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manifestants-vendredi-syrie.jpgSix mois après son commencement, le mouvement de contestation contre le régime du président Bachar al-Assad en Syrie ne faiblit pas, les militants étant décidés à manifester jusqu'à la chute du régime, qui poursuit sa répression sanglante.

Ils ont appelé à manifester vendredi sous le slogan «nous avançons jusqu'à la chute du régime».

«Nous sommes massacrés et plus que jamais déterminés. Nous sommes jetés en prison et plus que jamais déterminés. La révolution a éclaté, elle ne s'arrêtera que lorsque le régime sera renversé», ont-ils écrit sur leur page Facebook The Syrian Revolution.

«Une nouvelle génération est née en Syrie durant les six mois de la révolution, une génération qui refuse d'être servile, de se prosterner devant les images du tyran», ont affirmé ces militants qui manifestent pour la liberté contre le régime du Baas, au pouvoir depuis près d'un demi-siècle.

Sur le terrain, les forces de sécurité poursuivent une violente répression, les autorités affirmant vouloir «extirper les terroristes armés» qu'ils accusent d'assassiner manifestants et forces de l'ordre pour semer le chaos.

À Zabadani et à Madaya, à une cinquantaine de km de Damas, les forces militaires et de sécurité procédaient depuis mardi à des perquisitions et ont arrêté 126 personnes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Une vaste opération militaire se poursuivait également jeudi dans la région de Jabal al-Zaouia (nord-ouest) après la mort mercredi de huit personnes, selon l'OSDH. Et les communications téléphoniques étaient toujours coupées dans la ville de Saraqeb, selon la même source.

À Homs (centre) deux jeunes ont succombé jeudi après avoir été blessés lors d'opérations de sécurité les jours passés.

Mercredi soir, les manifestants ont défilé à Damas et dans sa province, à Homs, à Deraa (sud) et dans la province d'Idleb (nord-ouest), «malgré le déploiement intense et les vastes arrestations menées par les forces de l'ordre», selon le chef de l'OSDH Rami Abdel Rahmane.

Depuis le début du mouvement de contestation mi-mars, la répression a fait plus de 2600 morts, en majorité des civils, selon l'ONU.

Plus de 70 000 Syriens ont été interpellés durant cette période et plus de 15 000 personnes sont actuellement détenues, tandis que des milliers d'autres sont portées disparues, selon l'OSDH.

«Les écoles et les terrains de sport ont été transformés en centres de détention et de torture», a affirmé Rami Abdel Rahmane.

Selon lui, des milliers de jeunes appelés sont détenus car ils ont refusé d'effectuer leur service militaire pour éviter de participer à la répression.

S'ils poursuivent un objectif bien déterminé, «la chute du régime», les jeunes de la révolution n'en sont pas moins «frustrés par l'incapacité de l'opposition officielle à s'unir», a estimé Burhan Ghalioun, directeur du Centre des études arabes à la Sorbonne.

Ce professeur de sociologie politique à l'Université Paris-III a été désigné le 29 août, à son insu, chef d'un Conseil national de transition syrien par les comités de coordination de la révolution.

«Je considère que cette annonce me confie une mission morale à laquelle je ne saurai me soustraire», a réagi M. Ghalioun dans un communiqué.

«C'est un honneur et une gêne aussi. Mon souci sera de faire de cette initiative le point de départ d'un véritable front d'opposition unifié», a-t-il par ailleurs dit dans une interview au quotidien français Le Monde.

L'opposition syrienne, unie autour de l'objectif d'un État démocratique, «porte l'héritage de 48 ans de dictature sanguinaire», a jugé M. Ghalioun.

Pour sa part, le régime syrien qui ignore les condamnations internationales, et accentue sa répression, est décidé à se battre jusqu'au bout.

«La priorité aujourd'hui est de ramener la sécurité et la stabilité et d'avancer dans les réformes», a ainsi affirmé la conseillère du président Assad Bouthaïna Chaabane, dans des déclarations publiées par la presse locale.

«Les pressions occidentales exercées sur la Syrie font partie de vastes plans visant à effriter le monde arabe», a-t-elle affirmé.

Jeudi, le président français Nicolas Sarkozy, a dédié sa première visite en Libye depuis la révolte qui a renversé le dirigeant Mouammar Kadhafi «à tous ceux qui espèrent» une «Syrie libre».

«Je rêve que les jeunes Syriens aient les mêmes chances que les jeunes Libyens» et qu'ils puissent se dire aussi que «la démocratie, c'est pour nous», a affirmé M. Sarkozy lors d'une conférence de presse commune avec le premier ministre britannique David Cameron et les chefs des nouvelles autorités libyennes.

Source: http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/crise-dans-le-monde-arabe/syrie/201109/15/01-4447930-syrie-manifester-jusqua-la-chute-du-regime.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_crise-dans-le-monde-arabe_1415782_section_POS2

Tag(s) : #Moyen et Proche Orient