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martine_aubry.jpgLa première secrétaire du Parti socialiste (PS) français, Martine Aubry, a annoncé mardi qu'elle brigue l'investiture de son parti en vue de la présidentielle de 2012.

La femme de 60 ans affrontera notamment François Hollande ainsi que Ségolène Royal, candidate défaite par Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007.

Le candidat du parti sera désigné lors d'un scrutin à deux tours qui aura lieu les 9 et 16 octobre. Tous les sympathisants de la gauche, et non seulement les membres du PS, y auront droit de vote.

Mme Aubry a lancé sa campagne à la primaire socialiste devant environ 200 personnes rassemblées à Lille, ville du nord dont elle est la mairesse depuis 10 ans.

« Avec votre soutien, avec votre confiance, je prends aujourd'hui l'engagement de la victoire en 2012 », a-t-elle lancé, au terme d'un discours de 13 minutes.

Pour son discours officialisant son entrée dans la course, Mme Aubry s'est davantage souciée de critiquer le bilan de Nicolas Sarkozy que de se distinguer de ses adversaires à la primaire socialiste.

« Derrière l'apparence de l'énergie, qui se confond avec de l'agitation, le pouvoir a une réalité, une politique injuste menée au profit des privilégiés », a-t-elle notamment lancé.

"Il est temps, grand temps, que cela change vraiment. Je veux rendre à la France sa force, sa sérénité, son unité. Je veux redonner à chacun le goût de l'avenir et l'envie d'un destin commun"— Martine Aubry

Mme Aubry s'est gardée de donner des détails sur son programme, se contentant d'évoquer l'égalité des droits, le droit au logement, l'accès aux soins, une retraite décente et une fiscalité rénovée.

Elle a dit vouloir « relever le défi d'une France innovante, compétitive et écologique » et a assuré qu'elle propose « une vision claire, une action cohérente, un langage de vérité ».

Martine Aubry annonce sa candidature au premier jour officiel de la période de mise en candidature. Les aspirants socialistes à la présidentielle ont jusqu'au 13 juillet pour officialiser leur candidature.

Fille de l'ancien président de la Commission européenne Jacques Delors, Martine Aubry a été l'une des figures marquantes du gouvernement de Lionel Jospin, à la fin des années 90. Elle a notamment été à l'origine de la semaine de travail de 35 heures.

Des commentateurs français estiment que sa candidature était devenue inéluctable avec la descente aux enfers de Dominique Strauss Kahn.

L'ex-patron du Fonds monétaire international était considéré comme le favori de la course à la primaire socialiste lorsqu'il a été accusé d'agression sexuelle par la justice américaine.

Un sondage CSA effectué la semaine dernière accordait 35 % des intentions de vote à Martine Aubry, contre 34 % pour François Hollande et 13 % pour Ségolène Royal.

Une concurrente plutôt qu'une adversaire, dit Ségolène Royal

Invité à réagir, François Hollande a évité de critiquer ouvertement son adversaire. « Nous ne nous gênons pas, nous nous complétons », a-t-il déclaré. « Il faut que l'un [des candidats socialistes] gagne cette élection présidentielle et il faut surtout que l'un d'entre nous préside la France ».

Ségolène Royal a tenu des commentaires similaires. « Nous sommes des concurrents, c'est vrai, il faut l'assumer, nous ne sommes pas des adversaires, puisque nous aurons à nous rassembler », a-t-elle déclaré sur iTélé.

« J'en sais quelque chose puisque j'ai l'expérience d'une campagne présidentielle, ce qui me donne sans doute cette force intérieure et cette sérénité, parce que je sais ce que ça veut dire que de prendre des rudesses, des coups peut-être, de savoir tenir bon, de savoir se redresser quand il y a des épreuves et d'avoir la force de continuer à parler aux Français pour les entraîner sur un nouveau chemin d'espoir ».

Le député socialiste Jean-Christophe Cambadélis, qui faisait partie des partisans de Dominique Strauss-Kahn, a salué une « candidature qui se situe à la hauteur des enjeux ».

« Elle s'est placée d'emblée dans une candidature de rassemblement national, de redressement national et de rassemblement par la justice. Je pense que c'est une bonne position », a-t-il dit sur les ondes de RTL.

« C'est la dame du faire, c'est-à-dire celle qui aime transformer les choses, qui aime agir et qui n'est pas simplement, comme beaucoup de politiques, dans la parole », a-t-il ajouté.

Marc-Philippe Daubresse, secrétaire général adjoint de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), le parti du président Sarkozy, s'est tout de suite lancé à l'attaque.

« Je n'ai entendu que des mots creux, des poncifs, des paroles verbales. Elle a voulu montrer Martine mais elle a caché Aubry. Derrière Martine la rassembleuse, il y a Aubry la sectaire », a-t-il raillé.

« Derrière Martine qui parle de la compétitivité de la France et l'avenir du pays, il y a Aubry la dame des 35 heures. Derrière Martine qui vous dit qu'elle va être plus démocrate, il y a Aubry qui refuse tout dialogue avec son opposition ».

Thierry Mariani, conseiller politique de l'UMP et secrétaire d'État aux Transports, a aussi raillé la candidate socialiste.

« Martine Aubry a choisi d'annoncer sa participation au bal des prétendants de la primaire socialiste dans une gare de marchandise lilloise désaffectée transformée en espace culturel à l'image de la désindustrialisation du pays dont se sont rendues coupables les élites socialistes », écrit-il dans un communiqué diffusé sur le site web de l'UMP.

« Martine Aubry se penche avec condescendance sur le sort de nos compatriotes pour mieux les déresponsabiliser et les infantiliser. Elle est le symbole d'un parti politique vide de toute ambition pour le pays qui en est resté à des recettes appartenant à un passé révolu. »

Source: http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/06/28/004-martine-aubry-candidate.shtml

Tag(s) : #Europe