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RDC_election.jpgUn calme précaire règne à Kinshasa ce samedi 10 décembre, au lendemain des incidents survenus après l'annonce de la victoire du président sortant Joseph Kabila à la présidentielle du 28 novembre. Une réélection contestée par son principal rival Etienne Tshisekedi qui s'est autoproclamé dans la foulée nouveau chef de l'Etat de la RDC. Selon la Céni, Joseph Kabila est déclaré vainqueur avec 48,95% des suffrages, contre 32,33% pour Etienne Tshisekedi.

Des magasins fermés, une circulation réduite au strict minimum. Ce samedi matin, Kinshasa avait les allures d’une ville morte. Dans les communes de Bandal, Limété, Kitambo, Ngiri Ngiri ou Kasa Vubu où nous avons pu nous rendre, on était loin de l’insurrection générale, mais ce n’était pas non plus le calme plat.

Ca et là, des jeunes bloquaient l’entrée des rues avec des barricades de fortune. Quelques uns avaient une pierre, un bâton ou une machette à la main et sur la chaussée on pouvait encore voir de nombreuses traces de pneus brulés. On signale par ailleurs que des magasins appartenant à des commerçants chinois ont été pillés hier soir. Plusieurs sources rapportent également que des commissariats ont été attaqués après l’annonce des résultats de la Céni.

La ville de Kinshasa semble en fait ce matin en bonne partie contrôlée par les forces de l’ordre. A pied ou en voiture, des groupes de policiers sont dispersés un peu partout et procèdent à des arrestations. Certaines personnes les accusent également de se livrer à des pillages. On a pu voir par ailleurs des policiers armés de fusils d’assaut postés sur des balcons.

La garde républicaine est elle aussi déployée dans Kinshasa. Les soldats patrouillent l’arme au poing. Leur logique du maintien de l’ordre peut surprendre, l’un des 4x4 de la garde républicaine que nous avons croisé circulait avec une mitrailleuse 12.7 calée sur le toit du véhicule.

Hier soir et tôt dans la matinée, des habitants des quartiers populaires majoritairement favorables à l’UDPS signalaient des tirs d’armes automatiques, mais pour l’heure il est encore trop tôt pour donner un bilan humain des violences.

Selon les chiffres de la Céni, Joseph Kabila, élu une première fois en 2006, a obtenu 48,95% des voix, un score dont on se félicite dans son état-major, où l'on veut voir dans cette réélection « la volonté du peuple qu'il continue l'oeuvre qu'il a commencé », selon Bernadette Mpundu.

D’ores et déjà, Etienne Tshisekedi et ses partisans contestent les résultats. Joint par RFI, l’opposant se proclame à son tour vainqueur de l’élection : « Je considère ces déclarations comme une véritable provocation du peuple congolais, déclare Etienne Tshisekedi.

En conséquence, je me considère dès aujourd’hui, comme un président élu de la République démocratique du Congo. Et je vous remercie pour la confiance que vous m’avez toujours manifesté, et je vous demande de rester calme, pour faire face à la suite des événements, quand je vous donnerai les mots d’ordre qu’il faudra ».

Etienne Tshisekedi ajoute : « Je demande à la communauté internationale de prendre les dispositions nécessaires, pour non seulement trouver la solution à ce problème, mais aussi pour éviter que le sang des Congolais puisse à nouveau couler ».

Arrivé troisième selon la Céni, l'opposant Vital Kamerhe, ancien président de l'Assemblée nationale, est crédité de 7,74% des voix. Lui aussi rejette catégoriquement les résultats et a reconnu la victoire d'Etienne Tshisekedi.

Signe de l'inquiétude ambiante, la Belgique, ancienne puissance coloniale, a appelé hier vendredi à éviter la violence. Paris, de son côté, demande à l'Etat congolais d'assurer l'ordre public dans le respect de l'Etat de droit, tandis que le Royaume-Uni se dit préoccupé par des soupçons d'irrégularité, et que l'Union européenne appelle l'opposition à contester les résultats par la voie légale.

Une manifestation de partisans d'Etienne Tshisekedi a dégénéré à Bruxelles aux abords de la porte de Namur, à l'entrée du quartier de Matonge, le quartier africain de la capitale belge. Plusieurs voitures ont été incendiées.

François-Joseph Nzanga Mobutu, l'un des fils de l'ancien président, a lui terminé en neuvième place avec 1,57% des suffrages. Il parle de « hold-up électoral perpétré par la Commission électorale ».

Source: http://www.rfi.fr/afrique/20111210-rdc-kabila-tshisekedi-kinshasa-lubumbashi-vital-kamerhe-wa-dondo-katanga-nzanga-mobutu-congo-ngoy-mulunda-ceni

Tag(s) : #Afrique de l'Ouest