Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

bureau-copie-1Le 16e sommet de l'Union africaine, qui s'est achevé le 31 janvier, a désigné le panel des cinq chefs d'Etat qui vont tenter de mettre un terme à la crise. ils doivent présenter d'ici un mois des décisions contraignantes pour le président sortant Laurent Gbagbo et son rival Alassane Ouattara, le président reconnu par l'Union africaine, et le  reste de la communauté internationale. Il s'agit du Burkina Faso, de l'Afrique du Sud, la Tanzanie, le Tchad et la Mauritanie. Cette liste a fait l'objet d'intenses tractations, mais la position de l'UA sur la question n'a pas vraiment changé.

Les chefs d’Etat de l’Union africaine l’ont réaffirmé clairement à l’issue de leur réunion, c’est Alassane Ouattara qui a remporté les élections en Côte d’Ivoire. Cela veut dire implicitement qu’il n’est pas question de se livrer à un recomptage des voix par exemple.

Dans ces conditions, un diplomate de haut rang reconnaissait le 31 janvier qu’il n’y avait pas grand-chose à négocier, au final, il s’agit pour les chefs d’Etat des cinq pays membres du comité de persuader Laurent Gbagbo de partir, ils ont un mois pour lui proposer quelque chose, pour négocier sa sortie en quelque sorte.

A la manœuvre, il y a le Burkina Faso, considéré comme proche d’Alassane Ouattara, l’Afrique du Sud, considérée elle comme une alliée de Laurent Gbagbo, et puis trois pays qui sont moins marqués, qui pourraient en quelque sorte arbitrer le jeu, il s’agit du Tchad, de la Tanzanie et de la Mauritanie.

Tout devrait aller très vite, les chefs d’Etat ont trois jours pour former une délégation d’experts qui se rendra à Abidjan. Leurs conclusions seront débattues ensuite par les cinq présidents, qui doivent se rendre avant la fin du mois de février en Côte d’Ivoire pour soumettre aux deux parties leurs propositions de sortie de crise. 

Satisfaction du camp Gbagbo

En Côte d’Ivoire, le gouvernement du président Gbagbo salue la décision de l`Union africaine de créer un panel de chefs d`Etat pour tenter de résoudre la crise postélectorale. Pour Ahoua Don Mello, porte-parole du gouvernement Gbagbo :

«La création d’un panel de chefs d’Etat rejoint le souhait du président Laurent Gbagbo qui a toujours voulu que cette crise soit résolue par la voie pacifique, par la mise en place d’une commission et le panel rejoint bien ce souhait (…). Sa composition est hétérogène mais pour nous le plus important c’est que cette commission a un objectif précis, c'est-à-dire découvrir la vérité. Et la vérité des élections se trouve dans les urnes...».

Silence du camp Ouattara

Sollicités par RFI, Patrick Achi, porte-parole du gouvernement Soro et le ministre des Affaires étrangères d’Alassane Ouattara n’ont pas souhaité s’exprimer.

Mais pour le président de la Commission de l'UA Jean Ping , cette initiative du « panel » vise à «amener Alassane Ouattara à exercer la réalité du pouvoir» dans le pays « par la négociation». Il ajoute que son organisation considère toujours Alassane Ouattara comme le vainqueur du scrutin qui l'a opposé au président sortant Laurent Gbagbo.

Quelles chances pour cette nouvelle mission ?

La prudence est de mise dans les milieux diplomatiques. Les chances de succès de cette énième mission sont faibles. La marge de manœuvre est très étroite, estime même un diplomate de haut rang. Les alliés du président Gbagbo, sud-africain et angolais, ont obtenu qu’un nouveau répit soit accordé à leur ami. Laurent Gbagbo dispose désormais d’un mois de plus.

Laurent Gbagbo voit aussi s’éloigner le spectre d’une intervention militaire. Il n’est plus dans un tête-à-tête avec la Cédéao (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest) qui voulait lui faire quitter le pouvoir par tous les moyens, y compris la force.

Le communiqué du Conseil de paix et sécurité de l’UA reconnaît clairement Alassane Ouattara président élu. Les alliés d’Alassane Ouattara savourent la confirmation de la victoire du candidat du RHDP (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix). Ils estiment en outre, que le groupe des cinq chefs d’Etat est relativement équilibré.

Selon un diplomate de haut rang, comme l’Union africaine reconnaît officiellement la victoire d’Alassane Ouattara et qu’il est hors de question de procéder à un recomptage des voix, la mission de ce groupe de haut niveau, tournera essentiellement autour des garanties qui pourraient convaincre Laurent Gbagbo de céder son fauteuil.

Source: http://www.rfi.fr/afrique/20110201-cinq-chefs-etat-designes-ua-ont-mois-regler-crise-ivoirienne

Tag(s) : #Afrique de l'Ouest