
« L'utopie n'est que le nom donné au réformes lorsqu'il faut attendre des révolutions pour les entreprendre » Jacques Attali
Très cher(e)s compatriotes, de tout temps, le caractère machiste de l’homme a fait de lui
le “sexe fort” de l’espèce humaine. Selon certaines traditions, la femme n’existe que pour obéir et se soumettre aux ordres ; selon ces mêmes traditions la femme n’est qu’un instrument pour
divertir l’homme.
Ne serait-il pas là le début de l’injustice ?
Ne serait-il pas là la cause de l’égarement du monde d’aujourd’hui ?
Ne serait-il pas là, justement, la source des nos multiples problèmes sociaux, économiques et culturels?
Inutile de réveiller des débats religieux quand il s’agit d’homosexualité, de corruption, de télédiffusion immorale, d’inceste, de pédophilie, d’infidélité, …, de bon sens moral (qui est le
principe même de la religion et du droit commun) ; mais dès qu’on évoque le problème des droits de la femme les “sages hommes” le recentre immédiatement dans un débat religieux interminable.
Cette attitude a développée chez l’homme des stéréotypes machistes qui expliquent certainement, en grande partie, son incapacité à résoudre pacifiquement les multiples problèmes de nos
sociétés.
Où avons-nous cultivés ces instincts de violence ?
Nulle part ailleurs que dans nos foyers. Car l’homme, de fait, n’acceptant pas l’équité de droits avec la femme, pour des raisons de complexe, religieuses ou traditionnelles, n’a d’autres moyens
pour se faire respecter au sein du foyer que de faire valoir le caractère morphologique qui le distingue de la femme, car il a été scientifiquement prouvé que les femmes sont généralement plus
habiles, intelligentes et possèdent des qualités mentales beaucoup plus élevées que celles de l’homme.
Ainsi, frères et sœurs, ne voyons-nous pas que l’inéquité entre femmes et hommes est une injustice à conséquences profondes dans nos sociétés ?
La célèbre Gandhi ne disait-elle pas : « Appeler les femmes "le sexe faible" est une diffamation ; c'est l'injustice de l'homme envers la femme. Si la non-violence est la loi de l'humanité,
l'avenir appartient aux femmes ».
Je cite : « Moins nous aurons de femmes battus et brutalisées, moins nous aurons de conflits dans nos sociétés ; A chaque abstention à la violence pour résoudre les malentendus conjugaux,
nous évitons du coup des conflits potentiels car nous aurons appris aux futures responsables (nos enfants) une façon, autre que la violence, de résoudre un problème : c’est la non violence, la
diplomatie ».
Cependant, nous ne pouvons pas parler des droits de la femme aujourd’hui sans noter la remarquable bataille menée par les femmes occidentales, qui, aujourd’hui jouissent de la quasi-totalité de
leurs droits car il est important de noter que, ça n’a pas toujours été des acquis puisque ce n’est qu’en 1944 que la France (Pays fondateurs des droits de l’Homme) accorda le droit de vote aux
femmes françaises.
Et comme si nous devions réparer notre injustice envers les femmes, il existe aujourd’hui une étroite relation entre le développement d’une nation/continent avec le niveau d’épanouissement et
d’instruction de la femme.
Ainsi, nous aurons compris qu’il ne suffit pas de connaître le PIB par habitant (PIB/Hts) d’une nation pour conclure qu’elle est développée ou pas, car le plus souvent la règle des 20/80 est
toujours respectée dans le partage des richesses.
Aujourd’hui, c’est le : « Donnez moi le niveau d’instruction et d’épanouissement de la jeune fille en milieu rural dans votre nation/continent, je vous direz votre niveau de
développement ».
Cher(e)s frères et sœurs, guinéennes et guinéens, il n’est une inconnue pour personne que de toutes les richesses naturelles, la plus féconde, la plus importante et la plus sacrée reste et sera
pour toujours la Ressource Humaine.
En tout cas, le guinéen, mieux que quiconque, aura compris qu’il ne sert absolument à rien de posséder toutes les richesses naturelles du monde, si les ressources humaines ne sont pas recentrées
au cœur de toutes ces richesses, nous nous retrouverons exactement dans des situations similaires à celles que nous vivons en Guinée depuis près d’un demi-siècle, et surtout à des phénomènes de
migration qui vide la guinée et l’Afrique de son potentiel humain.
Ceci parce que, selon le principe de la rationalité naturelle de l’homme, il n’y a pas à se poser des questions sur les phénomènes de migration, puisque l’Homme se déplace naturellement vers le
milieu où il dépense le moins d’effort pour gagner plus …
Evidemment que ces migrations devrait être beaucoup plus important avec cette nouvelle donne du 21ème siècle, qui n’est autre que la globalisation, concept définit par le Fonds Monétaire
International comme étant: « l’interdépendance économique croissante de l’ensemble des pays du monde, provoquée par l’augmentation du volume et de la variété des transactions
transfrontalières de biens et de services, ainsi que des flux internationaux de capitaux, en même temps que par la diffusion accélérée et généralisée de la technologie » ; plus d’un ne
devrait être étonner par ces magnifiques mutations sociétales : délocalisations, fusions, absorptions, démocratisation, flux de capitaux, uniformisation, ….
Cependant, des interrogations surgissent dès que nous évoquons l’un des points sensibles de cette globalisation : les flux de capitaux, plus particulièrement le Capital Humain.
De plus en plus, la migration, notamment clandestine, ne fini de défrayer la chronique avec des images et catastrophes qui sont loin d’être dignes d’un monde humain. Car après tout, c’est
l’espèce humaine toute entière qui est salie.
D’où, nous déplorons considérablement les attitudes des occidentaux vis-à-vis de ce problème d’immigration clandestine dont ils s’en orgueillissent à traiter simplement comme étant une simple
question de demande et d’offre.
Lorsque la France décide d’expulser des milliers d’immigrés, de se rendre au Sénégal pour signer des traités pour faciliter l’expulsion d’immigrés, de surveiller toute une mer,… nous nous
demandons réellement si c’est pour résoudre le problème ou pour des questions électorales ;
Lorsque l’Espagne, ayant le privilège naturel de recevoir ces naufragés de la misère, décide de les placer dans des camps à l’image d’un troupeau de volaille atteint de la grippe aviaire ;
qu’elle se rende un peu partout sur le contient africain et notamment en Guinée pour signer des accords pour limiter l’immigration clandestine, alors nous nous demandons qu’elle marque
d’humanisme et de respect des droits universels de l’homme ;
Lorsque la Suisse, pays humaniste par excellence jadis, donne l’exemple d’une nation pilleuse de ressources humaines à tout un continent à la recherche de solution adéquate concernant
l’immigration, alors nous nous inquiétons de la courte mémoire de certaines grandes nations ;
Lorsque les Etats-Unis édifient un mur sur des centaines de milliers de kilomètres pour bloquer des humains à la quête d’un avenir meilleurs alors que celui de Berlin vient de s’écrouler il y a à
peine 15 ans, alors nous nous disons qu’il y a vraiment un manque global de solution à l’une des conséquences les plus pitoyable de cette globalisation ;
Prétendent-ils peut-être détenir la source de ce problème en surveillant côtes et mers ?Prétendent-ils peut-être résoudre le problème en bâtissant murs et barbelais ? Mais ils négligent
certainement le rôle, direct ou indirect, qu’ils jouent dans l’accroissement de la misère et surtout de la défaillance de l’éducation et de la scolarisation de la jeune fille en milieu rural au
Sud.
Il est tout à fait logique que les habitants de la campagne désertent les villages pour les grands centres urbains où ils peuvent gagner, à égalité d’effort, plus que ce qu’ils gagnent en
campagne.
Et ce phénomène se fait remarquer un peu partout dans le monde, du Canada jusqu’en France, en passant par la Suisse. A la seule différence que chez nous, au Sud, même dans les centres urbains il
n’y a plus rien à gagner.
Alors posons la question à ces chasseurs d’immigrés à savoir : À leur place vous auriez fait comment ?
Vous vous rendrez certainement et naturellement à l’endroit où vous penserez pouvoir gagner votre vie et vivre dans le confort avec le moins d’effort possible, et ce, au risque même de perdre
votre vie puisque vous n’aurez plus aucun rêve à nourrir chez vous.
L’Afrique a de tout temps servi involontairement ou volontairement la cause des nations impérialistes, mais également la cause de la stabilité mondiale.
Involontairement, car il faut comprendre et ne pas ignorer l’aspect négatifs du rôle joué par les occidentaux qui on su tirer profit de l’ignorance des autochtones africains pour piller toutes
les ressources humaines valides vers des champs à travers le fameux commerce triangulaire.
Non ! Nous ne regrettons pas notre passé et notre histoire car nos grands parents ont combattus jusqu’au derniers souffles l’envahisseur pour protéger leurs territoires;
Volontairement, car il ne faudrait pas oublié, déjà, le pillage conscient de nos ressources humaines et naturelles via une colonisation consciente et non humaine, mais surtout l’engagement
complet des ressources humaines et matérielles africaines dans la libération et le combat pour la paix lors des deux guerres mondiales.
Non ! Nous n’en voulons pas à l’histoire et ne condamnons pas pour autant les occidentaux, car nous avons été dominé dès le départ par ceux parmi l’humanité qui n’ont eu aucun choix que celui de
se battre férocement contre la nature pour continuer à exister.
Cependant, il serait pitoyable que l’humanité ignore : «Qu’il y a un déphasage considérable entre le profil des ressources humaines dont le système a besoin et la vague de ressources humaines
qui migre clandestinement vers le nord » ; Ce sont les imperfections du système ultra libéral ou mondialisé :
Soit nous cherchons à traiter le problème à la source afin de rééquilibrer les compétences des ressources humaines entre nord et sud pour pérenniser le système ;
Soit nous tendons vers le déclin du système comme beaucoup de grands penseurs l’ont prédit car, en imaginant un peu ce que cela donnerai si les nations riches d’aujourd’hui construisaient
des forteresses pour s’y protéger, alors que hors des frontières la misère se fait de plus en plus grande, certainement que les prolétaires du monde entier s’uniront pour renverser la donne
…
«Lutter contre l’immigration clandestine, la pauvreté, les conflits, les MST,… c’est d’abord lutter contre les régimes clientélistes en Afrique et surtout encourager un développement durable
axé sur l’éducation et la scolarisation de la jeune fille en Afrique, plus généralement dans le tiers monde »
La jeune fille en milieu rural est la première victime des conséquences de la mal gouvernance, elle apparaît comme le vecteur essentiel de tous les maux économiques et sociaux et elle reste
l’ultime solution à nos multiples problèmes sociaux et économiques. Nous espérons certainement:
· Réduire l’immigration clandestine
· Réduire la transmission des MST,
· Adapter le taux de natalité,
· Eradiquer le paludisme,
· Réduire le taux de mortalité infantile,
· Réduire les conflits
· Réduire la criminalité et la violence,
· Réduire la pauvreté,
· Accroître le civisme, l’intégrité et la créativité
· Développer et préserver nos ressources humaines pour ne plus être victime d’immigration choisie,
Cher(e)s frères et sœurs, si réellement nous voulons éradiquer tous ces maux et accroître toutes ces qualités et potentialités, alors nous devons favoriser l’épanouissement des femmes africaines,
surtout encourager le secteur de l’Education et militer pour la scolarisation de la jeune fille en milieu rurale, car une jeune fille scolarisée veut tout simplement dire :
· Diminution des mariages précoces du fait de l’engouement pour les études ;
· Diminution du taux de natalité qui est une conséquence de la précédente ;
· Diminution des violences conjugales, responsabilisation et ingérence de la femme dans les prises de décisions ;
· Diminution de la délinquance, criminalité et des conflits du fait de l’éducation des futures mères vectrices des premières leçons ;
· Diminution des risques de transmission des maladies sexuellement transmissibles par l’accès aux informations et à la mobilisation pour la sensibilisation ;
· Eradication de l’immigration clandestine et encouragement de la migration formelle ;
Malgré toute cette importance liée à l’éducation des ressources humaines, dans nos sociétés africaines, plus particulièrement en Guinée, l’éducation apparaît comme étant l’un des secteurs les
plus marginalisés des gouvernants dictateurs, et la scolarisation de la jeune fille en milieu rural reste un grand tabou. Il est nécessaire de signaler que : En Guinée, chaque année, il y a
plus de 10 écoles et établissements qui ferment en campagne par faute de matériels pédagogiques mais surtout d’enseignants qui préfèrent se rendre dans la capitale et les grands centres urbains
où ils peuvent exercer parallèlement d’autres services pour percevoir plus ; De plus, une fois en capitale et dans les centres urbains, d’abords les élèves et étudiants n’ont pas tous
accès aux centres éducatifs complètement défaillants, mais en plus les professeurs et enseignants sont certainement au bout de leurs peines car arrivent à peine à nourrir leurs familles ; De là,
les privilégiés profitent du népotisme cultivé pour rejoindre l’occident afin d’avoir accès aux grandes écoles ; La grande majorité tente l’aventure clandestine dont, tous, nous connaissons le
sort ; Ceux qui restent continuent à vivre le calvaire et manifestent souvent pour revendiquer leur droit à l’éducation, et là ils subissent de sanglantes répressions, comme ça été le cas
tout récemment lors des évènements des 12 et 13 juin 2006 en Guinée.
Qu’est ce que les occidentaux pensent de cela ?
Comment l’Europe, plus généralement l’Occident, peut-elle résoudre le problème de l’immigration clandestine en traitant avec des interlocuteurs ayant récoltés, engrenés, affamés et poussés vers
le nord la multitude de ressources humaines dépouillées de nos nations ?
Comment peut-elle traiter avec des interlocuteurs qui ne reflètent aucunement l’opinion majoritaire dans nos nations ?
Ne serait-il pas une façon d’encourager la médiocratie dans nos nations ?
Ne serait-il pas là le début de l’hypocrisie internationale ?
Il est certain que ce 21ème siècle s’annonce avec beaucoup de défi à relever, mais il serait vraiment lacunaire de penser que le défi du développement durable de l’Afrique est le moins
important.
« Il faudrait que, à l’image du consensus sur la résolution du conflit au Liban, à l’image du consensus sur les sanctions approuvées contre la Corée du Nord par rapport à son essai nucléaire,
il faudrait à l’image de ces résolutions exemplaires que l’Organisation des Nations Unies (ONU) accroisse son pouvoir d’action sur le continent Africain afin de refonder l’Union Africaine, qui
apparaît plus comme une structure mitigée qu’une structure d’action» ;
« Il faudrait nécessairement redéfinir une charte liée au respect de la dignité humaine afin de donner le pouvoir aux nations unies d’intervenir à la source des problèmes pour empêcher
certains carnages » ;
« Il faudrait que les nations Unies à travers ces divers programmes, s’occupent de la question de l’immigration clandestine et surtout de la scolarisation de la jeune fille en milieux rural,
notamment en Afrique » ;
« Il faudrait que les Nations Unies fixe un seuil minimum (exprimé en pourcentage du budget des Etats) dont chaque Etat membre serait obligé de réinvestir dans le secteur de l’éducation, car
investir dans l’éducation c’est poser les jalons d’un développement durable qui assurera certainement l’avenir de nos nations ».
Cher(e)s frères et sœurs, il apparaît une pitoyable remarque par rapport à l’évolution de la conscience humaine. Il suffit juste de jeter l’œil un peu partout dans le monde pour s’apercevoir que
nous courons à notre perte.
Toutes les données sont là pour nous persuader d’abandonner cet engouement aveugle pour la « nation super puissante », toutes les données sont là pour nous orienter vers un monde équilibré et
complémentaire. Mais hélas !
Faudrait-il des évènements autres que les multiples calamités naturelles pour nous persuader d’y renoncer ?
Faudrait-il des évènements autres que ces carnages de l’immigration clandestine pour nous persuader d’y renoncer ?
Faudrait-il des évènements autres que ces essais et remilitarisations nucléaires pour nous persuader d’y renoncer ?
Faudrait-il des évènements autres que ces multiples conflits d’intérêts et d’inter-confessions religieuses pour nous persuader d’y renoncer ?
Faudrait-il des évènements autres que ces tensions religieuses pour nous persuader d’y renoncer ?
La seule chose dans je peux être certain est tout simplement que, certes, l’espèce humaine peut être qualifiée d’homo-sapiens, mais la mutation vers l’ « homo humanus », cet humain par
excellence, n’est pas encore à son terme.
« Vive la voix de la jeunesse africaine, vive une globalisation humaine pour que vive l’espèce humaine »