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Où est la vérité?

Loin d’en être un fervent défenseur, mais j’avoue que le libéralisme a ses vertus. Qu’un jeune immigré autrichien, de par sa volonté, arrive à gravir un par un tous les échelons sociaux, jusqu’à devenir le gouverneur de l’un des plus grand Etat au monde, cela se dit : « être libre d’aller au bout de ses rêves ».

Le jour où tout citoyen guinéen, pauvre ou riche, favorisé ou défavorisé, pourra, s’il a la volonté et s’il le souhaite, gravir tous les échelons sociaux jusqu’au plus élevé, par le mérite de sa propre sueur, alors ce jour, oui cher(e)s compatriotes, ce jour tout ceux qui sont tombés dans la lutte pour l’édification d’une démocratie guinéenne auront un oreiller bien doré sur lequel ils reposeront en paix ; ce jour, Dieu même bénira le peuple de Guinée.

A l’image du libéralisme, le socialisme également regorge d’innombrables vertus dont nous nous réservons d’énumérer pour le moment.

Mais contrairement au libéralisme, le socialisme, malgré son aspiration à une société égalitaire, est limité. Il est limité car il mise sur la face sociale de l’humain, alors que le libéralisme mise sur la nature individualiste de l’humain.


Contraindre l’humain à être plus altruiste qu’individualiste est réducteur de l’évolution de toute société car, le plus souvent, la société s’améliore de la valeur ajoutée d’un individu. Dès le départ, l’objectif de l’individu n’est nullement la société dans son ensemble, mais plutôt lui-même.

Demandez à votre meilleur artiste de vous peindre un couché du soleil, certainement qu’il vous rendra le plus beau tableau du moment. Demandez à ce même artiste de peindre ce qu’il ressent, en ce moment il n’aura aucune limite, et ça sera certainement le tableau du siècle.

Tout est question d’ordre et de sens : soit la société accouche de l’individu et le place derrière elle (socialisme), ou alors elle accouche de l’individu pour le mettre en avant (le libéralisme ou l’individualisme). Cela dit, vue que le Zèbre, quelque soit sa férocité, n’a aucune chance de devenir « roi de la jungle », alors le libéralisme ou l’individualisme tel que nous le percevons ici est loin d’être un libéralisme sauvage.

L’individu étant un produit de la société, de même, la société étant faite de l’ensemble des individus, alors il nous paraît tout à fait insensé de dissocier l’un de l’autre. L’individualisme tel que nous concevons se présente comme une fonction croissante du social, selon le sens que l’on emprunte entre : de l’individu vers le social ou du social vers l’individu.

 

En quelque sorte, cela nous ramène à une équation du type : « Individualisme = 2 x Social »

 

Dans un premier sens, nous pouvons partir de l’individu vers le social : si l’individu réalise 10, la société bénéficie de 5 ; Dans un second sens, nous partirons du social vers l’individu : si la société réalise 5, l’individu bénéficie de 10.

Mathématiquement ça l’air très simple, mais nous allons essayer de mieux comprendre et vérifier cette équation ; pour cela, nous nous proposons de l’étudier dans deux univers sociaux distincts : « L’univers social500 » et « l’univers social-500 »

 

L’univers social 500 : c’est un univers où le social existe et assuré avec beaucoup d’attention. Par exemple un pays :

Où l’éducation pour tous est assurée ;

 

Où la santé est assurée ;

 

Où le salaire minimum est garanti ;

 

Où le pouvoir d’achat est garanti ;

 

Où les infrastructures de base sont assurées ;

 

Où la sécurité est garantie ;

 

Où la corruption est minimale ;

 

Où la justice est impartiale ;

 

Où l’administration publique est efficace ;

Bref, où les minimaux vitaux sont assurés.

Dans cet univers de social500, grâce aux conditions sociales élevées, il est possible pour n’importe quel individu ou communauté d’individus, indépendamment de son échelle sociale, de se fixer pour objectif de concurrencer n’importe quel autre individu ou communauté d’individus de n’importe quel autre échelle sociale. Il n’y a aucune entrave limitative de l’horizon individualiste dans l’univers social500.

Dans cet univers social, si l’individu n’arrive pas à atteindre son but, ce qu’il ne se serait pas donné les moyens. Les plus idéalistes nous parlerons de destin, oui nous ne le contestons pas, mais essayons juste de prendre un peu de distance pour avoir un raisonnement le plus scientifique possible.

Dans cet univers social500, tout l’intérêt pour la société sera justement que tout individu, de n’importe quelle échelle sociale, puisse disposer de la faculté de se lancer des défis strictement individualistes, car de l’atteinte ou dans poursuite de ses défis, l’individu crée inconsciemment de la valeur ajoutée pour la société.

Il suffit de voire les quelques avantages dont bénéficie une société entière, grâce à l’existence d’une concurrence loyale entre individu et groupe d’individus.


Ainsi, dans un univers social500, la société à intérêt à encourager l’individualisme, car son bien être s’améliore à mesure que l’individu croit réalisable l’irréalisable.

Donc, nous sommes bien dans le sens où nous partons de l’individu vers le social.

En quelques sortes, selon notre formule, si l’individu, dans la poursuite de ses objectifs absolument individualistes, arrive à réaliser 1000, la société, en plus des conditions sociales assurées, bénéficiera de 500 et ceux qui ne s’en contenteront pas, n’auront aucune entrave et seront libres de se lancer aussi dans l’aventure concurrentielle.

Ainsi de suite, nous tendrons vers une élévation à l’infini des conditions sociales de la communauté et jusqu’à ce que la contrainte géographique amène les individus à se lancer des défis mondiaux.

Nous verrons dans les prochaines analyses que l’une des limites de l’individualisme est justement au niveau des défis mondiaux. Mais pour le moment, il serait important de noter que dans un univers social500, selon notre formule, le progrès social ne sera ascendant qu’à condition que l’individu poursuive ses objectifs sans se préoccuper du social.


L’univers social-500 : c’est un univers où le social est nul ou quasi-inexistant. Par exemple un pays :

Où l’éducation pour tous est loin d’être garantie ;

 

Où la santé n’est pas assurée, où le niveau de vie est dérisoire ;

 

Où il n’y a aucune garantie du pouvoir d’achat ;

 

Où la sécurité est inexistante ;

 

Où la liberté d’expression est bafouée et les droits de l’homme violés ;

 

Où les infrastructures de bases sont absentes ;

 

Où l’administration publique est improductive ;

 

Où la justice n’existe que pour les plus riches ;

 

Où aucun minimum vital n’est garanti.

Pour cet univers social-500, en maintenant toujours le sens qui nous permet de partir de l’individu vers la société, selon notre formule, l’individualisme n’a aucune raison d’exister, car il ne fera qu’accroître la misère et dégrader les conditions sociales dans la société. Ceci parce que à chaque fois que l’individu réalise 1000, la société, au lieu d’en bénéficier, subira -500.

En quelque sorte, l’individu dans cet univers social est plus que individualiste, il est égoïste car il n’hésite pas à profiter de sa position et du cadre social dérisoire pour s’enrichir au détriment de la société dans sa grande majorité.

Pour être pragmatique, dans un univers social-500, l’individu égoïste nourrira le type de calculs suivants :

Vu que l’administration est corrompue, je ne payerai pas mes impôts et je ne dédouanerai pas mes marchandises ;

 

Vu que les services sanitaires sont précaires, je vais faire de la vente de médicaments périmés mon affaire ;

 

Vu que la majorité de la population n’est pas instruite et est pauvre, je vais faire du trafic de drogue mon affaire ;

 

Vu que la sécurité n’est pas assurée, je vais faire du trafic d’armes mon affaire ;

 

Vu que la justice est absente, je ne paie pas mes dettes car j’ai des amis militaires ;

 

Vu qu’il n’y a aucun contrôle, l’exploitation des richesses naturelles ira droit dans un compte en Suisse ;

Ainsi, dans l’univers socila-500, dans le sens allant de l’individu vers le social, vu la dégradation du cadre social, le faussé entre économiquement forts et économiquement faibles ne fera que s’élargir, pour, à terme, arriver à l’existante de deux classes sociales distinctes :

L’une composée des économiquement forts et qui le resteront pour toujours car, non seulement ils contrôlent et réquisitionnent tout l’appareil de production, mais aussi ils occupent tous les postes de décision au sein de la société, donc ils dirigent ;

L’autre composée de la grande majorité des économiquement faibles et qui le resteront pour toujours car, non seulement ils sont naturellement défavorisé, mais de plus sont exploités et dirigé par les économiquement forts qui voient en l’amélioration des conditions de vie des économiquement faibles une perte d’autorité.


Donc, dans cet univers social-500, la majorité des individus ne peuvent même pas nourrir le rêve de grimper d’un échelon social, à plus forte raison celui de se lancer des défis irréalisables.

Dans ce cas, en supposant que le champ ou l’évolution potentielle d’une société se mesure par le degré d’ambition que peut avoir l’individu le plus défavorisé de la société, alors il apparaît que dans l’univers social-500 l’individualisme est réducteur de progrès social ; car la société étant entraînée par la volonté de la majorité de ses éléments, vue les ambitions limitées de cette majorité, alors la société ne progressera que très lentement ou pas du tout.

A la lumière de l’analyse de ces deux univers sociaux, pris dans le sens où nous partons de l’individu vers le social, nous avons pu vérifier que l’individualisme est une fonction croissante du social car, dans l’univers social500 l’individualisme améliore la société, alors que dans l’univers social-500, l’individualisme est réducteur du social.

L’idéal serait d’être dans un univers social500, mais étant dans un univers social-500, pour tout progrès social, il ne s’agit ni de remettre en cause notre formule, non plus de mettre l’individu derrière la société, ce qui aurait pour effet de limiter le champ d’évolution de la société ; tout au contraire, il convient de laisser l’individu en avant de la société, tout en mettant son intérêt dans le social.

En quelques sortes, nous maintenons la notre formule selon laquelle : « Individualisme = 2 x Social »

Cependant, dans l’univers social-500, nous empruntons le sens selon lequel nous partons du social vers l’individu.


En d’autres termes, il s’agit de mettre les intérêts de l’individu dans le social de telle sorte que l’individu soi convaincu que si, dans la poursuite de ses objectifs absolument individualistes, le social gagne 500, lui il bénéficie de 1000.

Donc, nous devons amener l’individu, non seulement à aiguiser sa soif d’individualisme, mais également à participer à l’amélioration du social, ceci en lui récompensant du double de sa contribution.

Pour être pragmatique, dans une société d’univers social-500, au lieu de conditionner l’individu dans une logique égoïste qui consiste à profiter du cadre social précaire et d’une concurrence déloyale pour s’affirmer, il s’agira, à l’opposé, d’amener l’individu à nourrir des calculs tels que :

Si le secteur sanitaire s’améliore, mon affaire doublera ;

 

Si l’éducation pour tous est assurée, mon affaire prendre de l’ampleur ;

 

Si la sécurité est garantie, mon affaire s’améliorera ;

 

Si les salaires et le pouvoir d’achat sont soutenus, mon activité prendra une autre dimension ;

 

Si les infrastructures de bases sont entretenues, mon affaire doublera ;

 

Si l’administration publique est dynamique et efficace, c’est un énorme gain de temps pour moi ;

 

Si la justice est crédible et impartiale, j’aurai moins de litiges ;

Au fur et à mesure que l’individu verra en l’amélioration du social son intérêt, au fur et à mesure l’univers social-500 tendra vers l’univers social500 et, à terme, c’est le sens inverse qui se produira et ce sera à la société d’encourager l’individualisme comme nous l’avons vu dans l’analyse de l’univers social500.

Ainsi, dans un univers social-500, la problématique ne revient pas à remettre en cause la relation selon laquelle « l’individualisme est une fonction croissante du social », mais plutôt comment amener l’individu à trouver son « intérêt absolument individualiste » dans l’amélioration du social. Ça sera cela : « l’individualisme social ».

Toute la question revient donc à : comment amener la société à accoucher d’individus individualistes-sociaux ? C’est à ce niveau qu’intervient le rôle de l’Etat dans une société.

 

Le rôle de l’Etat peut être défini comme une fonction inverse de l’univers social d’une communauté. En quelque sorte, cela peut se traduire par la formule suivante : « Etat= (-1/500) x Social »

 

Donc le domaine d’intervention de l’Etat sera compris entre -1 et 1, selon que l’on se trouve dans un univers social500 ou -500.

-1 : correspondant à une absence quasi-total de l’Etat (la loi du marché)

1 : correspondant à la présence de l’Etat (interventionnisme)

Dans l’univers social500, l’Etat aura un rôle correspondant à -1. Donc dans cet univers, pour tout progrès social, le rôle de l’Etat se limitera, en plus de maintenir le niveau social500, à assurer une bonne observation des lois du marché.

Ainsi, les pays anglo-saxons peuvent être qualifié de pays à progrès social infini car, la société, une fois l’univers social500 atteint, encourage et place l’individu en avant ; Par contre, à univers social égale à celui des anglo-saxons, un pays comme la France d’aujourd’hui peut être qualifié d’un pays à progrès social limité car, malgré un univers social500, il insiste à placer la société devant l’individu.

Cela explique, certainement, l’image que la France offre d’une société mole par rapport à celle des pays anglo-saxons, même si nous observons une certaine tentative de mutation vers le type anglo-saxon.

Par contre, dans un univers socila-500, le rôle de l’Etat correspondra à 1, car pour tout progrès social, l’Etat devra, concomitamment, rehausser l’univers social, encourager l’individualisme-social et décourager l’individualisme égoïste. Or, dans la perspective d’un univers social-500, la seule garantie, pour la société d’avoir un Etat interventionniste qui puisse encourager l’individualisme-social tout en décourageant l’individualisme-égoïste, est d’être dans une
« Démocratie authentique».

Ceci parce qu’un Etat démocratique est un Etat où, grâce a une strict séparation des pouvoirs, il n’y a aucun abus de pouvoirs et où chacune des institutions reflète l’opinion majoritaire.

Dans l’univers social-500, dans la perspective d’une Démocratie authentique, la majorité de la société étant composée de la classe sociale défavorisée, alors c’est à elle que reviendra le rôle de légiférer de telle sorte que l’individu, dans sa quête d’intérêt absolument individualiste, puisse considérer l’accroissement de l’univers social comme un objectif intermédiaire à ses fins.

C’est un passage très important car, en ne niant aucunement la nature individualiste de l’humain, il démontre que autant l’individualisme non-social est réducteur de progrès social, autant le socialisme non individualiste est aussi réducteur de progrès social.

 

Donc, il apparaît un courant « Libéraliste- Sociale » qui voit en l’interventionnisme de l’Etat une fonction inverse de niveau social d’une communauté donnée.

Contrairement à des penseurs comme Karl Marx qui, ayant que très peu foi en la nature individualiste de l’humain, préconisent le communisme, la forme la plus achevée du socialisme qui se caractérise par la collectivisation des moyens de production et la dictature du prolétariat, comme le salut de l’humanité; nous, en vertu du « Libéralisme-Social », ayant foi en la nature individualiste de l’humain, nous préconisons, pour tout salut et progrès de l’humanité, la « Démocratie dans son sens le plus authentique ».

Cependant, là est l’énigme car dans les sociétés à univers social-500, l’expérience a montré que toute la difficulté réside justement dans les moyens d’instauration de l’Etat Démocratique. Car le plus souvent ces communautés se retrouvent dans des régimes dictatoriaux, anarchiques et totalitaires contrôlant tout l’appareil étatique : des forces militaires aux forces intellectuelles, de l’espace médiatique à l’organisation des scrutins, du législatif à la justice.

Ainsi, même si nous ne partageons pas la solution apportée par les marxistes dans l’instauration d’un communisme, cependant, dans l’univers social-500, avec un individualisme non social, nous partageons la conception marxiste de la lutte des classes. Alors, toute la question consiste à :

 

Dans univers social-500, où tout l’appareil étatique est contrôlé par des individus individualistes non-sociaux, faut-il continuer à croire aux élections et aux suffrages universels, ou faut-il penser d’autres moyens d’atteindre l’objectif d’instauration d’une Démocratie Authentique, seul gage d’amélioration de l’univers social ?

Nous nous y pencherons dans les prochaines analyses………

 

« L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes. » Karl Marx

 

Mamadou Oury Diallo

Président de la LDRG