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Les travaux visant à ficeler un nouvel accord limitant les émissions de gaz à effet de serre (GES) appelé à entrer en vigueur dès le 1er janvier 2013 ont repris lundi, à Copenhague. Ils avaient été interrompus en matinée en raison d'un coup d'éclat des pays africains.

Ce groupe de négociations représentant plus de 50 pays a suspendu sa participation aux travaux pendant plusieurs heures, en début de journée, pour marquer sa volonté de voir le protocole du Kyoto reconduit pour une seconde phase. Ils étaient soutenus par l'Inde, la Chine et d'autres pays en développement.

Le chef de la délégation africaine, l'Algérien Kamel Djemouai, avait une fois de plus accusé les pays riches de préconiser « la mort du seul instrument légalement contraignant qui existe à ce jour ».

Un délégué gambien a expliqué à l'agence Reuters que la présidence danoise de la conférence a assuré aux pays africains que la question du prolongement du protocole de Kyoto serait davantage mise de l'avant.

L'affaire n'a guère plu à la ministre australienne du Climat, Penny Wong, qui a dénoncé ce coup de théâtre en disant que « ce n'était pas le moment de jouer avec les procédures » alors que la fin de conférence, vendredi, arrive à grands pas.

Débats au niveau ministériel

Les négociations en cours lundi se déroulent au niveau ministériel. Après avoir laissé toute la place la semaine dernière aux équipes de négociations nationales, regroupées le plus souvent en blocs, les ministres de l'Environnement des pays membres de la Convention-cadre des Nations unies pour les changements climatiques tentent à leur tour de faire débloquer les pourparlers.

Les délibérations des ministres de l'Environnement constituent un préalable à l'arrivée en sol danois de plus de 110 chefs d'État et de gouvernement, qui tenteront de conclure une entente d'ici la fin de la conférence.

Le ministre britannique au Changement climatique, Ed Miliband, a pressé ses collègues d'aplanir leurs différends. « Il y a encore des questions de fond et de procédures qui doivent être résolues au cours de jours à venir », a-t-il déclaré. « Les dirigeants ont toujours un rôle très important. Mais, franchement, il appartient aussi aux négociateurs et aux ministres de ne pas leur laisser tout [à trancher], mais d'avancer maintenant », a poursuivi M. Miliband.

Selon AFP, une table ronde à laquelle ont participé dimanche une cinquantaine de ministres a été marquée par « des tensions croissantes entre Américains et Chinois ». La Chine, plus important pollueur de la planète en chiffres absolus, aurait toutefois ouvert la porte à la possibilité que Pékin n'utilise pas d'argent du fonds d'aide aux pays en développement.

Les pays industrialisés doivent en principe financer ce fonds, destiné à aider les pays en voie de développement à combattre les changements climatiques. Les États-Unis ont fait savoir la semaine passée qu'ils ne financeraient pas la Chine, pourtant officiellement considérée comme un pays en voie de développement.

Fossé entre riches et pauvres

La semaine dernière, les pourparlers ont confirmé l'écart séparant pays pauvres et pays riches. Les deux groupes ne s'entendent ni sur la forme que devrait prendre le nouvel accord ni sur le niveau de réduction des GES ni sur les dates de référence.

Un premier document officiel de négociation adopté la semaine passée vise à limiter la hausse de la température moyenne de la planète à 1,5°C ou 2°C par rapport au niveau de l'ère pré-industrielle, soit le milieu du 19e siècle. Pour y parvenir, les pays réduiraient leurs émissions de GES de 85 % ou 95 % d'ici 2050, par rapport à 1990, année de référence du protocole du Kyoto.

L'opportunité de reconduire ou non le protocole de Kyoto, qui établissait des cibles contraignantes de réduction des GES pour 37 pays industrialisés - 5,2 % en 2012 par rapport au niveau de 1990 - fait également l'objet de vifs débats.

Obama pour un accord contraignant

Lundi, le porte-parole de Barack Obama a affirmé que le président américain souhaite que la conférence de Copenhague aboutisse à un accord contraignant.

« Le président s'engage à rechercher un accord qui exige des pays qu'ils prennent des mesures significatives » pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, a affirmé le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs.

La Maison-Blanche a également annoncé lundi un nouveau programme international visant à financer le développement des énergies vertes dans les pays pauvres. Le plan de 350 millions de dollars sur cinq ans sera financé à hauteur de 85 millions de dollars par les États-Unis, le reste venant de l'Australie, de la Grande-Bretagne, de la Norvège et de la Suisse.

De son côté, l'ancien vice-président américain Al Gore a présenté deux nouvelles études sur la fonte de la glace arctique en compagnie des ministres des Affaires étrangères de la Norvège et du Danemark.

M. Gore a averti que la banquise arctique risquait de disparaître complètement en été d'ici quelques années. Slon lui, certains modèles informatiques suggèrent « qu'il y a 75 % de risques que l'ensemble de la calotte glaciaire du pôle Nord durant certains des mois d'été soient complètement libres de glace d'ici cinq à sept ans ».

Par ailleurs, des manifestations ont toujours lieu en marge de la conférence. Lundi, quelque 3000 défenseurs de la cause climatique ont manifesté devant le Parlement danois, dans le centre de Copenhague. La police a interpellé une vingtaine de personnes.

Source: http://www.radio-canada.ca/nouvelles/environnement/2009/12/14/001-copenhague_lundi.shtml

Tag(s) : #Société-Guinée