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fmi.JPGAu deuxième jour de sa visite au Kenya, le directeur du FMI a souligné, lundi 8 mars, à Nairobi, la disponibilité de son institution à aider les pays africains à mieux négocier leurs contrats avec la Chine. Dominique Strauss-Kahn a présenté son projet de « Fonds Vert » pour aider les pays en voie de développement à combattre les effets du changement climatique. Mais le débat à Nairobi a principalement porté sur la bonne gouvernance, la corruption étant un des problèmes épineux du Kenya.

Au deuxième jour de sa visite au Kenya, Dominique Strauss Kahn, directeur du FMI, s’est exprimé sur les investissements chinois exponentiels en Afrique. Pour lui le rôle du FMI et d’autres institutions internationales comme la Banque mondiale doit être de s'assurer que les contrats entre la Chine et l’Afrique ne soient pas des contrats léonins. Il a pris l’exemple de la République démocratique du Congo où la Chine a conclu un accord minier historique et où le FMI a apporté un rôle de conseil auprès du gouvernement de RDC pour obtenir un contrat plus favorable au pays.

En présence du Premier ministre Raila Odinga, du ministre des Finances Uhuru Kenyatta, Wangari Maathai, prix Nobel de la paix et des centaines d’étudiants, Dominique Strauss-Kahn a présenté son projet de « Fonds Vert » pour aider les pays en voie de développement à combattre les effets du changement climatique. Mais le débat a principalement porté sur la bonne gouvernance, la corruption étant un des problèmes épineux du Kenya.

« Ce n’est pas comme si le FMI ne nous fournissait pas l’argent, le problème c’est ce que nous faisons avec cet argent, c’est de quelle manière nous le dépensons » : le ton est donné par Wangari Maathai, prix Nobel de la paix. Le Kenya continue à être frappé par des scandales de corruption, derniers en date au ministère de l’Agriculture et de l’Education.

Le Premier ministre Raila Odinga pointe du doigt la corruption et l’ethnicité : « Pourquoi l’aide finit dans les poches d’individus, atterrit parfois dans des comptes bancaires privés en Europe. L’élite politique en compétition pour les ressources finit toujours par recourir à l’ethnicité, ce qui se passe toujours au détriment du reste de la population ».

Le ministre des Finances Uhuru Kenyatta : « Assouplir les conditions de prêt est un moyen de se développer tout en étant propriétaire de nos projets. Il ne s’agit plus de dire voila ce que vous devez faire. C’est un encouragement pour dire, développons nous avec de la bonne gouvernance et de bonnes structures économiques qui sont nécessaires au développement, comme tout le monde s’accorde à dire ».

Cependant, au-delà des bonnes paroles, beaucoup reste à faire en termes de lutte contre la corruption, punir les coupables reste pour le moment loin des priorités des gouvernements et le rôle du FMI reste limité. Pour Dominique Strauss-Kahn : « Même dans les gouvernements où des progrès ont été faits, il n’y a pas beaucoup de poursuites en ce qui concerne la corruption passée. Tout cela est vrai. Le FMI, les autres instances internationales essaient de lutter contre en imposant encore une fois la mise en place de règles nouvelles qui permettent d’éviter la corruption pour le futur ».

Un nouveau partenariat du FMI avec l’Afrique, c’est le message qu’a voulu délivrer le directeur du FMI, et si les gouvernements restent les interlocuteurs privilégiés, la société civile, les syndicats ont de plus en plus un rôle à jouer auprès des institutions financières internationales.

Source: http://www.rfi.fr/contenu/20100308-dominique-strauss-kahn-propose-fonds-vert-aider-pays-developpement 

Tag(s) : #Economie-Guinée