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CRIMEA_UKRAINE-CRISIS_0.JPGIls ont été nombreux à voter au référendum sur le rattachement de leur région à la Fédération russe : plus de 80%, selon l'agence de presse russe Interfax. Et c'est un plébiscite : 95,5% des électeurs de Crimée se sont prononcés pour l'union à la Russie, selon le président de la commission électorale locale. Le Premier ministre criméen annonce que le rattachement sera officiellement demandé ce lundi.

81% de participation et 95,5% d'électeurs favorables à l'intégration de la Crimée à la Russie. Tel est le premier résultat officiel du scrutin référendaire tant décrié organisé dans la péninsule ukrainienne. Même si les chiffres avancés ce dimanche soir seront sans doute remis en cause par le camp adverse, ils ont de quoi ravir les milliers de pro-russes qui s'étaient rassemblés sur la place centrale de Simferopol en début de soirée, devant l'estrade installée depuis une semaine par les autorités séparatistes. « Nous n'aurions jamais du quitter la Russie », a confié en soirée un homme présent dans la foule à nos envoyés spéciaux sur place, Daniel Vallot et Richard Riffonneau. Il avait le « sourire aux lèvres et le regard brillant », confient ces derniers.

Peu avant l'annonce des premières estimations, sur la scène, des groupes de danse folklorique ont succédé aux orateurs chargés d'annoncer au fil de la soirée les résultats. Puis, à l'annonce du premier sondage, les gens se sont mis à faire la fête, comme à Sébastopol. Dans l'assistance : une véritable forêt de drapeaux russes et criméens étendus sous la statue de Lénine et devant le siège des autorités locales. Mais aussi des slogans favorables à la Fédération russe et à Vladimir Poutine. Les gens sont venus en famille ou entre amis. Ils reprenaient en chœur les chants patriotiques diffusés sur l'estrade, et se prenaient en photo pour immortaliser un instant qu'ils disent avoir attendu depuis l'indépendance de l'Ukraine en 1991.

Sergueï Axionov, le dirigeant séparatiste qui s'est emparé du pouvoir il y a deux semaines, et qui a mené à son terme ce référendum - qualifié d'illégal par l'Ukraine, par les Etats-Unis et en Europe -, a lui aussi été célébré par la foule. Après l'annonce des premières estimations, il s'est réjoui du choix « historique » opéré par les habitants de la péninsule. Et a annoncé que le Parlement de Crimée demandera officiellement son rattachement à la Russie lundi. Avant d'aller lancer à ses partisans, qui scandaient l'hymne russe : « Nous rentrons à la maison ! »

Aux Etat-Unis, la Maison Blanche « rejette » en revanche les résultats du scrutin et prévient que la Russie devra assumer un « coût accru », des nouvelles sanctions donc, pour son intervention militaire, considérée à Washington comme une violation du droit international. Le scrutin s'est déroulé en présence de troupes russes, qui contrôlent la région depuis deux semaines aux côtés de milices séparatistes. Avant même l'annonce des premières tendances, le drapeau de la Russie surplombait déjà les bâtiments officiels de Sébastopol, port d'attache historique de la flotte russe en Crimée.

MM. Obama et Poutine se sont entretenus au téléphone ce dimanche soir. Chacun campant sur sa propre lecture du droit international, ils ont tout de même convenu de chercher ensemble à stabiliser la situation. Le président russe a annoncé qu'il faudrait prochainement déployer des observateurs de l'OSCE non pas seulement en Crimée mais dans l'ensemble des régions du pays. Barack Obama a assuré à son homologue de Moscou que le référendum ne sera « jamais » reconnu, ni par son pays, ni par la communauté internationale.

La communauté russophone s'est fortement mobilisée. Quant aux adversaires au rattachement à la Russie, qu'il s'agisse des Tatars et des habitants de souche ukrainienne, ils ont fait profil bas. Aucun rassemblement n'a été organisé durant cette journée de vote, qui s'est déroulée sans incident majeur. Les partisans de l'Ukraine avaient appelé au boycott du référendum, le qualifiant d'illégal. A l'avance, ils estimaient que les résultats en seraient falsifiés.

Mais qu'à cela ne tienne, l'issue de ce bras de fer est scrutée avec la plus grande attention dans les autres régions ukrainiennes. A l'issue d'une manifestation en faveur du rattachement à la Russie, tenue ce dimanche 16 mars sous les averses de pluie et de neige, des manifestants pro-russes ont pénétré dans les sièges du parquet et des services spéciaux à Donetsk, une ville russophone de l'est du pays.

Comme le rapporte notre envoyé spécial sur place, Laurent Geslin, les pro-Russes de Donetsk entendaient compter leurs forces et réclamer la libération de Pavlo Goubarev, l'homme qui s'est auto-proclamé gouverneur de la région et revendiquait le droit à un vote pour un rattachement à la Russie - avant d'être arrêté le 6 mars dernier. Mais seules quelques milliers de personnes se sont rassemblées place Lénine, dans le centre de la capitale du Donbass, avant de se diriger, dans un premier temps, vers le parquet régional.

Après quelques minutes de face-à-face avec les forces de l'ordre, et sans que la police n'oppose la moindre résistance, les protestataires ont finalement investi le bâtiment et hissé le drapeau russe. Puis le même scénario s'est répété une heure plus tard devant le siège du SBU, les services secrets ukrainiens. Comme les semaines précédentes, les manifestations pro-russes de Donestk sont donc loin de mobiliser les foules, mais les nouvelles autorités nommées par Kiev dans la région semblent totalement incapables de prendre le contrôle des forces de police.

Source: http://www.rfi.fr/europe/2min/20140316-ukraine-referendum-vers-plebiscite-union-rattachement-crimee-russie/

Tag(s) : #Europe