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israel-palestine_flags-1-.pngLe Quartet pour le Proche-Orient n'a pu que constater, lundi 11 juillet à Washington, la profondeur de l'impasse dans laquelle se trouve actuellement le processus de paix israélo-palestinien, malgré la perspective d'un affrontement diplomatique majeur à l'ONU en septembre. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton ont renoncé à publier une déclaration à l'issue de leur dîner, qui concluait une journée de travail de leurs conseillers.

C'était l'une des dernières – sinon la dernière – tentatives diplomatiques pour éviter la confrontation des parties à l'assemblée générale de l'ONU. Mais les responsables "ont conclu ce soir, en se fondant sur leurs conversations récentes avec les parties, qu'il restait des écarts empêchant des avancées", a rapporté anonymement un haut responsable de l'administration Obama.

LA QUESTION DES LIGNES DE 1967

Selon cette source, le Quartet a affirmé son soutien à l'idée du président américain, selon lequel les parties doivent discuter de l'établissement de deux Etats sur la base du partage antérieur à la guerre des Six-Jours. Mais le gouvernement israélien refuse les lignes de 1967, qu'il qualifie d'"indéfendables". Tel-Aviv a également prévenu qu'il n'y aurait pas d'accord de paix sans reconnaissance par les Palestiniens d'Israël comme "Etat-nation du peuple juif".

Les Palestiniens, eux, exigent de négocier sur cette base et réclament que la colonisation juive en Cisjordanie et à Jérusalem-Est soit gelée pendant le temps des pourparlers. Faute d'un retour au dialogue, ils ont prévenu qu'ils demanderaient la reconnaissance d'un Etat palestinien à l'occasion de l'Assemblée générale de l'ONU en septembre.

Vivement rejetée par Israël, cette perspective n'a pas les faveurs des Etats-Unis, et elle risque de diviser les Européens. Certains, dont la France, pourraient approuver la démarche des Palestiniens, tandis que d'autres, comme l'Allemagne, y sont profondément hostiles. Une divergence internationale sur le Proche-Orient serait particulièrement délicate au moment où le monde arabe est en pleine tourmente politique, après des décennies de statu quo.

L'appel au boycott des colonies désormais hors la loi en Israël

Il est désormais interdit en Israël d'appeler au boycott des colonies juives, après l'adoption d'une loi sans précédent lundi soir, à l'initiative de l'extrême droite et du lobby des colons.

Des artistes qui afficheraient leur refus de se produire dans des colonies, des professeurs qui refuseraient publiquement d'y donner des conférences, des associations qui appelleraient à ne pas en consommer leurs produits, comme cela s'est manifesté l'année dernière, sont désormais passibles de fortes amendes et s'exposeraient à des demandes de dédommagements.

Fait rarissime, la loi a été adoptée par la Knesset en dépit de l'opposition du conseiller juridique du Parlement, Eyal Yinon, qui a averti qu'elle "heurtait de plein fouet le droit d'expression en Israël" et risquait en conséquence d'être annulée par la Cour suprême.

La principale force d'opposition, le parti Kadima (centre-droit), a critiqué la loi mais a renoncé à la discipline de vote, plusieurs de ses députés la soutenant ouvertement.

Seule l'opposition de gauche et les partis arabes se sont mobilisés, mais, ne comptant tout au plus qu'une vingtaine de députés, ils ont été incapables de faire barrage.

Source: http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/07/12/le-processus-de-paix-israelo-palestinien-plus-que-jamais-dans-l-impasse_1547608_3218.html

Tag(s) : #Moyen et Proche Orient