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tunis-violences.JPGCe dimanche 27 février, tandis que le centre de Tunis était le théâtre de nouveaux heurts , le Premier ministre Mohammed Ghannouchi a cédé à la pression de milliers de manifestants qui réclamaient son départ : il a annoncé sa démission au cours d'une conférence de presse. Mohammed Ghannouchi avait pris les rênes d'un gouvernement de transition après la chute le 14 janvier du président Ben Ali, chassé par la rue. Hier, les violents affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont fait trois morts. Plus d’une centaine de personnes ont été arrêtées. Le ministère de l’Intérieur a attribué ces actes de violence contre la police à «un groupe d’agitateurs infiltrés dans les rangs de manifestants pacifistes».

Dans la Kasbah de Tunis, sous les fenêtres du Premier ministre, les manifestants arrivaient en flot continu à la mi-journée: des jeunes, des anciens, mais aussi des familles avec enfants. Ils sont déjà plusieurs milliers, déterminés surtout après les violences et les trois morts d’hier, avec les mêmes slogans que ceux du lendemain de la révolution comme « Ghannouchi dégage !», «Les onze ministres qui nous volent la révolution ».

Ils demandent aussi le départ de certains membres du gouvernement français, comme Michèle Alliot-Marie. Tout cela dans une ambiance relativement sereine à la Kasbah car dans le centre de Tunis, on signale de nouvelles tensions. C’est d’ailleurs pour cela que les hélicoptères, qui tournent en permanence au dessus de la capitale tunisienne, sont copieusement sifflés par la foule à chacun de leur passage.

Beaucoup de manifestants ont passé la nuit dans le centre-ville. Des tentes sont plantées un peu partout. Et pour parer à tout éventuel dérapage, le Croissant-Rouge s’est également massivement déployé.

Après les affrontements d’hier avec la police sur l’avenue Bourguiba, désormais totalement bouclée jusqu’à minuit ce soir, beaucoup dénoncent un retour des méthodes dictatoriales de Ben Ali, signe, selon eux, de la persistance de l’ancien régime. Tous craignent un retour en arrière. Pour eux, la révolution est loin d’être terminée.

En plus du départ de Mohammed Ghannouchi, ils demandent donc une nouvelle Constitution, une Assemblée constituante, la dissolution du Parlement toujours dominé par des anciens du parti du président déchu. Et ils l’assurent : tant qu’ils n’auront pas obtenu satisfaction, ils continueront chaque jour les manifestations.

Source: http://www.rfi.fr/afrique/20110227-tunisie-nouvelles-violences-capitale

Tag(s) : #Afrique de l'Ouest