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medevdev_abbas-copie-1.jpgLa Russie soutient un « État palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale », a déclaré mardi le président russe Dimitri Medvedev au terme d'un entretien avec le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à Jéricho, en Cisjordanie.

Le président russe affirme que les pourparlers de paix israélo-palestiniens, présentement au point mort, ne pourront progresser « sans une sorte de décision [israélienne] raisonnable sur la colonisation ».

« Tout le monde le comprend aujourd'hui et il est impossible de fermer les yeux sur ce fait », a ajouté M. Medvedev.

Selon le président Medvedev, la position de la Russie au sujet de la Palestine n'a tout simplement pas changé par rapport à celle adoptée par l'Union soviétique en 1988.

À l'époque, Moscou avait reconnu une déclaration d'indépendance prononcée depuis Alger par l'ancien leader palestinien Yasser Arafat.

« La Russie a fait part de sa position dans ce dossier à la fin des années 80 [ ...] et nous soutenons le droit inaliénable du peuple palestinien à un État indépendant, viable et souverain avec comme capitale Jérusalem-Est », a-t-il déclaré.

« Je suis certain qu'avec la création d'un État palestinien, tout le monde gagnera - les Palestiniens et les Israéliens », a ajouté le président russe.

M. Medvedev s'est rendu à Jéricho depuis Amman, en Jordanie, une route inhabituelle, qu'il a été contraint d'emprunter en raison de l'annulation de la visite qu'il devait faire au préalable en Israël.

La visite a été annulée en raison d'une grève des diplomates du ministère des Affaires étrangères, qui réclament de meilleures conditions de travail.

Des reconnaissances qui s'accumulent

Les déclarations du président de la Russie, un des quatre membres du Quartette pour la paix au Proche-Orient, ont pour but d'accroître la pression sur Israël.

Depuis le début du mois de décembre, cinq pays d'Amérique latine (Brésil, Argentine, Bolivie, Équateur et Guyana) ont reconnu l'État palestinien à l'intérieur des frontières de 1967, avant la guerre des Six Jours.

Le Chili leur a emboîté le pas, mais sans évoquer l'épineuse question des frontières. L'Uruguay a aussi annoncé qu'elle fera une déclaration à ce sujet en 2011.

Ce mouvement des pays latino-américains donne de l'élan à une tentative anticipée de l'Autorité palestinienne pour que l'indépendance de la Palestine soit formellement reconnue par les Nations unies.

Selon un responsable des services de renseignements israéliens interrogés par l'agence Reuters, Israël s'attend à ce que plusieurs autres États reconnaissent la Palestine d'ici la prochaine assemblée générale de l'ONU, en septembre 2011.

Des pourparlers au point mort

Après une brève relance, en septembre dernier, les négociations de paix directes entre Israéliens et Palestiniens ont été suspendues quelques semaines plus tard, lorsqu'Israël a refusé de prolonger un moratoire sur la colonisation juive en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

L'Autorité palestinienne, qui revendique ces terres, exige cet arrêt de la colonisation pour poursuivre les négociations. L'ONU a elle-même reconnu dans sa résolution 242, adoptée en 1967, que ces constructions étaient illégales.

Les États-Unis ont tenté de convaincre Israël de changer d'idée, mais en vain. Le 7 décembre, Washington a annoncé qu'il renonçait au moratoire exigé.

L'émissaire du président Obama pour la paix au Proche-Orient, George Mitchell, mène depuis des pourparlers indirects entre les deux parties, mais aucun progrès n'a été signalé.

Pour reprendre le dialogue, les Palestiniens exigent aussi la reconnaissance de l'État palestinien à l'intérieur des frontières de juin 1967, avant la guerre des Six Jours, moyennant des échanges mineurs de territoires.

Le Quartette pour la paix au Proche-Orient se réunira à Munich, en Allemagne, du 4 au 6 février, afin de se pencher sur les moyens de relancer les pourparlers de paix.

Source: http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/01/18/006-moscou-palestine-independance.shtml

Tag(s) : #Moyen et Proche Orient