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charlie-hebdoUn groupe turc revendique le piratage du site web de l'hebdomadaire Charlie Hebdo, dont les locaux ont par ailleurs été la proie d'un incendie, mercredi.

Le groupe Akincilar (nom d'une ville turque) a envoyé une lettre au Nouvel Observateur dans laquelle il explique que la publication est devenue sa cible « en raison de son matériel qui heurte [sa] religion et [ses] valeurs ». Charlie Hebdo s'apprêtait à publier une édition spéciale de son journal rebaptisé « Charia Hebdo » avec en une, une caricature de Mahomet.

Mercredi, on pouvait voir des messages islamiques en anglais et en turc sur la page d'accueil du site de Charlie Hebdo. « Vous continuez de maltraiter le prophète Mahomet avec des dessins dégoûtants et honteux en prétextant la liberté d'expression », pouvait-on lire.

Akincilar nie toutefois tout lien avec l'incendie des locaux de Charlie Hebdo.

« Bien des gens pensent que les pirates sont de mauvaises personnes [...]. Cependant, nous nous efforçons de ne pas attaquer la base de données des sites web que nous attaquons, et nous mettons seulement notre message sur leur page d'accueil », explique Akincilar. « Nous n'avons jamais envisagé d'attaquer les valeurs religieuses d'autrui, et ne l'envisagerons jamais. La tolérance et le respect envers les autres religions est un de nos principes religieux », poursuit le groupe.

Jeudi, le site Charliehebdo.fr demeure inaccessible en raison de menaces de mort adressées à l'hébergeur de l'édition, qui est basé en Belgique. « Soit la police les rassure et on parvient à les convaincre de le remettre en ligne, soit on change d'hébergeur », a déclaré la responsable du site, Valérie Manteau.

Charlie Hebdo riposte dans Libération

Jeudi, les dessinateurs de Charlie Hebdo ont publié une série de caricatures dans le journal français Libération. Les dessins traitent de manière humoristique de l'attaque qu'a subie l'hebdomadaire. « Après la Grèce, sauvez Charlie », titrait la couverture du journal.

« Après l'incendie de leurs locaux, l'équipe [de Charlie Hebdo] revendique sa « liberté de dérision ». » — Libération

« Notre problème, maintenant, c'est de nous assurer que l'on puisse sortir notre journal mercredi prochain », explique le directeur de la publication, Stéphane Charbonnier.

Mercredi, les membres de la gauche et de la droite de la classe politique française se sont publiquement indignés contre l'attaque présumée des locaux de Charlie Hebdo. « La liberté d'expression est un droit inaliénable dans notre démocratie », a déclaré le premier ministre français, François Fillon. « Aucune cause ne peut justifier un tel acte de violence », a-t-il ajouté.La ministre de l'Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, considère quant à elle que « ceux qui ont fait ça se désignent eux-mêmes comme des ennemis de la démocratie ».Le président du Conseil régional du culte musulman, Hassan Moussaoui, a déclaré qu'il condamnait fermement l'incendie, mais qu'il condamnait aussi l'acte de Charlie Hebdo.Le journal a assuré qu'il n'est pas « contre les musulmans pratiquants », mais plutôt « contre tous les intégrismes religieux ».

Source: http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/11/03/003-charlie-hebdo-akincilar-liberation.shtml

Tag(s) : #Europe