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president-tunisien-ben-ali.jpgUn mois après le début des émeutes en Tunisie, le président Ben Ali a donné des gages importants aux manifestants, à l'opposition et à la communauté internationale. Lors d'un discours très attendu jeudi 13 janvier, il a promis plus de libertés aux Tunisiens, la baisse du prix des produits de première nécessité et s'est engagé à ne pas se représenter à l'élection présidentielle de 2014.

"Pas de présidence à vie, et je refuse de toucher à la limite d'âge fixée par la Constitution", a déclaré le président, au pouvoir depuis 1987 et qui a été réélu en octobre 2009 pour un mandat de cinq ans.

La Constitution limite l'âge des candidats à la présidence à 75 ans, et il était question pour ses partisans de l'amender pour que Zine El-Abidine Ben Ali se représente en 2014, date à laquelle il aurait 77 ans. Né le 3 septembre 1936, le président tunisien en a aujourd'hui 74.

"JE VOUS AI COMPRIS"

Dans l'immédiat, il a ordonné aux forces de l'ordre de ne plus tirer sur les manifestants et a annoncé une baisse du prix des denrées de première nécessité telles que le pain, le lait, le sucre. C'est l'augmentation des biens de première nécessité et le chômage qui sont à l'origine des troubles sociaux que connaît le pays depuis la mi-décembre.

"Assez de tirs à balles réelles", a-t-il déclaré dans ce discours prononcé en tunisien dialectal dans une intention apparente de se faire comprendre par tous les Tunisiens (voir la vidéo non sous-titrée). "Je refuse de voir de nouvelles victimes tomber. (...) Assez de violences, assez de violences", a-t-il poursuivi, en affirmant que "personne ne serait plus inquiété à moins qu'il ne tente de se saisir de l'arme d'un agent de l'ordre." "Je vous ai compris", a martelé le président à plusieurs reprises.

LIBERTÉ "TOTALE"

Le président a aussi promis la liberté "totale" pour l'information et Internet. Dans un rare aveu, il a également admis avoir été "trompé" sur l'analyse de la crise sociale qui agite la Tunisie depuis près d'un mois et affirmé que l'enquête qu'il a ordonnée serait indépendante et établirait les "responsabilités de chacun".
 

"La situation aujourd'hui nécessite un profond changement et de travailler main dans la main [le pouvoir et les opposants] pour le bien du pays", a assuré le président tunisien. "Je réaffirme ici que j'ai l'intention d'approfondir la pratique démocratique et de revitaliser le pluralisme", a encore déclaré M. Ben Ali.

Le président, qui intervenait pour la troisième fois à la télévision depuis le début des troubles, tente de répondre au mouvement sans précédent qui a embrasé le pays depuis la mi-décembre. Le mouvement a débuté à Sidi Bouzid, dans le centre-ouest, avant de s'étendre à d'autres villes, pour toucher la capitale et ses environs ces dernières quarante-huit heures.

TUNIS ET SA RÉGION SOUS TENSION

Le 28 décembre, M. Ben Ali avait regretté les événements de Sidi Bouzid et dénoncé une "instrumentalisation politique de certaines parties". Il avait souligné"l'impératif de respecter la liberté d'opinion et d'expression et le souci de les consacrer dans la législation et la pratique".

Dans un second discours, lundi 10 janvier, il a promis 300 000 emplois sur deux ans et dénoncé "des actes terroristes" orchestrés depuis l'étranger. Après cette dernière intervention, les troubles s'étaient étendus à travers le pays, touchant même des villes jusqu'alors épargnées. Et ce malgré le renvoi de deux ministres du gouvernement tunisien.

Jeudi matin, un bilan de la Fédération internationale des ligues de droits de l'homme (FIDH) établissait à soixante-six le nombre de morts depuis le début des troubles. Tunis, où un couvre-feu a été décrété, est sous haute tension depuis mercredi. De violents affrontements opposent la police et les unités anti-émeutes qui quadrillent la ville. Selon la présidente de la FIDH, la Tunisienne Souhayr Belhassen, huit personnes ont été tuées dans la capitale au cours des violences qui ont eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi. Cinquante auraient été blessées

Source: http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/01/13/ben-ali-promet-de-passer-la-main-en-2014_1465345_3212.html

Tag(s) : #Afrique de l'Ouest