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AFP_100407chemises_rouges_parlement_8.jpgLe premier ministre thaïlandais Abhisit Vejjajiva a décrété l'état d'urgence à Bangkok et dans cinq provinces environnantes, mercredi, dans le but annoncé de ramener le calme dans le pays.

Ce décret, le quatrième du genre depuis 2008, survient quelques heures après que des centaines de Chemises rouges, fidèles à l'ex-premier ministre en exil Thaksin Shinawatra, eurent pris d'assaut le siège du Parlement thaïlandais.

Les manifestants se sont retirés de l'édifice après une vingtaine de minutes. Personne n'a été blessé.

La démonstration de force a cependant forcé des ministres et des députés à quitter les lieux dans des hélicoptères militaires, ce qui a permis aux manifestants de crier victoire, du moins pour cette opération ponctuelle.

« L'état d'urgence est un moyen légal pour le gouvernement de résoudre la situation [...], cesser la désinformation, poursuivre les leaders des manifestants et prévenir le sabotage de façon efficace », a déclaré le premier ministre Abhisit en direct à la télévision.

Des forces de l'ordre hésitantes

Depuis la mi-mars, des opposants au régime politique sont rassemblés à Bangkok. Ils réclament la démission du premier ministre Abhisit Vejjajiva, la dissolution du Parlement et la tenue d'élections législatives.

En fin de semaine, des dizaines de milliers de Chemises rouges ont augmenté la pression sur le gouvernement en déménageant leurs pénates en plein coeur du quartier touristique et d'affaires de Bangkok. De grands hôtels sont littéralement assiégés.

La Fédération des associations touristiques thaïlandaises affirme que l'industrie a déjà perdu quelque 300 millions de dollars en quelques jours. L'Association des agents de voyage soutient que des milliers de touristes de Chine et de Corée du Sud ont déjà annulé leur voyage dans le pays.

Les évènements des derniers jours mettent en lumière la volonté des autorités d'éviter toute confrontation majeure avec les manifestants.

Une volonté qui n'est pas étrangère à la sympathie dont bénéficient les protestataires au sein des forces de l'ordre.

Mardi, le gouvernement a interdit aux manifestants de défiler dans 11 rues du quartier touristique, mais en vain. Les milliers de soldats déployés dans le secteur n'ont pas empêché les manifestants d'y parader bruyamment.

Mercredi, des policiers antiémeutes avaient été déployés devant la grille du Parlement, où un groupe de protestataires s'était rassemblé mardi. Ils n'ont pas empêché non plus les manifestants d'utiliser un camion pour défoncer la grille.

Le gouvernement a néanmoins annoncé la prolongation, pour une semaine, de la Loi de sécurité intérieure qui donne à l'armée le pouvoir d'organiser des opérations de maintien de l'ordre.

Le premier ministre Abhisit Vejjajiva a aussi annulé un voyage à Washington, où il devait aller la semaine prochaine pour assister au sommet sur la sécurité nucléaire du président Barack Obama.

Quatre ans de crise politique

La Thaïlande est engluée dans une grave crise politique qui a éclaté au grand jour en 2006, lorsqu'un coup d'État militaire a entraîné la destitution de M. Thaksin.

L'ex-premier ministre, qui a fait fortune dans les télécommunications, était accusé de corruption, mais ses partisans, issus des régions rurales et des classes urbaines défavorisées, ont soutenu que l'élite urbaine traditionnelle et les partisans du roi Bhumibol avaient fomenté le tout dans leur propre intérêt.

Le bras de fer a entraîné plusieurs changements de gouvernement, qui se sont soldés par de nombreuses démonstrations de force des deux clans, reconnaissables à leur couleur, rouge pour les partisans de M. Thaksin et jaune pour ses opposants.

La manifestation a lieu deux semaines après que la Cour suprême eut reconnu Thaksin Shinawatra coupable d'abus de pouvoir et de conflit d'intérêts. Le tribunal a ordonné la saisie de la moitié de sa fortune, soit 1,4 milliard de dollars, accumulée de façon illégale.

M. Thaksin vit à Dubaï pour échapper à une condamnation précédente à deux ans de prison ferme pour des malversations financières dans un autre dossier. Il suit cependant les manifestations de près et s'adresse régulièrement à ses partisans par vidéoconférence.

Source: http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2010/04/07/001-thailande_manifestation.shtml

Tag(s) : #Asie et Pacifique