d'une communauté internationale", a déclaré M. Sarkozy, qui a assuré qu'il parlerait au président russe au téléphone dès lundi après-midi.

A Paris, le ministre des affaires étrangères, Alain Juppé, avait déjà donné le ton, assurant que l'Union européenne n'allait pas "rester les bras croisés" après cet échec diplomatique. "Nous allons aider l'opposition syrienne à se structurer, à s'organiser, l'Europe va encore durcir les sanctions qui sont imposées au régime syrien et puis nous allons essayer de faire monter cette pression internationale et il y a bien un moment où le régime sera obligé de constater qu'il est totalement isolé et qu'il ne peut pas continuer", a-t-il insisté.

L'Arabie saoudite a pour sa part appelé à "des mesures décisives" pour arrêter "l'effusion de sang en Syrie", mettant en garde contre "une catastrophe humanitaire". Réuni sous la présidence du roi Abdallah, le conseil des ministres a invité "la communauté internationale à ne pas renoncer à ses efforts sincères et à trouver une solution à cette crise (...) qui menace d'une catastrophe humanitaire", selon le communiqué publié par l'agence officielle SPA. Ryad, qui a fait montre de fermeté à l'encontre du régime syrien depuis le début des troubles, n'a pas précisé la nature des mesures décisives qu'il préconise. Les ministres des affaires étrangères des six monarchies pétrolières du Golfe, dont l'Arabie saoudite, doivent tenir une réunion samedi dans la capitale saoudienne consacrée à la crise syrienne.

LA RUSSIE ET LA CHINE JUSTIFIENT LEUR POSITION

Après avoir suscité une vague d'indignation en mettant leur veto à la résolution sur la Syrie au Conseil de sécurité, la Chine et la Russie ont à nouveau cherché à justifier lundi leur position.

"Sur la question de la Syrie, la Chine ne favorise aucun camp et nous ne soutenons volontairement personne", a ainsi justifié le porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois. Dans un éditorial du Quotidien du peuple, l'organe du Parti communiste chinois, Pékin reconnaît que "la situation en Syrie continue de se détériorer et (que) le nombre de victimes civiles continue de croître", tout en se défendant de s'être rangé derrière le régime de Bachar Al-Assad  

Une justification qui a été mal accueillie en Libye où une cinquantaine de manifestants ont jetté des pierres, des oeufs et des tomates sur l'ambassade de Chine à Tripoli. Comme ils l'avaient fait la veille devant l'ambassade de Russie, les manifestants, parmi lesquels figuraient des expatriés syriens, ont dit vouloir chercher à hisser le drapeau de l'opposition syrienne et celui du Conseil national de transition (CNT) libyen sur la mission.

Côté russe, le ministre des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a quant à lui dénoncé la réaction "indécente et hystérique" de l'Occident.  Selon M. Lavrov, le refus des puissances occidentales de repousser le vote de la résolution montre "qu'il était plus important pour elles de pouvoir rejeter la faute sur quelqu'un plutôt que de parvenir à un consensus au Conseil de sécurité, qui était pourtant tout à fait réalisable".

Source: http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/02/06/les-etats-unis-ferment-leur-ambassade-en-syrie_1639543_3218.html

Tag(s) : #Moyen et Proche Orient