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23-«Promotion de la Bonne Gouvernance en Guinée»

ligue3.1.jpgQue sa soi sur le plan personnel ou à l’échelle d’une nation, s’il y a une erreur à ne jamais commettre, c’est bien celle de s’engager dans une nouvelle aventure sans avoir tiré toutes les leçons de la précédente. En Guinée, après la deuxième république, nous voilà sur le point de reprendre une nouvelle aventure.

 

C’est ainsi que la LDRG a jugé utile, avant de reprendre toute aventure, de procéder auparavant à un bref bilan très objectif sur la situation socioéconomique de notre pays, afin, non seulement de connaître sur quelle base nous entamons cette nouvelle aventure, mais surtout d’éviter de reproduire les mêmes erreurs que par le passé. Vous comprendrez donc que c’est dans ce sens que la LDRG, comme chacun de nous aurait pu le faire, se prête à cet exercice très utile.

 

Nous devons avoir la force de regarder en face la réalité et de reconnaître la vérité : après les 25 années dernières années de gouvernance, notre pays est en quasi-faillite et nos populations survivent dans une totale catastrophe socioéconomique.

 

1. Plus de 56% de notre population, vie en dessous du seuil de pauvreté.

 

2. En moins de 10 années, notre Produit Intérieur Brut, c’est-à-dire la richesse créée dans notre pays, à régressé de 379 USD à 332 USD par habitant.

 

3. Déjà en 2003, la dette publique guinéenne couvrait les 100% de notre Produit Intérieur Brut. C’est-à-dire que nos populations ne travaillent plus pour l’amélioration de leur bien-être social, mais plutôt pour rembourser les intérêts d’une dette publique colossale.

 

4. Dans la pire des situations, nos réserves en devises au sein de notre Banque centrale ne peuvent même pas nous garantir un mois d’importation.

 

5. L’inflation à atteint des niveaux records de 45% en 2009. Ce qui est synonyme pour nos populations de perte de pouvoir d’achat et de baisse continuelle de niveau de vie.

 

6. Nos familles mènent plusieurs activités sur le marché du travail afin d’améliorer leurs conditions de vie. Malgré le fait qu’ils exercent des activités secondaires ou tertiaires, c’est à peine s’ils arrivent à joindre les deux bouts du fait d’une rémunération maigre.

 

7. Le chômage frappe particulièrement les jeunes. Le chômage touche 25% de ceux qui ont atteint le niveau d’éducation du secondaire, 23% de ceux qui ont achevé l’enseignement technique professionnel et près de 21% de ceux disposant d’un diplôme universitaire ou post-universitaire.

 

8. L’eau potable et l’électricité sont encore aujourd’hui considérées comme un luxe dont ne peuvent se prévaloir qu’une infime minorité de notre société.

 

9. Selon les résultats de l’Enquête sur le questionnaire des indicateurs de base du bien-être effectué en 2002 : 7% de nos populations ont régulièrement des difficultés à se nourrir, 23% en ont souvent, 46% en rencontrent quelque fois et seulement 10% en ont rarement. Et cela c’était déjà en 2002, nous pouvons donc avoir une idée de ce qu’il en est au moment où je m’adresse à vous.

 

Ce bref bilan, c’est sans bien sûre tenir compte du problème permanent d’insécurité qui ne fini de ruiner la vie de nos concitoyens, de même que les difficultés d’accès, pour l’écrasante majorité de nos populations, à la scolarisation, à l’éducation, au système de santé, au transport public et à un logement décent. Au cours des 25 dernières années, tous ces éléments que nous venons de citer ont contribué considérablement à cette régression sociale très préoccupante, et même inquiétante, pour notre nation.

 

A m’entendre présenter ce bilan catastrophique, certains d’entre nous vont certainement croire que je m’en réjouis ou que j’en suis fiers. Soyez rassuré, je suis autant, sinon plus affligé que vous, car en dépit de mon attachement à la grandeur de mon pays, nos pères et mères y vivent, nos ami(e)s et parents y vivent, nos compatriotes vivent jours et nuits cet enfer que je viens de vous décrire.

 

Il ne faudrait donc surtout pas percevoir ce travail que nous présentons comme étant une autre démarche politicienne qui vise à discréditer un tel ou un tel. Non, loin de nous l’idée de nous prendre à qui que ce soi car, après tout, nous sommes tous responsable dans une certaine mesure. Cependant, en cette période déterminante de l’avenir de notre pays, il serait totalement irresponsable de nier cette réalité et surtout de refuser de faire résolument face à cette catastrophe socioéconomique.

 

Ce lourd héritage doit donc aujourd’hui amener chaque fille et chaque fils de la Guinée à se de demander : POURQUOI ?

 

N’avons-nous pas de ressources ?

 

• Oui pourtant ! La Guinée est l’un des pays les plus riches au monde en termes de richesse naturelle par tête d’Habitant. La Guinée est le premier exportateur mondial de bauxite avec plus de 70 millions de tonnes exporté par an.

 

• Notre sol et sous-sol regorge de toutes sortes de richesses : le fer, l’or, le diamant, le cuivre, l’uranium. Nous disposons d’une vaste côte maritime et de vastes terres cultivables, de même qu’une grande réserve forestière. La Guinée est le château de l’Afrique de l’ouest.

 

Alors, cher(e)s compatriotes, POURQUOI malgré cet amas de richesse nous n’arrivons toujours pas à sortir notre pays de cette misère ?

 

N’avons-nous pas de têtes et de bras ?

 

• Oui pourtant ! La Guinée dans sa formidable diversité regorge d’hommes et de femmes dévouées et capables de travailler sérieusement ensemble pour la grandeur de leur patrie.

 

• Nous disposons d’éminents intellectuels qui brillent à l’intérieur comme aux quatre coins de la planète et qui n’attendent que d’être appelé à servir leur nation.

 

Alors, mes cher(e)s compatriotes, POURQUOI malgré tout nous n’arrivons pas à sortir notre pays de cette pauvreté endémique ?

 

C’est fort de son titre de chevalier infatigable de la démocratie guinéenne, et de force de proposition par excellence de l’environnement sociopolitique guinéen, que la LDRG s’est donc posé la même question.

 

Pour nous, deux principales raisons expliquent ce bilan socioéconomique catastrophique et inquiétant: d’une part, c’est la CORRUPTION, et d’autre part, c’est le Laxisme Politique.

 

« LE CAS DE LA CORRUPTION »

 

Il est nécessaire de mentionner dors-et-déjà que la corruption est un phénomène de société, car dans chaque société il y aura toujours des personnes prêtes à monnayer leur dignité ; cependant, la Guinée a quant à elle énormément souffert de la corruption, car il faudrait bien peser les conséquences sociales de son pot de vin avant de le gorger. En Guinée :

 

• La corruption a complètement minée la redistribution des richesses et des ressources publiques : les inégalités entre riches et pauvres ont atteint des extrêmes très inquiétants.

 

• La corruption entrave complètement l'accès des populations aux services de base : notamment la scolarisation, l’éducation, la santé, l’alimentation de base, le logement, ainsi que les services publics.

 

• La Corruption à complètement tuée notre économie : elle nui considérablement aux petites et moyennes entreprises qui souhaitent accéder aux marchés des biens et services. Lesquelles entreprises sont pourtant le moteur de toute économie.

 

Ainsi, mes cher(e)s compatriotes, vous comprendrez que ce n’est pas un hasard si dans son rapport mondial 2007 sur la corruption, l’organisation Transparency International à classé la Guinée au rang de 168ème sur 179 pays dans le monde. Ce n’est non plus un hasard si la Guinée détient depuis 2002 le triste record du pays le plus corrompu en Afrique.

 

Pour comprendre la sévérité de ce classement, il serait utile de mentionner, entre autre, les conclusions du rapport des audits effectués en 2007 par le gouvernement de consensus né de l’insurrection populaire de janvier 2007 en Guinée. En effet, ce rapport révèle que pas moins 425 millions de dollars ont été détournés seulement en l’espace de deux ans par les barons de la 2ème république. De même, une enquête indépendante à permis de savoir que les revenus miniers avaient chuté au même moment de 200 millions à 75 millions de dollars. Globalement, l’enquête nationale sur la corruption a permis de savoir qu’environ 175 à 200 millions de dollars s’évaporaient, chaque année, dans les circuits de la corruption en Guinée.

 

200 millions de dollars détournés chaque année en Guinée. Mes cher(e)s compatriotes, voilà la réalité, c’est là la première cause de l’état socioéconomique catastrophique que la Guinée connaît aujourd’hui, et que nos populations vivent amèrement jours et nuits.

 

Alors, qu’ils soient rassurés, au cours de cette présentation, nous ne chercherons pas à savoir qui à détourné quoi, ni où sont placés ces immenses sommes d’argent appartenant aux populations guinéennes. Le moment viendra où ces questions se poseront d’elles-mêmes.

 

Au cours de cette présentation, nous allons plutôt nous intéresser aux mesures à prendre immédiatement pour stopper cette saignée financière, responsabiliser les agents de l’État, promouvoir la transparence et accroître le contrôle citoyen sur la gestion publique.

 

Alors, bien évidemment, en matière de lutte contre la corruption, heureusement que nous ne partons pas de nulle part. Il faut savoir que la Guinée dispose depuis 2004 d’une Agence nationale de Lutte contre la corruption, et déjà en l’an 2000 la Guinée disposait d’un Comité nationale de lutte contre la corruption. De plus, tous les chefs de gouvernement que nous avons connu, dès leur investitures, ont exhibé chacun ses propres mesures de lutte contre la corruption. Et même le CNDD à son arrivé en décembre 2008 avait fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille. Donc, nous voyons bien que nous ne partons pas de nulle part dans cette croisade.

 

Cependant, en dépit de tous ces efforts, nous observons un paradoxe très mystérieux : en fait, la corruption s’intensifie en Guinée au fur et à mesure que les mesures de lutte contre la corruption augmente. Donc, nous serons bien d’accord qu’il y a bien quelque chose qui ne va pas quelque part. C’est justement ce paradoxe que la LDRG à cherché à démystifier dans ce travail.

 

En effet, toute politique de lute contre la corruption qui ne vise pas à briser les deux principales sphères de la criminalité économique en Guinée est vouée à l’échec. Ces deux sphères de la corruption en Guinée sont :

 

• L’économie de type mafieux : cette sphère de la criminalité économique se nourrit principalement des revenus des pierres précieuses (diamant-or-fer), de l’exploitation minière, des trafics d’armes, du narco trafique, du blanchiment de l’argent et des pots-de-vin. Cette sphère de la corruption absorberait à elle seule près de 125 millions de dollars par an dans notre pays.

 

• La criminalité en col blanc : cette autre sphère de la criminalité économique se nourrit du détournement de deniers publics, du détournement des recettes douanières et fiscales, de la mauvaise gouvernance et de la corruption des fonctionnaires. Cette sphère de la corruption absorberait près de 75 millions de dollars par an dans notre pays.

 

Très cher(e)s compatriotes, pour qui connaît l’ancrage de ces deux sphères dans notre société, alors il est facile de réaliser à quel point lutter contre la corruption en Guinée nécessite une véritable mobilisation et des mesures très courageuses. Plus que cela, lutter contre la corruption en Guinée c’est sacrifier sa vie. Pourtant, pour les démocrates réformistes que nous sommes, la lutte contre la corruption est une croisade inévitable, car nous avons la ferme conviction que c’est seulement en éradiquant ce virus que nous pourrons ressusciter ce tissu socioéconomique indispensable à tout progrès sur nos terres.

 

Pour y arriver, au sein de la LDRG, nous croyons qu’il faut commencer par la création d’un organe public distinct chargé de lancer de véritables initiatives anticorruptions en Guinée.

 

Pourtant, comme nous l’avons souligné auparavant, depuis l’an 2000 la Guinée dispose d’un Comité national de lutte contre la corruption. Lequel Comité organise d’ailleurs chaque année des campagnes de lutte contre la corruption. Malgré cela, nous nous retrouvons chaque année avec un résultat de plus de 200 millions de dollars dans l’air. La LDRG assimile ces échecs au fait que, en Guinée, les organes de lutte contre la corruption ont toujours été directement rattachés à la présidence de la république. De ce fait, elles sont toutes vouées à l’échec, car elles restent soumises à l’influence politique.

 

Ainsi, nous l’aurons bien compris, la création d’un Organe de lutte contre la corruption telle que la LDRG la conçoit ne devra aucunement résulter d’un mouvement d’humeur des classes politiques, mais plutôt d’une espèce de consensus national, qui devrait pouvoir s’exprimer pendant cette période de transition et au sein du Conseil National de la Transition. A la suite de ce consensus, l’organe naissant devra :

 

• Avoir le soutient de tous les acteurs économiques, politiques et sociaux;

 

• Être indépendant, politiquement, pour pouvoir s’attaquer même à la corruption qui touche les responsables politiques nationaux ;

 

• Avoir le pouvoir d’interroger des témoins de tout bord et avoir accès à la documentation.

 

Au vue de ces premières caractéristiques, en scrutant de près la composition de l’environnement sociopolitique guinéen aujourd’hui, alors il devient évident que l’initiative de la création de cet type d’organe ne risque pas une seconde de venir de la classe politique guinéenne. C’est la raison pour laquelle l’émergence d’un tel Organe ne sera possible que si les organisations de la société civile guinéenne, avec en chef de fille les opérateurs économiques, se saisissent de l’initiative et abordent le problème de la corruption d’un oeil nouveau. C’est en cela que la LDRG compte fédérer autour d’elle dans les semaines, mois et années à venir tous les membres de la société civile guinéenne, ainsi que les opérateurs économiques, qui partagent cette conception de lutte contre la corruption.

 

Par ailleurs, la malheureuse expérience des structures déjà existantes de lutte contre la corruption en Guinée nous enseigne qu’autant il est facile de monter un organe de lutte contre la corruption, autant il est difficile de le rendre viable, et de le faire respecter par le public et le milieu des affaires. C’est la raison pour laquelle, nous allons à présent nous intéresser aux critères de sélection des hommes et femmes qui devront animer cet organe.

 

En effet, les procédures de nomination doivent permettre d’isoler suffisamment le processus de toute tendance politique, afin de s’assurer que la direction de l’organe soit confiée à des personnes intègres qui soient à l’abri des pressions politiques pendant leur mandat.

 

Le dilemme du choix des responsables de l’organe réside au fait qu’il existe 3 trois protagonistes, chacun voulant s’attirer les faveurs de la direction de l’organe de lutte contre la corruption. Ce sont : le Gouvernement, l’Opposition politique et la Société civile.

 

Pour résoudre ce dilemme, la LDRG propose à ce que le personnel de l’organe, notamment ceux occupants les postes de direction, soit choisi par le Gouvernement, au sein de la Société civile guinéenne, afin d’être proposé à l’Assemblée nationale pour validation à une majorité qui sera à définir de manière à ce que toutes les formations politiques représentées au sein du parlement soient d’accord du choix effectué par le gouvernement.

 

Comme vous l’aurez remarqué, de la formule des 3 protagonistes, il ressort définitivement et de manière évidente que la société civile guinéenne aura un rôle actif et primordial à jouer dans la lutte contre la corruption en Guinée.

 

• Encore, faudrait-il que la société civile guinéenne continue à garder toutes ces distances par rapports aux affaires politiques ;

 

• Encore, faudrait-il que la société civile guinéenne s’imprègne de cette initiative et assume toutes les responsabilités pour la création et la conduite de cet organe de lutte contre la corruption ;

 

Une fois l’idée d’un consensus national au nom de la lutte contre la corruption admise. Consensus qui se manifestera au sein du Conseil National de la Transition, et qui s’exprimera par la création d’un Organe National de Lutte Contre la Corruption indépendant du pouvoir politique; Une fois cette première idée admise, puis, que le processus de sélection et de désignation des responsables de cet organe soit défini selon la formule des trois protagonistes; suite à ces mesures, certes ce sera déjà une grande avancée en matière de lutte contre la corruption, mais connaissant encore une fois l’encrage et la puissance des deux sphères de la corruption en Guinée, alors ces mesures ne peuvent être suffisantes pour éradiquer ce phénomène de nos terres.

 

C’est conscient de ce fait que la LDRG propose des mesures d’accompagnement indispensables à notre Organe National de Lutte contre la Corruption pour la réussite de sa mission.

 

La première mesure d’accompagnement consiste à doter notre organe d’un pouvoir constitutionnel et de le lui garantir : c’est donc le lieu de réclamer l’inclusion, dans la Constitution de notre prochaine république, des dispositions spéciales qui soulignent, non seulement l’inamovibilité des responsables de l’organe, mais surtout le pouvoir de cet Organe d’enquêter et de participer aux poursuites à l’encontre de tous les responsables de l’État, indépendamment de leur rang.

 

La deuxième mesure d’accompagnement consiste à mettre l’accent sur les contrôles parlementaires : le meilleur instrument démocratique de contrôle de l'action du gouvernement n’est autre que l’obligation faite au gouvernement de rendre des comptes à l’Assemblée Nationale.

 

Ce faisant, la LDRG croît qu’il est impératif de doter notre Assemblée Nationale des moyens nécessaires lui permettant de questionner le gouvernement. Il s’agit :

 

• De veiller à ce que le processus d'établissement et d'exécution du budget national soit transparent. De ce fait, nous proposons la création et le renforcement de la commission des comptes au sein de l’Assemblée nationale;

 

• De veiller à ce que l'opposition soit suffisamment représentée dans les structures parlementaires, quelle soit dotée des ressources nécessaires et ait la possibilité de lancer des investigations sur les allégations de corruption;

 

• D’instituer des mécanismes transparents et rigoureux pour le choix des titulaires de hautes charges publiques, afin de s'assurer que seuls les plus compétents et les plus intègres sont nommés aux hautes charges publiques;

 

• D’encourager les citoyens à dénoncer et condamner la corruption : Pour ce faire, nous proposons l’inclusion de mesures légales qui protège contre l’intimidation toutes les personnes qui jouent un rôle actif dans la lutte contre la corruption en Guinée.

 

• Une fois l’idée du consensus national au nom de la lutte contre la corruption admise. Lequel consensus pouvant s’exprimer au sein du Conseil National de la Transition, et à l’issue duquel naîtra notre Organe National de Lutte Contre la Corruption indépendant du pouvoir politique ;

 

• Une fois cette première idée admise, puis que le processus de sélection et de désignation des responsables de cet organe soit défini selon la formule des trois protagonistes;

 

• Et enfin, en renforçant le rôle de l’Assemblée nationale en matière de contrôle de l’action gouvernementale, tout en incluant des garanties constitutionnelles pour notre Organe National de lutte contre la Corruption;

 

En effectuant ces quelques réformes, la LDRG reste convaincu que, certes nous ne réduirons pas à zéro la corruption sur les terres de Guinée, mais une chose est certaine : non seulement nous réussirons à briser la synergie qui existe entre les deux sphères de la corruption en Guinée, mais de plus, nous ne connaîtrons plus jamais des saignées financières de l’ordre de 200 millions de dollars par an; Nous ne connaîtrons plus jamais cette corruption endémique qui à complètement tuée notre économie, dépravé nos citoyens et plongée nos populations dans cette misère inhumaine.

 

Par ailleurs, comme nous l’avons mentionnée auparavant, la Corruption n’est que l’une des deux principales causes à la catastrophe socioéconomique que nous connaissons aujourd’hui en Guinée. La deuxième cause, et non la moins importante, est le Laxisme politique.

 

« Le Cas du Laxisme Politique »

 

En effet, dans chaque société, à une époque donnée de son évolution, il est utile, non seulement de pouvoir distinguer la sphère politique de la sphère économique, mais aussi, de savoir régir leurs rapports de telle sorte que la poursuite des intérêts politiques n’entrave pas l’atteinte des objectifs économiques.

 

Il faut bien comprendre que si la sphère politique peut avancer sans encourir la dure sanction des faits, il n’en est pas de même pour la sphère économique qui, quant à elle, se remet lentement et très difficilement des conséquences de mauvaises prises de décisions.

 

Nous pouvons illustrer cette relation entre la politique et l’économie par deux édifices : l’un étant une maison de paille et l’autre un building. A chaque secousse, les deux édifices se retrouvent tous en même temps à terre. Cependant, le lendemain déjà il est possible de remettre sur pied la maison de paille. Alors qu’il faut des mois et des années pour remettre le building sur pied.

 

La sphère politique est cette maison de paille, car le politicien après avoir commis une erreur, dès le lendemain il peut adopter une attitude nouvelle. Par contre, toute mauvaise décision des gouvernants, donc des politiciens, entraîne des conséquences durables sur l’économie, à savoir l’augmentation de l’inflation, le chômage, la précarité, ect. Or, pour résoudre ces problèmes socioéconomiques, il ne suffit pas de faire des annonces. Il s’agit plutôt de fournir des efforts durables pour rétablir la situation. Le pire est le faite que même cet effort ce n’est pas aux politiciens de le fournir : il revient aux pauvres victimes, à savoir les fonctionnaires de l’État ainsi que les populations de travailler très dure, durant des mois et des années, pour rétablir la situation. Sans omettre de mentionner que le lendemain déjà les politiciens peuvent à nouveau se permettre de provoquer de grosses secousses, et ébranler tout ce travail qui a été fourni par les pauvres populations.

 

Suite à cette illustration, chacun de nous aura donc compris la relation qui existe entre la politique et l’économique dans toute société. Nous aurons surtout compris la nécessité de mieux régir ces deux sphères interdépendantes afin de limiter au maximum les secousses pouvant ébranler l’édifice économique. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, au sein de toute nation, la cœxistence entre la politique et l’économie est établie sur la base, d’une part, d’une promesse de Bonne Gouvernance faite par les politiciens, et d’autre part, de la Confiance que les citoyens sont prêt à accorder aux plus méritants des politiciens lors des compétitions électorales.

 

Nous venons d’introduire deux nouveaux concepts très importants, à savoir : la Bonne gouvernance et la Confiance. En effet, la « Bonne Gouvernance » doit inciter les acteurs politiques à gérer plus efficacement les affaires publiques, à rendre la fonction publique plus productive, et à accroître la crédibilité et la transparence des institutions politiques, économiques et sociales de tout pays.

 

C’est justement de cette définition de la Bonne Gouvernance que naît la grande inquiétude au sein de la LDRG, ainsi qu’au sein de toute cette génération de guinéennes et guinéens au nom de laquelle je m’exprime aujourd’hui.

 

Dors-et-déjà, je tiens à réaffirmer à la classe politique guinéenne que je n’ai absolument rien contre leur personne, tout au contraire, il y a parmi eux de grandes personnalités pour lesquelles nous avons beaucoup d’estime. Mais le fait est que, voilà arrivé une Génération de guinéennes et guinéens qui ne peuvent accorder leur confiance que sur la base de la promesse d’une Bonne Gouvernance.

 

Heureusement où malheureusement, aujourd’hui, la classe politique guinéenne n’est pratiquement composée que de gouvernants qui ont déjà amplement fait leur preuve dans la gestion publique guinéenne au cours des 25 dernières années. Il est donc plus facile pour notre Génération de pouvoir accorder, oui ou non, notre confiance. Il suffit tout simplement de jeter brièvement un regard sur la gestion publique qui a prévalue en Guinée ces dernières années.

 

Pour ce faire, cher(e)s compatriotes, permettez moi justement d’analyser brièvement avec vous la gestion public qui a prévalue en Guinée ces dernières années.

 

• A ce niveau, la première remarque est celle des dépenses publiques. En moyenne annuelle, entre 1997 et 2007, les dépenses publiques guinéennes ont représenté 95% des recettes de l’État. Malgré cette rareté de ressources pour investir dans l’éducation, la santé, l’emploi, bref dans le social, malgré cette rareté nous observons qu’au cours de la même période, les dépenses publiques ont augmenté deux fois plus que les recettes publiques. Plus précisément, quant les dépenses augmentent de 19% en moyenne annuelle, les recettes publiques n’augmentent que de 8%. Donc c’est logiquement que la Guinée à connu une remarquable aggravation de son déficit public de près de 42% en moyenne annuelle.

 

• Justement, abordons la question du déficit public. C’est-à-dire, vue que les recettes publiques n’ont pas suffit pour soutenir le train de vie de l’État, nos gouvernants ont emprunté. Non, je préfère utiliser le bon terme : ils se sont endettés au nom de l’État guinéen pour soi-disant financer le déficit public.

 

• D’abord la dette intérieur, celle que l’État contracte au niveau des nos banques commerciales locales. Jusqu’en 2006, elle s’élevait à 1 milliard 700 millions de francs guinéens. Ne laissant donc aucun espace pour nos PME qui cherchent désespérément un financement pour relancer leurs activités et créer de l’emploi.

 

• Puis, concernant la dette publique extérieure, il est inutile de rappeler que déjà en 2003 elle couvrait 100% de notre Produit Intérieur Brut, ce qui à d’ailleurs conduit à la suspension de toute aide extérieure depuis 2004.

 

Vous savez, que le déficit public augmente ou que la dette publique explose, nous pouvons à la rigueur le comprendre. Mais les questions que ma génération souhaite poser à la classe politique guinéenne aujourd’hui sont les suivantes :

 

• Tout d’abord, à quoi cette dette colossale empruntée au nom de l’ensemble des populations guinéennes a-t-elle servie? Nous n’avons toujours pas d’eau et d’électricité; un système éducatif, un système de santé et le transport public sont dans un état lamentable; aucune réalisation et aucune retombée positive pour les populations guinéenne. À quoi cette dette colossale a-t-elle servie?

 

• Puis, pourquoi notre génération a-t-elle été condamnée à rembourser chaque année des intérêts de plus 210 millions de dollars d’une dette contractée au nom de l’ensemble des populations guinéennes, et dont les bénéficiaires ne sont autres que ces quelques kleptocrates qui osent revenir encore aujourd’hui solliciter notre confiance lors des prochaines échéances électorales?

 

Soyez rassurés, nous n’allons pas aller plus loin dans l’analyse de la gestion publique qui a prévalu ces dernières années en Guinée. Les réalités socioéconomiques que nous vivons jours et nuits en Guinée sont assez éloquentes pour nous en édifier du reste.

 

A présent, vous comprenez mieux pourquoi tout à l’heure j’exprimais ma grande inquiétude, ainsi que celle de toute cette nouvelle Génération de guinéennes et de guinéens au nom de laquelle je m’exprime aujourd’hui. C’est une inquiétude légitime, car au regard de la brève analyse de la gestion publique des 25 dernières années que nous venons de dresser, en dépit du grand respect que nous avons pour nos acteurs politiques, mais nous conviendrons que plus aucune confiance ne peut exister entre cette classe politique guinéenne et notre Génération.

 

Alors, nous ne sommes pas entrain de dire aux politiciens que ce n’est pas leur droit de solliciter la confiance des populations guinéennes lors des prochaines échéances électorale en Guinée, loin de là. Cependant, désormais, de notre côté, nous exigeons tout simplement des garanties concrètes qui assurerons à notre Génération que plus jamais nous ne payerons pour leurs erreurs.

 

Il est évident que ces garanties que nous réclamons ne peuvent aucunement être que de simples promesses. Nous souhaitons tout simplement mieux réajuster le trait d’union qui existe entre la politique et l’économie dans notre pays. Nous n’avons pas besoin de chercher plus loin ce trait d’union, ce n’est autre que notre Banque centrale.

 

En Guinée, jusqu’à nos jours, c’est la Banque centrale qui traduit les décisions politiques vers la sphère économique. Or, comme nous venons de le voire, du fait du laxisme qui a prévalu dans la gestion publique ces 25 dernières années :

 

• Il n’est pas du tout étonnant d’apprendre que les réserves en devises de notre Banque centrale se sont dégradées en l’espace de dix ans de 2.7 à 0.6 mois d’importations : c’est-à-dire que, à la pire des situations aujourd’hui, l’État ne peut même pas garantir un mois d’importation aux populations guinéennes.

 

• Il n’est pas du tout étonnant non plus d’apprendre que notre Banque centrale continue à financer le déficit public à plus de 35% en moyenne annuelle : de ce fait, elle devient le principal acteur d’une expansion annuelle moyenne de la masse monétaire de plus de 40%. Ce qui se traduit par les niveaux d’inflation que les populations guinéennes subissent de jours en jours sur nos marchés.

 

C’est pour justement éviter à l’avenir que la sphère politique vienne secouer à tout moment la sphère économique, qu’il est arrivé le temps de réclamer l’autonomie de notre Banque centrale.

 

Alors le concept de l’autonomie de la Banque centrale est un slogan très utilisé par nos acteurs politiques. Mais lorsque la LDRG parle d’autonomie de la BCRG, nous prônons par là le principe d’une totale indépendance fonctionnelle et organisationnelle :

 

L'Indépendance Fonctionnelle suppose que notre Banque centrale soi désormais chargée par la loi, et non plus pas par le gouvernement, de réaliser une fonction monétaire précise :

 

• Les objectifs de notre Banque centrale seront fixés avec l’Assemblée Nationale et ne seront plus dictés par le Gouvernement ;

 

• Le mandat de notre Banque centrale sera désormais bien clair : elle sera axée sur un quota de réserve de change à défendre, mais surtout sur la sauvegarde du pouvoir d’achat de nos populations ;

 

• Notre Banque centrale disposera désormais d’une autonomie opérationnelle pour conduire la politique monétaire, notamment : limiter strictement le financement du déficit public.

 

Quant à l'Indépendance organisationnelle, elle suppose que notre Banque centrale sera désormais une entité distincte de l'administration publique, notamment par rapport aux ministères :

 

• La nomination du Gouverneur de la Banque centrale résultera d’une procédure de nomination définit par l’Assemblée Nationale, et en aucun moment le chef du Gouvernement ne pourra être en mesure de limoger le gouverneur de la Banque centrale ;

 

• Seule l’Assemblée Nationale sera en mesure de définir le nombre d’années du mandat du Gouverneur de la Banque centrale, et de le limoger en cas de non respect de ses objectifs ;

 

• Notre Banque centrale disposera de l’autonomie politique pour formuler la politique monétaire, cela afin de dissocier partiellement la sphère politique de la sphère économique.

 

Même si on serait tenté de le penser, mais il est important de comprendre que l’autonomie de la Banque centrale telle que nous venons de la présenter ne signifie pas d’isoler complètement notre Banque centrale du Gouvernement, ce qui serait invraisemblable. En fait, un certain cadre d'entente sera défini entre la Banque centrale et le Gouvernement, en particulier avec le ministère des finances. Cela afin d'assurer une coordination indispensable entre ces deux entités :

 

• Par exemple, l’objectif de lutte contre l’inflation qui sera défini entre l’Assemblée nationale et la Banque centrale ne sera pas seulement valable pour cette dernière, mais le Gouvernement sera également soumis à cet objectif ;

 

• Également, la politique de change ne sera réservée ni exclusivement au Gouvernement, ni exclusivement à la Banque centrale. Avant toute décision, il doit y avoir concertation sur le sujet, et seulement en cas de non entente, le Gouvernement aura un pouvoir de dernier mot sur ce sujet ;

 

• De même, pour le financement du déficit public, le Gouvernement n’aura désormais qu’un pouvoir de proposition, mais seule la Banque centrale disposera du pouvoir de dernier mot sur ce sujet conformément à ses objectifs de lutte contre l’inflation.

 

Au regard de ces quelques caractéristiques, nous voyons bien que l'autonomie et l'entente ne sont pas en contradiction: « le fait est tout simplement que l'autonomie est la garantie sacrée que notre Génération réclame aujourd’hui, pour permettre à notre Banque centrale d’établir une entente sur le même pied d'égalité avec des Gouvernants à venir, dont nous n’avons que peu confiance au vu de leurs gestions publique au cours des 25 dernières années »

 

Par ailleurs, il est toujours utile de rappeler que l’autonomie de la Banque centrale telle que nous venons de la définir n’est pas que théorique, c’est à ce prix que les pays de l’Amérique latine, qui ont connu des niveaux d’inflation de 1000% dans les années quatre-vingt, ont réussi à relever le défi de la désinflation pour revenir en deçà des 10% que nous connaissons aujourd’hui. Ce challenge est à la portée de notre Génération, et c’est maintenant que nous devons l’affronter.

 

Au-delà même de cet aspect, l’autonomie de notre Banque centrale telle que la LDRG la conçoit s’intègre dans une profonde vision stratégique de responsabilisation et d’intégration économique.

 

• En effet, en rendant à notre Banque centrale toute son autonomie, nous amenons du coup le gouvernement à assurer une gestion responsable et plus efficace des ressources publiques. De plus, avec cette autonomie, les pouvoirs publics seront amenés à restructurer et assurer une gestion plus saine du Trésor public, qui n’est autre que la banque de l’État.

 

• De même, en rendant à notre Banque centrale son autonomie, c’est également une stratégie d’intégration économique et monétaire que nous visons par là, car pour la LDRG, l’avenir est aux grands ensembles, aux marchés élargis, donc à l’intégration économique sous-régionale. D’ailleurs la Guinée est déjà engagée dans le processus d’intégration de la seconde zone monétaire ouest-africaine, la ZMAO. Or, avec une zone monétaire unique et une monnaie unique, il n’existera qu’une seule Banque centrale pour tous les pays membres, et aucun pays n’aura en ce moment la possibilité de recourir à une Banque centrale nationale pour financer ses déficits. Donc, en prenant de l’avance dès maintenant sur ce plan, non seulement nous incitons nos acteurs publics et politiques à adopter de nouveaux standards de gouvernance, mais surtout nous préparons notre pays à l’entrée dans une zone économique où nos principaux compétiteurs ne sont autres que le redoutable Ghana et le géant du Nigéria.

 

Au bout de cet article, chacun de nous aura bien compris que la politique de promotion de la Bonne Gouvernance de la LDRG repose sur deux piliers fondamentaux :

 

• D’abord, la constitutionnalisation d’un Organe National de Lutte contre la Corruption indépendant du pouvoir politique;

 

• Puis, la totale autonomie de notre Banque centrale telle que nous venons de la définir.

 

La LDRG estime que ce sur le plan de la Bonne Gouvernance, ce sont là les nouveaux standards qui permettront à notre pays de sortir du club des victimes de l’économie mondiale, ce sont là les deux principales garanties que notre Génération doit absolument réclamer à l’occasion de cette période de transition hautement déterminante pour l’avenir de la Guinée.

 

C’est donc très humblement que la LDRG exhorte les autorités de la transition à tenir compte de ces garanties. Nous exigeons à ce que ces garanties soient inscrites noire sur blanc dans la Constitution de notre prochaine république. Si jamais elles n’y figurent pas, alors que la classe politique guinéenne sache déjà qu’elle aura signé l’acte déclencheur d’un conflit de Génération inévitable. Cela parce que non seulement nous ne sommes plus prêts à payer pour leur laxisme, mais de plus, tant que ces garanties ne seront pas inscrites dans la Constitution de notre prochaine république, nos campagnes ne connaîtront jamais de répits, et jamais au plus grand jamais la LDRG ne battra en retraite. A bon entendeur!

 

Mamadou Oury Diallo

Président de la LDRG

 

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