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chebaya.jpgLes parties civiles au procès à Kinshasa des policiers assassins présumés du militant des droits de l'Homme Floribert Chebeya ont dénoncé vendredi la saisine, qu'il considère irrégulière, de la cour militaire et demandé à plaider devant la haute cour militaire.

Selon les avocats des parties civiles, l'auditeur général (procureur général) de la haute cour militaire avait pris le 13 octobre la décision de renvoyer devant cette juridiction les huit policiers -dont le chef des services spéciaux- accusés de l'enlèvement et l'assassinat le 1er juin de M. Chebeya.

Mais, "une main noire a mis du vernis correcteur sur cette décision de renvoi pour faire partir le mot +haute+ en laissant seulement +cour militaire+", a dénoncé Me Guillan Malere, lors de la deuxième journée d'audience qui s'est tenue devant la cour militaire de Kinshasa, délocalisée à la prison de Makala.

L'avocat a donc demandé à la cour de "constater la nullité de sa saisine et son incompétence" et de "rétablir (la décision) dans sa version originale et de prendre acte du fait que l'auditeur général a renvoyé cette affaire devant la haute cour militaire".

Selon la partie civile le renvoi devant la cour militaire empêche de juger le chef de la police, le général John Numbi, qualifié de "suspect numéro Un" dans cette affaire par la famille de la victime, les officiers généraux ne pouvant être jugés que devant la haute cour militaire.

Le ministère public a demandé huit jours pour répondre aux parties civiles, et l'audience a été renvoyée au 10 décembre.

Président de l'ONG congolaise de défense des droits de l'Homme la Voix des sans Voix (VSV), Floribert Chebeya, 47 ans, a été retrouvé mort le 2 juin dans sa voiture, au lendemain d'un rendez-vous, qui n'a pas eu lieu, avec le chef de la police, le général John Numbi. Suspendu depuis de ses fonctions Nimbi a été cité comme témoin au procès. Il est apparu un court instant à l'appel des témoins lors de la première audience le 12 novembre.

Celle-ci s'était déroulée à la cour militaire, dans une salle trop petite pour accueillir tout le public, ce qui a conduit la cour à délocaliser le procès à la prison centrale de Kinshasa où sont détenus certains accusés.

Outre le chef des service spéciaux de la police, le colonel Daniel Mukalay, les autres accusés sont un major, un lieutenant, un sous-lieutenant et un adjudant. Les trois absents sont deux majors et un adjudant.

Tous sont jugés pour "association de malfaiteurs, enlèvement, assassinat, terrorisme et détournement d'armes", et les absents aussi pour "désertion". Vendredi leurs avocats ont réclamé leur remise en liberté.

Le ministre de la Justice, Emmanuel-Janvier Luzolo Bambi, est venu assister à l'audience pendant 45 mn déclarant à la presse : "nous pensons que les choses se déroulent normalement, le caractère équitable du procès est respecté. Que la justice s'assume et fasse correctement son travail".

Source: http://www.lemonde.fr/depeches/2010/12/03/rdc-chebeya-la-partie-civile-veut-un-proces-devant-la-haute-cour-militaire_3210_60_43978738.html

Tag(s) : #Afrique de l'Ouest