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russie-G20.jpgAlors que le président américain Barack Obama appelle sur toutes les tribunes à une action militaire contre la Syrie, son message peine à convaincre les participants au sommet du G20, qui se tient à Saint-Pétersbourg, au pays du principal adversaire des États-Unis sur la question syrienne.

Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ont appelé jeudi à une solution politique pour mettre fin au conflit syrien, faisant ainsi écho aux propos du président russe, Vladimir Poutine. Le Kremlin exige que toute action passe d'abord par le Conseil de sécurité des Nations unies, où la Russie détient un droit de veto qui lui a servi à trois reprises sur la question syrienne.

La Russie, qui possède une importante base navale sur les côtes de la Syrie - à qui elle vend aussi des armes - est un allié de taille du régime du dictateur syrien Bachar Al-Assad. Moscou s'oppose farouchement à toute intervention punitive de Washington et de ses alliés contre l'utilisation d'armes chimiques en Syrie, dont la responsabilité fait l'objet de débats.

Ce profond désaccord entre les deux puissances instaure un climat de guerre froide dans les travaux du G20, où les questions économiques à l'ordre du jour risquent fort d'être reléguées au second plan.

Ambiance lourde et casse-tête protocolaire

Le climat est si tendu entre Moscou et Washington que les responsables des services du protocole ont dû faire des pieds et des mains pour changer les plans de tables et éviter que les délégations américaine et russe ne se retrouvent trop près l'une de l'autre.

Aucun tête-à-tête entre les présidents Poutine et Obama n'a d'ailleurs été prévu. Les deux hommes se sont cependant serré la main devant les caméras lors de l'arrivée du président Obama en sol russe, mais sans plus.

C'est dans ce climat de tension diplomatique que l'ambassadrice américaine à l'ONU Samantha Power a déclaré aux médias que la Russie continuait « de prendre le Conseil de sécurité en otage » en bloquant toute décision sur la Syrie.

La communauté internationale ne doit pas laisser le régime syrien « bafouer les normes internationales » en utilisant des armes chimiques parce que son « protecteur » russe bloque le Conseil de sécurité, a-t-elle ajouté.

Il faut dire que les relations se détériorent rapidement entre les deux puissances depuis mercredi. Alors que Moscou, qui déploie un croiseur lance-missile de plus en Méditerranée orientale, se dit prête à réagir en « cas de problème », à Washington, le président de la Chambre des représentants, John Boehner, a refusé de rencontrer une délégation parlementaire russe, que Moscou souhaite envoyer à Washington.

Stratégiquement, le sommet du G20 est l'occasion pour les deux camps d'évaluer leurs forces et la détermination de leurs alliés sur la question syrienne.

Plusieurs réunions bilatérales entre partisans d'une action armée sont prévues, alors qu'approche la date du 9 septembre, jour de rentrée pour les parlementaires américains qui doivent se prononcer sur une intervention militaire, dont les grandes lignes ont fait l'objet d'une entente entre la Maison-Blanche et le comité sénatorial des Affaires étrangères mercredi.

Harper pour une intervention militaire

Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a fait savoir qu'une intervention militaire était nécessaire en Syrie. Son ministre des Affaires étrangères, John Baird, a reconnu qu'il y avait peu de chance que les nations du G20 trouvent un terrain d'entente sur cette question.

Il a affirmé que le premier ministre et lui-même ne se faisaient pas d'illusion sur la possibilité de conclure une entente concernant la crise.

Barack Obama rencontrera notamment vendredi le président français François Hollande, un des plus chauds partisans d'une action militaire malgré l'opposition d'une partie des députés de l'Assemblée nationale.

« La position de la France, c'est à la fois la sanction et la négociation. Nous avons le sentiment que s'il n'y a pas de sanction à l'égard de Bachar Al-Assad, il n'y aura pas de négociation. » — Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères

Le premier ministre britannique a affirmé pour sa part que son pays avait de nouvelles preuves de l'utilisation du gaz sarin le 21 août dans les faubourgs de Damas, sans toutefois désigner l'auteur de l'attaque.

Des experts du centre de recherche militaire de Porton Down, près de Salisbury, ont analysé des échantillons rapportés de la zone visée, tenue par les rebelles syriens, et ont conclu à la présence de sarin, un gaz innervant, a dit M. Cameron sur la chaîne de télévision britannique BBC.

Pas de solution militaire, estime le secrétaire général de l'ONU

L'envoyé spécial de la Ligue arabe et de l'ONU, Lakhdar Brahimi, a aussi été envoyé en Russie pour aider le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, à plaider en faveur de la conférence internationale pour la paix en Syrie, dite Genève 2.

Pour Ban Ki-moon, armer une partie ou une autre n'est pas la bonne réponse. « Il n'y a pas de solution militaire », a-t-il déclaré jeudi.

Le secrétaire général de l'ONU place la question de l'usage des armes chimiques dans un contexte plus large que celui lié au conflit syrien. « Il s'agit d'une responsabilité collective vis-à-vis de l'humanité », a-t-il souligné.

Ban Ki-moon a rappelé que l'usage des armes chimiques dans quelque circonstance que ce soit serait une violation des lois internationales et un crime atroce.

Dans tous les cas, une autre réunion à laquelle participeront les ministres des Affaires étrangères des pays de l'Union européenne aura lieu en fin de semaine à Vilnius, en Lituanie, pour tenter de trouver une position commune sur une intervention armée contre Damas, soupçonné d'avoir tué des centaines de civils le 21 août avec des armes chimiques.

Sur le terrain, la Turquie a déployé des troupes supplémentaires pour renforcer sa frontière avec la Syrie en cas d'une éventuelle intervention contre son voisin.

Un convoi de 20 véhicules constitué notamment de blindés a été déployé mercredi soir à la frontière syrienne à la hauteur de la localité turque de Yayladagi, dans la province de Hatay, dans le sud du pays.

Pendant ce temps, la chef des opérations humanitaires de l'ONU, Valerie Amos, est arrivée jeudi à Damas pour des entretiens avec des responsables syriens.

Cette visite intervient peu après que les Nations unies eurent annoncé que le nombre de réfugiés syriens avait dépassé les 2 millions.

Quant aux enquêteurs de l'ONU qui avaient pour tâche de déterminer si du gaz neurotoxique a bel et bien été utilisé par le régime contre des civils en banlieue de Damas, ils doivent remettre un rapport provisoire mardi prochain.

La Chine lance un avertissement

Pékin a mis en garde jeudi contre une intervention militaire en Syrie qui serait, selon elle, de nature à pénaliser l'économie mondiale notamment en provoquant une hausse des prix des produits pétroliers.

« Une action militaire aurait un impact négatif sur l'économie mondiale, en particulier le prix du pétrole - cela provoquerait une hausse du prix du pétrole », a déclaré le
vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Zhu Guangyao, en marge du sommet du G20.

L'autre grand allié du régime syrien, l'Iran, s'est également fait entendre, jeudi. Les armes chimiques que le pouvoir syrien est accusé d'avoir utilisées le 21 août sont « un prétexte » pour attaquer la Syrie, a affirmé le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.

Le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Mokdad, avait garanti la veille que la Syrie ne céderait pas aux menaces de frappes contre son pays.

Source: http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2013/09/05/001-sommet-g-20-syrie.shtml

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