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ping_ci.jpgUne mission internationale représentant la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, l'Union africaine et l'ONU s'est rendue à Bissau dimanche 4 avril 2010, pour adresser un message de fermeté aux autorités de Guinée-Bissau, après la tentative de coup de force d'une partie de l'armée le 1er avril.

Une mission internationale formée du président de la Commission de la Comunauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), James Victor Gbeho, du président de la Comission de l'Union africaine (UA), Jean Ping, ainsi que du représentant spécial des Nationes unies en Afrique de l'Ouest, Said Djinnit, s'est rendue dimanche 4 avril 2010 à Bissau, pour une visite de quelques heures, à la suite de la tentative de coup de force de l'armée. Le secrétaire exécutif de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP), Domingos Simoes Pereira, qui se trouvait déjà à Bissau, s'est joint à l'équipe.

Vladimir Monteiro, porte-parole du Bureau de l'ONU en Guinée-Bissau

« ... Le président de Commission de l’Union africaine (UA), Jean Ping, et celui de la CEDEAO, Victor Gbeho, sont venus à Bissau avec deux messages. Le premier pour leur dire que ce qui s’est passé le 1er avril est inacceptable, que ça ne peut pas aider le processus de paix et de stabilité du pays mais aussi de la sous-région. Mais aussi pour écouter les parties guinéennes notamment le Premier ministre, le président de la République et les responsables militaires sur les causes des évènements du 1er avril, les solutions et les prochains pas pour que la Guinée-Bissau se retrouve à nouveau sur le chemin de la stabilité. (...)La CEDEAO, ainsi que l’Union africaine, ont réaffirmé la nécessité du retour de l’ordre constitutionnel, c’est « quelque chose de sacré » pour reprendre les termes du président de la Commission de la CEDEAO... »

La mission a exprimé sa fermeté aux militaires et a insisté sur «la consternation de la communauté internationale suite aux évènement du 1er avril». Jeudi dernier, un coup de force mené par des militaires a abouti à l’arrestation du chef d'état-major de l'armée, le général José Zamora Induta et à la mise en résidence surveillée durant plusieurs heures du Premier ministre Carlos Gomes Junior, menacé de mort par les mutins.

« Un pays exposé à différents types de menaces »

Ces évènements ont provoqué l'inquiètude de la communauté internationale, qui a voulu assurer les autorités bissau-guinéennes de son soutien.

Ramtane Lamamra, commissaire à la paix et la Sécurité de l'Union Africaine

« ... Il s’agissait d’abord que ce petit pays, qui a eu plus que son lot d’épreuves, sente que le continent africain et le reste de la communauté internationale sont résolument engagés à aider ce pays à transcender des conjonctures difficiles pour approfondir la démocratie pluraliste et réaliser les réformes structurelles qui sont nécessaires pour assurer à son peuple un avenir qualitativement meilleur...»

La délégation a eu de longues réunions avec le président de la République, avec le Premier ministre, mais aussi avec le ministre de la Défense, entourés de l’essentiel du haut commandement des forces armées de la Guinée Bissau. C’est un pays qui par ailleurs, vous le savez, est particulièrement exposé à différents types de menaces, y compris celles que constitue le trafic intercontinental de drogue. On peut considérer ce qui s’est passé comme étant une réplique du terrible tremblement de terre de l’année dernière qui a vu l’assassinat du président Vieira et du chef d’état major des armées. Les incidents ont pu être limités dans leur portée. Peut-être que d’un mal, naîtra un bien pour le pays.

Table ronde en préparation

Pour aider la Guinée-Bissau à sortir de la crise, l'Union européenne confirme son engagement dans le processus de stabilisation politique du pays avec en ligne de mire l'armée qui attend sa restructuration. Le commissaire à la Paix et à la Sécurité de l'Union africaine, Ramtane Lamamra a affirmé que l'UA apportera son aide à la tenue d'une table ronde à Bruxelles « avant la fin du deuxième trimestre » précisément sur le soutien à la réforme du secteur de la défense et de la sécurité en Guinée-Bissau.

Ramtane Lamamra, commissaire à la Paix et la Sécurité de l'UA

«... La direction avait affirmé avec force l’engagement à accélérer les préparatifs en vue de la table ronde qui devrait se tenir sur la contribution de la communauté internationale, les réformes du secteur de la défense et de la sécurité. Ces incidents soulignent à la fois l’importance des réformes en question et l’urgence à leur mise en œuvre. Je dois dire aussi que l’Union européenne a détaché à Bissau une importante équipe qui a travaillé avec le gouvernement. Il s’agirait naturellement d’adopter une vision assez large, c’est-à-dire d’accepter de contribuer au financement d’un certain nombre de projets, de programmes de développement économique et social afin qu’il y ait création d’un environnement au succès de cette réforme du secteur de la défense et de la sécurité. Franchement lorsque l’on voit les épreuves que la Guinée Bissau a eu à surmonter, la communauté internationale ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin. Considérons aussi que les besoins de ce pays sont modestes par rapport à ce qui est consenti comme sacrifice ailleurs... »

Enfin une source onusienne a précisé à l’AFP qu’une nouvelle mission est prévue dans la capitale bissau-guinéenne «pour discuter avec les différentes parties» mais aucune date n’est avancée pour l’instant.

Source: http://www.rfi.fr/contenu/20100405-guinee-bissau-mission-internationale-montre-ferme-face-militaires

Tag(s) : #Afrique de l'Ouest