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En Syrie, quatre généraux ont rejoint le camp des opposants au régime de Bachar Al-Assad, vendredi. Ils se sont réfugiés dans un campement dans le sud de la Turquie.

Au total, ce sont sept généraux de brigade qui ont quitté les rangs de l'armée régulière, selon Khaled al-Hamoud, porte-parole de l'Armée libre syrienne (ASL). Le grade de général de brigade est le cinquième plus haut dans la hiérarchie militaire syrienne.

Cette désertion intervient après la démission du vice-ministre syrien du Pétrole, qui a annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi qu'il quittait son poste pour rejoindre l'opposition. Il s'agit du plus haut cadre du régime à faire défection depuis le début de la révolte.

Sur le terrain, des manifestations ont eu lieu après la prière comme chaque vendredi depuis le début de la révolte, il y a un an. Trois manifestants sont tombés sous les tirs des forces de sécurité lors de ces rassemblements. Un manifestant a notamment été tué et cinq autres blessés dans la ville de Jarablos, dans la province d'Alep, lorsque les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants.

Au total, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) rapporte la mort d'au moins 19 civils au pays vendredi, dont 11 dans la province de Homs. À Damas, un jeune homme a été tué dans la nuit de jeudi à vendredi par les tirs des forces de sécurité dans le quartier de Kafar Soussé.

Dans la province d'Idleb, deux civils ont été tués par des tirs des forces gouvernementales dans le district rebelle de Jabal al-Zaouia, selon l'OSDH. Depuis plusieurs jours, les militants craignent une opération d'envergure contre ce bastion rebelle, semblable à celle menée à Baba Amr, quartier de Homs repris par l'armée le 1er mars. Ils rapportent des attaques sur quatre villages dans cette région.

L'opposition rejette la proposition de Kofi Annan

Sur le plan diplomatique, le président du Conseil national syrien (CNS), Burhan Ghalioun, a rejeté l'appel de l'émissaire des Nations unies pour la Syrie, Kofi Annan, pour l'ouverture d'un dialogue entre le gouvernement de Damas et l'opposition.

M. Ghalioun, président de la principale composante de l'opposition au régime syrien, a déclaré à l'Associated Press qu'appeler au dialogue alors que le président Bachar Al-Assad massacre son peuple était « décevant ». « N'importe quelle solution politique échouera si elle n'est pas accompagnée d'une pression militaire sur le régime », a-t-il affirmé.

Les militants ont aussi vivement rejeté la proposition de Kofi Annan, jugeant que cela reviendrait à donner du temps aux forces gouvernementales pour les écraser.

« Nous rejetons tout dialogue tant que les chars bombardent nos villes, que les tireurs embusqués abattent nos femmes et nos enfants et que de nombreuses régions sont coupées du reste du monde par le régime, privées d'électricité, de communications et d'eau », a réagi Hadi Abdallah, un activiste de Homs.

Kofi Annan avait déclaré, jeudi, que sa mission était de trouver une solution politique au conflit, sans recours à la force. Il doit d'ailleurs se rendre ce week-end en Syrie pour rencontrer Bachar Al-Assad.

Quant à la secrétaire générale adjointe de l'ONU chargée des affaires humanitaires, Valerie Amos, elle a visité vendredi un camp de réfugiés syriens en Turquie.

Lors d'un point de presse, à Ankara, Mme Amos a annoncé que le gouvernement syrien avait accepté de s'associer à une « évaluation limitée » de la situation dans le pays. Elle a précisé avoir demandé au régime syrien un accès illimité pour l'aide humanitaire aux zones les plus touchées, mais Damas a demandé un délai avant de donner une réponse.

Elle s'est également entretenue avec le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, dont le pays est l'un des plus critiques envers le régime de Bachar Al-Assad. Jeudi, le président turc, Abdullah Gül, s'est dit favorable au déploiement en Syrie d'une force régionale, à laquelle la Tunisie s'est dite disposée à participer.

Kofi Annan doit également se rendre en Turquie, au cours des prochains jours, pour visiter des camps de réfugiés et s'entretenir avec les responsables turcs.

Près de 12 000 Syriens ont traversé la frontière pour se réfugier en Turquie depuis le début du mouvement de contestation, il y a près d'un an.

Tournée chinoise au Moyen-Orient

De son côté, le gouvernement chinois a annoncé que l'assistant du ministre des Affaires étrangères, Zhang Ming, effectuera une tournée en Arabie saoudite et en Égypte du 10 au 14 mars avant de se rendre en France du 14 au 16 mars pour évoquer le dossier syrien.

L'annonce chinoise est perçue comme une nouvelle tentative de Pékin d'apaiser les critiques occidentales et arabes émises après le veto de la Chine et de la Russie à une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU demandant le départ du président syrien Bachar Al-Assad.

La Chine discute en ce moment à huis clos avec les autres membres du Conseil de sécurité d'un nouveau projet de résolution sur la Syrie présenté par les États-Unis. Mais la Russie a qualifié vendredi ce projet de « déséquilibré ». Selon elle, il ne contient pas d'appel à un cessez-le-feu de toutes les parties impliquées.

« Je demande aux Russes de faire un effort. Je reste optimiste (...) Sur le terrain, le régime syrien a compris qu'il est isolé. La dernière résolution de l'ONU a été votée par 137 pays », a déclaré Saad Eddine Othmani, le ministre marocain des affaires étrangères.

Le projet de résolution « exige » que le gouvernement syrien arrête « immédiatement » toutes les violences, retire ses forces armées des villes contestataires et libère les manifestants, selon une copie que l'AFP a pu consulter.

Par ailleurs, la France et le Maroc ont réitéré vendredi leur opposition à toute intervention militaire en Syrie, lors d'une conférence de presse conjointe des chefs de la diplomatie des deux pays, à Rabat, au Maroc.

Source: http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2012/03/09/001-syrie-generaux-desertion.shtml

 

Tag(s) : #Moyen et Proche Orient