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syrie_refugies_turquie.jpgLes Syriens se préparent une fois de plus à défier le régime du président Bachar al-Assad en marchant dans les rues de leur pays après la prière du vendredi dans les mosquées. La journée est dédiée à un héros de la révolte syrienne contre le mandat français, Saleh al-Ali.

Jusqu'ici toutes les manifestations en faveur de libertés politiques tenues après la prière dans les mosquées ont été réprimées dans la violence.

Depuis le début du soulèvement syrien, près de 1300 personnes ont été tuées par les forces de sécurité, selon les organisations de défense des droits de la personne. Quelque 10 000 autres auraient été arrêtés.

L'afflux de réfugiés croit à la frontière turque

Dans la province d'Idlib, dans le nord du pays, la population continue cependant de fuir vers la Turquie devant l'avancée de l'armée syrienne, accusée par les réfugiés de multiplier les exactions contre les civils.

Selon une source officielle turque, 9700 Syriens sont maintenant entrés en Turquie, où ils sont pris en charge dans des camps du Croissant rouge turc dans la province de Hatay.

Des milliers d'autres sont dans des camps de fortune du côté syrien de la frontière.

Les plus récents réfugiés racontent comment l'armée a investi le village de Choughour al-Kadima, jeudi.

« L'armée est venue et a placé des tanks et des tireurs d'élite dans le secteur. Ils ont commencé à tirer sur tout le monde », raconte un résident de la ville qui se prénomme Abu Nuaar.

« Nous sommes partis avec rien, absolument rien. Nous avons seulement quelques vêtements pour les enfants », raconte un de ses concitoyens, Abou Ahmed, arrivé à la frontière avec sa femme et ses six enfants.

« Notre crime a été de prendre part aux protestations », renchérit Halid, un voisin d'Abou Ahmed. « Partout dans le monde, les gens peuvent protester, mais pas nous. C'est interdit depuis 40 ans. Nous avons protesté, et c'est le prix que nous devons payer ».

Selon un militant des droits de la personne contacté par AFP, l'armée syrienne a aussi lancé un raid sur la ville de Janudiyeh.

« L'armée est arrivée de tous les côtés. Ils ont commencé à tirer au centre du village. Des gens étaient blessés, mais nous ne savons pas ce qui leur est arrivé », raconte une résidente de Janudiyeh.

Plusieurs villages ont été investis par l'armée syrienne depuis que les médias officiels ont annoncé la mort de 120 membres des forces de sécurité aux mains de « groupes armés » à Jisr al-Choughour au début du mois de juin.

Des témoins locaux rapportent plutôt que ces morts sont survenues au cours d'une mutinerie.

Depuis, l'armée syrienne a investi non seulement la ville de Jisr al-Choughour, mais aussi, Maarat al-Noumann, Khan Cheikhoune, et plusieurs autres petits villages des environs. Maarat al-Noumann, une ville de 100 000 habitants, est située le long de la route liant la capitale Damas à Alep, deuxième ville du pays.

D'autres villes ont aussi été investies par l'armée depuis le début de cette contestation sans précédent du régime du président Al-Assad, à la mi-mars, dont Deera, berceau de la contestation dans le sud du pays, ainsi que Homs, Hama et Banyas.

Un homme d'affaires proche d'Al-Assad quitterait les affaires

Jeudi, la télévision officielle a annoncé que le puissant homme d'affaires syrien Rami Makhlouf, cousin du président al-Assad, quitte le monde des affaires pour se reconvertir dans les oeuvres caritatives.

Makhlouf, surnommé la « pieuvre de l'économie syrienne » est honni par la population, qui l'accuse de s'être enrichi grâce aux faveurs du régime. Il est l'un des 13 membres du régime visé par des sanctions de l'Union européenne, dont un gel de ses avoirs et une interdiction de voyager.

Il possède notamment Syriatel, principal opérateur de téléphonie mobile syrien, et plusieurs autres entreprises dans le secteur du pétrole, de la construction, du transport aérien, de l'hôtellerie. Il possède en outre des parts dans une banque.

L'agence officielle de presse Sana précise qu'il mettra en vente en bourse les 40 % du capital de Syriatel qu'il détient et que les fonds ainsi obtenus serviront à financer « la prise en charge des familles des martyrs de Syrie qui ont été tués dans les événements récents ».

Depuis le début du soulèvement syrien, près de 1300 personnes ont été tuées par les forces de sécurité, selon les organisations de défense des droits de la personne. Quelque 10 000 autres auraient été arrêtés.

Source: http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/06/17/001-syrie-vendredi-manifs.shtml

Tag(s) : #Moyen et Proche Orient