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histoire afriqueGuinéennes et guinéens, très cher(e)s compatriotes,

Aujourd’hui est un jour comme ont les aime bien au sein de la LDRG. C’est le baptême de feu de notre nouvelle réforme. Mes cher(e)s compatriotes, j’ai le grand honneur et l’immense plaisir de vous présenter aujourd’hui, au nom de la LDRG, notre Projet de Réforme de l’Éducation nationale.

 

De nos jours, au même titre que n’importe quel besoin fondamental, que ça soi l’alimentation, la sécurité ou la communication, l’éducation est aussi un besoin élémentaire pour tout individu, pour toute société. Le premier reflexe de toute mère de famille et de tout père de famille est de travailler très dure pour offrir à son enfant la meilleure éducation possible dans la meilleure école possible. Ce n’est pas par hasard si l’éducation figure depuis 1948 dans la déclaration universelle des droits de l’homme. Ce n’est pas non plus un hasard si la scolarisation primaire universelle arrive en seconde position dans les objectifs du millénaire pour le développement.

 

Les sociétés qui vivent et qui prospèrent de nos jours sont celles qui ont mis l’éducation au cœur de leurs stratégies de développement. Seule une société éduquée à la capacité de comprendre que le malheur, la misère et la pauvreté qui l’entoure n’est autre que la conséquence directe des choix  et des décisions prises à un moment donné. Par conséquent, une société éduquée n’est pas une société fataliste parce qu’elle ne cherche ni dans les esprits, ni dans le destin, ni dans la religion, ni dans aucun fait externe les raisons de son retard et de sa misère. Une société éduquée ne se morfond jamais dans l’immobilisme : elle cherche à tout moment à maîtriser les déterminants de son avenir, elle cherche à tout moment à maîtriser les déterminants de son succès, de sa prospérité et de son progrès.

 

Pour mesurer à quel point l’éducation peut produire des miracles, il suffit d’observer tous ces pays pauvres d’hier et émergents d’aujourd’hui. Notamment l’Inde qui est le pays qui comptent aujourd’hui le plus grand nombre d’ingénieurs au monde; la Corée du Sud qui, il y a ci-peu était dans le peloton des pays pauvres, est devenu aujourd’hui exportateur de produits de hautes technologies. Nous pouvons aussi prendre l’exemple du Rwanda qui sort à peine d’un génocide et celui du Ghana avec lequel la Guinée à entamé ses premiers pas en tant que pays libre et indépendant; tous ces pays ont compris que l’avenir, le progrès, la prospérité et le bien-être ne sont interdit à aucune société, à aucun peuple : il suffit de se donner les moyens d’y arriver. Il suffit d’investir dans le capital humain. Il suffit de faire toute sa place à l’éducation dans nos sociétés.

 

Le système éducatif guinéen a aussi connu ses moments de gloire. C’est le lieu de le dire. Le moment où les écoles et universités guinéennes accueillaient des jeunes étudiants venants de partout en Afrique pour apprendre le savoir et la science. Moi-même qui m’adresse à vous aujourd’hui je peux témoigner de l’efficacité du système éducatif guinéen dans la mesure où je suis son pur produit. De l’école maternelle à l’université, en passant par le primaire, le collège et le lycée, comment pourrait-je renier l’éducation que j’ai ressue du système éducatif guinéen. C’est d’ailleurs avec beaucoup de fierté que je me revendique aujourd’hui comme pur produit du système éducatif guinéen. Le simple fait d’avoir justement bénéficié de l’éducation guinéenne, au même titre que l’ensemble des participants à ce projet de réforme, nous amène aujourd’hui à rendre quelque chose et à être utile à la Guinée, mais surtout, à nous interroger sur l’avenir de notre système éducatif.

 

Le Projet de réforme que je vous présente aujourd’hui est un document d’une cinquantaine de page qui se décompose en 4 principales parties. Tout en vous laissant le soin de le découvrir par vous-même, je tiens tout de même à en aborder ici les éléments essentiels.

 

1-Dans la première partie du projet, nous avons fait un diagnostic complet du système éducatif guinéen. Ce diagnostic nous à permis de découvrir les atouts et les faiblesses du système éducatif guinéen.

 

*Dans cette partie, tout d’abord, vous découvrirez l’état de la scolarisation et de l’équité au sein du système éducatif guinéen.

 

  • Vous réaliserez que 19% des enfants qui méritent d’être à l’école primaire n’y sont pas; De même, 65% des enfants qui méritent d’être au collège n’y sont pas; Et 84% des enfants qui méritent d’être au lycée n’y sont pas.

 

Ces données c’est bien sûre sans tenir compte des disparités selon le sexe, ou selon que ça soi en zone urbaine ou une zone rurale.

 

  • Par exemple, alors que c’est seulement 10% des garçons qui n’ont pas accès à l’école primaire, vous verrez que plus de 30% des jeunes filles n’ont pas du tout accès à l’école en Guinée. De même, vous verrez qu’en Guinée le simple fait d’habiter en zone rurale diminue votre chance d’accéder à l’école de 17%.

De façon beaucoup plus précise, vous découvrirez qu’alors que les enfants qui vivent dans les centres urbains ne représentent que 35% de l’ensemble des élèves, ils bénéficient de 60% des dépenses en éducation. De même, vous réaliserez que les enfants dont les parents font parties des couches les plus pauvres de notre société ne représentent que 5% des effectifs de l’enseignement supérieur.

*Toujours dans cette première partie du projet, vous aurez également une idée de la qualité de l’école guinéenne.

  • A ce niveau vous verrez que, certes plus de 95% des élèves qui ont passé 7 années dans le système éducatif guinéen ne rencontrent aucun problème de lecture à l’âge adulte, cependant, les taux de redoublement sont proches de 28% au primaire, 19% au collège et de 18% au lycée.
  • De même, mise à part les carences en matériels, équipements et bâtiments scolaires, vous découvrirez que plus de 25% des ressources publiques mobilisées pour l’enseignement primaire, le collège et le lycée ne servent pratiquement à rien parce qu’elles sont gaspillées pour des années redoublées ou pour des élèves qui abandonnent l’école.

*Encore dans cette première partie du projet, vous aurez une idée claire de l’impact de l’éducation dans la vie sociale, mais aussi sur l’environnement économique en Guinée.

  • Par exemple, vous découvrirez que le simple fait de compléter l’éducation primaire réduit de 14% la pauvreté en Guinée.
  • Par contre, sur le plan économique, vous découvrirez que 53000 jeunes entrent chaque année dans la vie active en Guinée sans une éducation primaire complète ; 
  • De même, vous noterez un tassement des effectifs au niveau de l’enseignement supérieur. Ce tassement étant non seulement au détriment de la qualité de l’enseignement supérieur, mais aussi, sans aucune connexion avec le marché du travail. En effet, vous réaliserez que l’enseignement supérieur produit plus de trois fois la capacité d’absorption du marché du travail. Le sort de la majeure partie des diplômés n’étant autre que le chômage de masse.

*Enfin, dans cette première partie du projet, vous aurez une idée assez claire sur les aspects financiers du système éducatif guinéen.


  • Vous découvrirez par exemple que seulement 19% des recettes publiques nationales sont allouées au système éducatif en Guinée, alors que ce chiffre est de la l’ordre de 23% dans les pays pairs de la Guinée qui se sont montrés performant en matière d’éducation.
  • Vous réaliserez surtout que les sommes que les pays pairs de la Guinée allouent au seul enseignement primaire dans leur pays est très proche de ce que la Guinée alloue pour tout son système éducatif.
  • Vous apprendrez aussi que la Guinée est, parmi ses pairs, le pays où la dépense par élèves au primaire est le plus faible. Elle est de 8% du PIB par habitant en Guinée alors qu’elle est de 10% dans les pays pairs de la Guinée. Cette tendance ce confirme également pour le collège et le lycée où la Guinée est à nouveau de loin le pays où la dépense par élève est la plus faible.
  • Vous découvrirez enfin que nos enseignements passent de très durs moments. En dépit de la précarité et des conditions de travail dérisoires dans laquelle la grande majorité de nos enseignants évolue, vous réaliserez que lorsque la Guinée rémunère ses enseignants à 2 fois le PIB par habitant, les pays pairs de la Guinée rémunèrent les siens à 5 fois le PIB par habitant de leurs pays respectifs.

Guinéennes et guinéens, très cher(e)s compatriotes,

 

De manière très concise, ce sont là les réalités de notre système éducatif. Au vue de ce diagnostic, où pensez-vous que notre pays s’en va ? Au vue de cette réalité, que pouvons-nous espérer et attendre de l’avenir ? Qu’espérer de l’avenir si nous sommes incapables d’investir dans l’éducation des filles et des garçons qui doivent construire cet avenir ? Qu’espérer de l’avenir si nous ne sommes pas capables d’honorer et de respecter les enseignants dans les mains desquels repose l’éducation de nos enfants ? Qu’espérer de l’avenir si 30% de nos filles n’ont pas accès à l’école ? Qu’espérer de l’avenir si même dans nos écoles publiques les plus défavorisés de notre société n’ont aucune place ?  Qu’espérer enfin de l’avenir si 14% des plus pauvres de notre société le sont parce que tout simplement ils n’ont pas la chance d’accéder à l’école ? Pour être franc, je dirai tout simplement que dans ces conditions nous n’avons pas grand-chose à espérer de l’avenir.

 

Mais mes cher(e)s compatriotes, ce que nous ne pouvons plus nous permettre par contre c’est de s’en remettre à la fatalité alors que le monde avance à une vitesse impitoyable pour les paresseux, les boiteux et les irresponsables.

 

2-C’est justement parce que nous refusons de nous en remettre à la fatalité que dans la deuxième partie du projet vous retrouverez la reforme que nous proposons pour remettre sur pied le système éducatif guinéen.

 

La réforme que nous proposons repose sur 7 principes fondamentaux :


  • Principe premier : Une éducation de base obligatoire de 10 ans. Ce principe s’inscrit non seulement dans le cadre du rapprochement des standards adoptés par les pays pairs de la Guinée performants en matière d’éducation, mais aussi, dans le souci de garantir l’acquisition par les élèves de connaissances fondamentales suffisantes pour être productif dans leurs futures orientations académiques et professionnelles. Donc il faut bien comprendre qu’avec ce principe le premier diplôme de l’élève guinéen ne sera plus le CEP, mais plutôt celui du BEPC.
  • Principe 2 : Combinaison du primaire et du collège en un cycle d’enseignement unique. Ce principe se justifie d’abord pour des raisons de lutte contre le fort taux d’abandon lié aux transitions inter-cycle. En effet, les élèves sont plus enclins à rester à l’école s’ils peuvent poursuivre leur parcours scolaire dans le cadre d’un cycle unique, au lieu d’avoir à gérer la transition vers un autre cycle d’études qui pourrait occasionner des coûts de transition importants. De plus, le principe de la combinaison du cycle primaire et du collège permettra de s’assurer que les élèves acquièrent les capacités d’analyse essentielles avant d’achever le collège. Par ailleurs, il serait utile de noter que cette combinaison n’est en aucun cas une nouveauté car plusieurs pays, y compris ceux d’Asie et d’Afrique subsaharienne anglophone ont une structure d’éducation de base unique qui combine le cycle primaire et le collège. Enfin, cette combinaison répondra de manière cohérente au premier principe d’une éducation obligatoire de 10 ans. 
  • Principe 3 : Flexibilité et repositionnement sur la filière de l’enseignement technique et de la formation professionnelle. Au terme de la réforme, c’est seulement dans l’enseignement technique et la formation professionnelle de type A que s’investiront les autorités publiques. Le type B de la filière sera majoritairement concédé au privé, notamment aux entreprises afin qu’elles assurent elles-mêmes la formation de leurs employés. Le repositionnement sur le type A de la filière s’explique par le poids que le secteur informel occupe dans l’économie guinéenne. En effet, le secteur informel représente 95% des emplois en Guinée, dont 71% dans l’agriculture. Ce secteur informel ne requiert pas des profils d’employés hautement qualifiés. De ce fait, il est préférable de mettre tous les efforts dans le type A de la filière professionnelle afin de produire une main d’œuvre de qualité et productive pour ce secteur. D’ailleurs il est utile de rappeler que c’est, entre autre, parce que la productivité de la main d’œuvre destinée à ce secteur ne s’améliore pas que la pauvreté augmente en Guinée. En dépit de se repositionnement, cependant, la branche de la filière qui s’occupe de la formation des enseignants, quelle soi de type A ou de type B, sera non seulement revitalisée, mais de plus, elle sera assurée par les pouvoirs publics. Quant à la flexibilité qui caractérisera la filière, elle se manifestera par la capacité de l’enseignement technique et professionnelle à répondre à la demande immédiate et changeante d’un marché du travail caractérisé par un secteur informel dominant. 
  • Principe 4 : Introduction de l’enseignement alternatif. Ce principe d’introduction d’un enseignement alternatif à l’enseignement formel est une nécessité en raison du grand nombre d’abandons au primaire, de même qu’à cause de la pauvreté et des coûts d’opportunité élevés associés à la fréquentation du collège et du lycée. L’enseignement alternatif permettra aux enfants exclus jusque là du système éducatif d’accéder à l’enseignement post-primaire et de compléter l’enseignement obligatoire de 10 ans. Cet enseignement peut s’avérer aussi utile pour la scolarisation de masse en zone rurale, plus particulièrement pour la scolarisation des jeunes filles.
  • Principe 5 : Révision des programmes d’enseignement. Le principe de la révision des programmes d’enseignement est non seulement nécessaire pour améliorer la qualité et la pertinence des programmes dispensés, mais aussi, pour rester au diapason des évolutions dans les domaines de la connaissance, de la science et de la technologie. On observe de plus en plus une forte demande pour les matières traditionnelles comme l’éducation civique, la science, les mathématiques et une langue internationale. De même, la demande est de plus en plus forte pour de nouvelles matières comme la technologie, la comptabilité générale, l’éducation environnementale et la santé. Par exemple, de nombreux pays sont en train d’introduire l’apprentissage des nouvelles technologies et de l’Anglais tout au long de l’enseignement primaire, du collège et du lycée comme outils et langue privilégiée de communication internationale. De même, l’introduction de la comptabilité générale et de l’entreprenariat dès le lycée devient une norme sous-régionale et continentale. La Guinée ne sera pas à la marge de ces tendances.
  • Principe 6 : Régulation des flux scolaires et arbitrage entre quantité et qualité. En effet, nous avons observés auparavant le fait que le système éducatif produit chaque année 3 à 4 fois plus de diplômés que la demande de l’économie guinéenne. De ce fait, les effectifs de l’enseignement supérieur devront être régulés afin de concorder avec les demandes du marché de l’emploi tant en quantité qu’en qualité. L’essentiel de cette régulation des flux interviendra aux niveaux antérieurs de la structure du système éducatif, notamment au lycée qui sera désormais, non seulement professionnalisé, mais aussi, qui verra son niveau relevé en guise de préparation à l’enseignement supérieur. Ainsi, à partir du lycée, non seulement la quantité sera régulée par des mesures que vous découvrirez dans le projet de réforme, mais de plus, le poids de la qualité sera renforcé, notamment la taille et l’effectif des classes, les laboratoires, les bibliothèques, les salles informatiques, etc. 
  • Principe 7 : Décentralisation partielle de l’exécution de la politique éducative. En effet, le principe de la décentralisation s’impose non seulement pour remédier aux déséquilibres observés dans la répartition des ressources publiques en  éducation entre zones rurales et urbaines, mais aussi, pour des raisons d’efficacité dans l’application des politiques d’éducation. Les établissements, les écoles, les instituts et les universités bénéficieront d’une plus grande autonomie dans la mise en œuvre de la politique d’éducation.

Mes cher(e)s compatriotes, ce sont là les 7 principes à partir desquelles nous avons défini avec précision toutes les mesures à entreprendre pour chaque cycle d’enseignement, à commencé par l’enseignement primaire jusqu’à l’enseignement supérieur, en passant par le collège, le lycée et la filière de l’enseignement technique et de la formation professionnelle.

Il est important de souligner que non seulement les mesures que nous proposons dans le projet de réforme tiennent compte de la contrainte de rareté des ressources publiques, mais de plus, elles ne sont pas fantaisistes car elles sont pratiquement toutes inspirées d’expériences réussies en matière de réformes de l’éducation dans les pays pairs de la Guinée. Nous avons su adapter ces expériences aux réalités de notre pays.

3-C’est pour justement prouver le réalisme et la faisabilité de la réforme que nous avons tenu, dans la troisième partie du projet, à planifier son exécution et à trouver des sources de financement pour chaque mesure à engager.

  • Concernant la planification, vous verrez que les mesures à engager sont planifiées de telle sorte que le coût de réalisation soi tenable en terme de financement. Ainsi, au bout de 9 années de réforme continue, non seulement l’éducation obligatoire et la scolarisation universelle seront des réalités guinéennes, mais de plus, le système éducatif guinéen, notamment l’enseignement pré-universitaire et la formation professionnelle, aura renoué avec les standards de qualité reconnue dans la sous-région et le continent. Dans la même lancée, au bout de la 12ème  année de réforme continue, la qualité de l’enseignement supérieur guinéen attirera des étudiants de la sous-région et du continent à la recherche d’une formation de renom. 
  • Concernant le financement, la première mesure que nous envisageons est d’abord de réévaluer le budget de l’éducation à la hauteur de la moyenne des pays pairs de la Guinée, soit à hauteur de 23% des recettes publiques ou à hauteur de 4% du PIB de la Guinée. Il est vrai qu’il y a plusieurs urgences en Guinée, mais nous avons la conviction qu’aujourd’hui ce n’est surtout pas à l’éducation nationale de faire les frais de l’austérité budgétaire. 
  • Comme vous le découvrirez dans le projet, la deuxième catégorie de mesures de financement consiste surtout en des gains d’efficiences résultants d’une meilleure utilisation des sommes déjà allouées au secteur de l’éducation. 
  • De même, vous verrez que la troisième catégorie des mesures de financement consiste à favoriser la participation des communautés locales, un meilleur partenariat avec le privé et une meilleure collaboration avec nos partenaires au développement.

4-C’est finalement parce que la réussite de toute réforme dépend du suivi et de la bonne utilisation des ressources que, dans la quatrième et dernière partie du projet, nous avons abordé la question de la gestion de la réforme.

Dans cette partie, vous découvrirez à quel point nous mettons l’accent sur le fonctionnement de l’école, sur le rôle des chefs d’établissement, sur les apports de la décentralisation, sur le renforcement des systèmes de contrôle des examens, ainsi que l’implantation d’un système d’information performant.

Guinéennes et guinéens, très cher(e)s compatriotes,

De manière très concise, voilà comment se présente le projet de réforme de l’éducation que la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée vous propose aujourd’hui. C’est une réforme qui a nécessité beaucoup d’efforts de recherches, mais je vous assure que nous avons eu beaucoup de plaisir à travailler sur un projet aussi passionnant.

Tout ce que nous regrettons aujourd’hui est le fait que nous sortons à peine d’une élection présidentielle majeure pour l’avenir de notre nation sans qu’aucun débat sérieux sur l’avenir de l’école guinéenne ne soi abordé. Tout au contraire, nos politiciens nous ont offert un débat sur « l’eau empoisonnée » et le « nom de famille des candidats à l’élection présidentielle ». C’est vraiment très dommage.


Mais, mes cher(e)s compatriotes, ce qu’il faut surtout retenir aujourd’hui c’est que le progrès et l’avenir ne sont pas interdits à la Guinée. Le Projet que nous portons aujourd’hui est la clé de notre réussite. C’est un projet complet, planifié et financé. Il n’a qu’une seule vocation désormais : c’est d’être réalisé. Mais vous aurez sans doute remarqué avec moi que ce n’est pas la LDRG qui est au pouvoir aujourd’hui. Soyez rassuré, rien de ci grave. Contrairement aux politiciens, nous, nous ne nous disons pas que tant que nous ne sommes pas au pouvoir rien n’ira de l’avant. Ce qui compte le plus pour nous, c’est de voir nos propositions et nos réformes mise en œuvre au bénéfice des populations guinéennes.


  • C’est la raison pour laquelle aujourd’hui je me tourne d’abord vers vous pour vous soumettre ce projet. Ce projet appartient à notre génération. Il vient de notre génération et chacun de nous est appelé, non seulement à s’approprier ces fruits, mais aussi, à le partager avec ses proches et amis jusqu’à ce que toute notre génération s’en approprie. Afin que chacun sache que, en dépit du poids de la répression et de la misère, l’heure n’est surtout pas au fatalisme. Tout est encore possibles. Nous pouvons et devons changer le cours de l’histoire en Guinée.
  • Puis, en second lieu, je me tourne naturellement vers le gouvernement guinéen pour lui soumettre de manière très solennelle et citoyenne le présent projet de réforme de l’éducation nationale de toute une génération. Dans les prochains jours, grâce à nos émissaires à travers le monde, le projet partira du Canada, des États-Unis, de la France, de la Grande Bretagne, du Sénégal, de l’Angola, et de biens d’autres pays ; mais ce projet sera également porté par nos émissaires à Conakry afin qu’il arrive dans de bonnes conditions aux mains du gouvernement guinéen. Je tiens à rappeler au gouvernement que je ne suis ni un adversaire ni un opposant politique. Et il aurait vraiment tors de me considérer comme tel.

Nous sommes tout simplement les guinéens nouveaux, ceux qui sont fatigués de la "mamaya" et des protocoles éhontés ; ceux qui ne se contentent plus de quémander et d’attendre tout des acteurs politiques ; ceux qui proposent des solutions et réclament des résultats. Nous n’attendons pas du gouvernement qu’il réalise ce projet de réforme dans son ensemble. Alors pas du tout. Nous souhaitons tout simplement qu’il s’engage à intégrer au moins 3 des mesures phares de ce projet dans son programme d’action. Seulement 3 mesures et notre génération, voire le peuple dans son ensemble, en sera très reconnaissant le moment venu.

 

Ce que nous n’accepterons plus jamais au sein de la LDRG, c’est le statu quo, l’inaction, la médiocrité et le mensonge. Le système éducatif guinéen est dans un état de sinistre total. L’avenir de plusieurs générations se voit entièrement hypothéqué par le manque de courage politique des gouvernants. D’ici l’an 2015 il y aura plus de 3 millions d’enfants en âge de scolarisation en Guinée. Il ne s’agit plus de chercher à recoller les morceaux ou à boucher des trous. À présent il est temps d’engager la réforme de l’éducation nationale. Nous attendons incessamment des mesures fortes de la part du gouvernement pour remettre sur pied notre système éducatif. À défaut, que chacun se tienne bien, la LDRG ne se morfondra jamais dans l’immobilisme et le fatalisme. S’il faut qu’on prenne le pouvoir pour remettre sur pied notre système éducatif, alors, avec le peuple de Guinée, avec cette génération trop longtemps martyrisée, nous reprendrons ce pouvoir pour l’exercer au bénéfice du peuple de Guinée.

 

Honneur à la nouvelle génération!

Vive le peuple du 28 septembre 1958 !

Vive la LDRG !  Pour que vive la Rép. De Guinée !

 

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