Partager l'article ! 9-«Le paradoxe guinéen a-t-il lieu d’être ?»: Malgré que la Guinée dispose de l’un des rapports « richesses naturelles sur populat ...
« L'utopie n'est que le nom donné au réformes lorsqu'il faut attendre des révolutions pour les entreprendre » Jacques Attali
Malgré que la Guinée dispose de l’un des rapports « richesses naturelles sur
population » le plus élevé au monde, le guinéen, avec moins de un dollar par jour, fait parti des plus pauvres sur la planète. Cependant, ce paradoxe guinéen n’est plus frappant pour personne
car, il est bien évident que si le guinéen, malgré ses potentialités naturelles, vit dans cette misère chronique, depuis janvier 2007, une chose est certaine : ce n’est ni la volonté populaire et
peut être ni la volonté d’aucun guinéen.
Cela parce que, depuis cette période de janvier 2007, il est bien évident pour chacun d’entre nous, ainsi que pour toute la communauté internationale, que le guinéen est bel et bien dirigé par la
force et des forces armées. Alors, cher(e)s compatriotes, certes la question à savoir si le gouvernement accouché suite aux évènements de janvier et février 2007 sera à la hauteur des attentes
peut faire l’objet de débats, et susciter d’ailleurs de grands espoirs au sein de l’ensemble de la société guinéenne. Cependant, il ne faudrait pas que l’arbre cache la forêt, car cette dernière
question nous écarte peu à peu de l’essentiel, de tel point que nous fermons les yeux sur la véritable problématique guinéenne, à savoir :
Depuis un quart de siècle, où vont et qui bénéficie de nos richesses naturelles ?
Comment allons-nous nous réapproprier nos richesses naturelles pour sortir de cette misère chronique ?
Comment et quand est-ce que les forces armées cesseront le mercenariat pour redevenir des forces guinéennes ?
Comment et quand est-ce que le guinéen pourra être gouverné par des principes démocratiques ?
Cher(e)s compatriotes, vous serrez certainement d’accord avec moi que la hauteur de ces questions dépasse largement, non seulement les luttes politico-politiciennes que nous menons au quotidien,
mais aussi le bonnet du Général Lansana Conté et celui de Mr Kouyaté.
Pour éclairer cette problématique : Dans un premier temps, nous allons essayer de définir nos fins en terme d’idéal sociopolitique; Puis, dans un second temps, nous allons voire comment, en
traitant les questions que nous nous sommes posées, y arriver.
Comme aiment souvent l’exalter les politicomaniaques pour cacher leur incapacité a converger vers un consensus minimum : « Le respect de la diversité d’opinion est le principe de base de la
démocratie ». Ainsi, nous serons certainement dans notre rôle lorsque nous affirmons que nos fins en terme d’idéal sociopolitique sont :
Tout d’abord, « la Démocratisation de la République » : c’est-à-dire, être dans un Etat régit par la loi de la majorité, où les forces armées répondent au nom de l’ensemble de la
population tout en respectant le principe de séparation des pouvoirs ;
Puis, « une Justice Impartiale » : c’est-à-dire, être dans un Etat où prime le respect par tous de la loi, un Etat où le fort est juste ;
Et enfin, « une Répartition Equitable des Richesses » : c’est-à-dire, être dans un Etat souverain où chaque citoyen dispose du droit opposable d’explication sur chaque tonne de
richesse naturelle exploitée et exportée du pays.
Cher(e)s compatriotes, comment arriver à ces fins est l’objet de cette analyse et pour s’y prendre :
Dans un premier temps, nous allons nous intéresser à la question à savoir « où vont et à qui profite l’exploitation de nos richesses naturelles » ;
Puis, dans un second temps, nous allons nous intéresser à la question du mercenariat des forces armées ;
Et enfin, nous allons voire comment nous réapproprier nos richesses naturelles au moyen de la lutte pour une véritable démocratie.
1. « Où vont et à qui profite de l’exploitation de nos richesses naturelles ? »
Cher(e)s compatriotes, les Investissements Etrangers Directs (IED) sont une véritable aubaine, car selon les institutions favorables à l’ouverture, « ces investissements permettent de créer
des emplois, d’améliorer la productivité, d’opérer des transferts de compétences et de technologies, d’accroître les exportations et de contribuer au développement économique à long terme des
pays qui en bénéficient ».
Il faut bien noté que ces IED ont beaucoup augmenté depuis le début des années 90. Entre 2000 et 2005, ces IED étaient trois fois plus élevés que durant la décennie précédente. Cependant, il est
nécessaire de distinguer la grande part des IED en direction des pays en développement, de la minime part des IED en direction des pays moins avancés, dont la Guinée fait encore partie.
Néanmoins, même cette minime part des IED en direction des pays les moins avancés est montée à 3,5 % en 2000-2005, contre 2,1 % en 1990-1999 et 1,6 % en 1980-1989. De même, pour illustrer
l’importance des IED dans les pays moins avancés, le ratio « stock d’IED/PIB » a régulièrement augmenté depuis 1990 et atteint 26 % en 2005.
Ainsi, alors que tous les pays, développés ou moins développés, s’efforcent de tirer parti de ces Investissements Etrangers Directs (IED) pour se développer, la Guinée, elle, les subit.
En effet, cher(e)s compatriotes, le cas de la Guinée dans cette histoire des investissements étrangers directs n’est pas exceptionnel, car il concerne pas mal de pays ayant les mêmes spécificités
que la Guinée, et cela s’explique par des facteurs externes et internes.
Parmi les facteurs externes : Il faut noter la concentration des flux d’IED en direction des pays moins avancés, quasi-exclusivement, dans les industries minières extractives ; Conjugué à cela, la vocation très capitalistique des activités des Sociétés Transnationales dans les pays moins avancés : elles créent peu d’emplois, nécessitent beaucoup d’équipements importés et elles exportent leur production sous forme de matières premières brutes. La plupart des mines dans les pays moins avancés sont détenues à 100 % par les investisseurs étrangers et une grande partie de leurs recettes en devises sont conservées à l’étranger.
Les facteurs internes : Les nouvelles politiques minières adoptées par les pays moins avancées d’Afrique, dont la Guinée, ont négligé des objectifs plus généraux tels que
l’articulation entre les activités minières et les objectifs de développement. Ces politiques minières ont considérablement réduit le pouvoir d’influence de l’Etat sur le processus de
développement et sur l’impact des industries extractives sur le développement ; L’accroissement de la contribution des compagnies minières transnationales à l’accumulation de connaissances dans
le pays d’accueil n’a pas été parmi les objectifs des pays moins avancés d’Afrique, car ils ont opté pour des politiques étroitement sectorielles, en oubliant la dimension développement de
manière plus générale.
Très cher(e)s compatriotes, cette brève analyse des investissements étrangers directs nous a permis, non seulement de mieux comprendre le paradoxe guinéen, mais également, d’une part,
d’identifier les principaux bénéficiaires de l’exploitation de nos richesses naturelles (les grandes Société Transnationales), et d’autres part, de comprendre les raisons internes qui favorisent
se pillage effréné de nos ressources et richesses naturelles.
De cette analyse, il en ressort que pour que la Guinée puisse bénéficier de cette croissance sans limite des Investissement Etrangers Directs, il faut plus qu’une simple révision de l’annexe C du
contrat conclu avec « Hyperdynamiques ». Il faudrait en plus : Non seulement favoriser le développement des Investissements Etrangers Directs hors industries extractives qui constituent la
grande part des IED en général ; Mais surtout, il faut absolument revoir la politique minière guinéenne de manière à y intégrer le volet Développement Economique et Social.
Or, nous nous retrouvons dans une situation où ni les grandes Sociétés Transnationales, ni le pouvoir politique n’ont intérêt à réviser la politique minière guinéenne car, sa révision suppose,
naturellement, moins d’avantages pour les uns et les pour les autres.
Moins d’avantages pour les sociétés transnationales : car la nouvelle politique minière encouragerait l’emploi des populations locales, la transformation sur place des matières premières, la
domiciliation des recettes minières dans les banques locales, la dilution du capital des société minières, … Ce qui signifierait un peu plus de responsabilités locales pour les Sociétés
Transnationales, qui n’est d’ailleurs pas synonyme de moins de chiffres pour ces dernières.
Moins d’avantages pour le pouvoir politique : car une nouvelle politique minière qui encourage le développement économique et social exigera de la transparence, des comptes rendus, des
contrôles, bref de la Démocratie …Tout ce que le pouvoir actuel a horreur.
C’est ainsi que les Société Transnationales, pour préserver leurs avantages qui sont souvent la base de leurs performances dans les places financières mondiales, préfèrent octroyer une faible partie de leur profit aux pouvoirs politiques dans les pays les moins avancés. Cette faible part de leur profit est, non seulement inférieur au montant ou à la valeur qu’ils auraient versé si la Démocratie était en vigueur dans ces pays, mais de plus, c’est un montant tout juste nécessaire pour permettre à ces pouvoirs politiques dévoyés de maintenir une capacité militaire suffisante pour empêcher tout éventuel mouvement populaire susceptible de faire émerger la démocratie de l’intérêt général.
Et curieusement, nous observons une très forte corrélation entre pays africains riches en ressources naturelles, pouvoirs politiques militaires et violations flagrante des droits humains. Si ça
ne l’est pas, ça tout l’aire d’un pacte de mercenariat.
Ainsi, cher(e)s compatriotes, vue que le développement économique et social de la Guinée n’a d’intérêt que pour les pauvres guinéens, alors nous voyons bien que la question de révision de la
politique minière, de façon à faire bénéficier l’ensemble de la population des retombées des IED, passe inéluctablement par « Comment nous réapproprier nos richesses naturelles ».
2-Comment nous réapproprier nos richesses naturelles ?
Nous réapproprier nos ressources naturelles, littéralement, consiste à se ressembler tous, indépendamment des bords ethniques et politiques, pour s’imposer comme principal intermédiaire pour toute signature de contrat d’exploitation de richesses naturelles avec n’importe quels investisseurs.
Evidemment qu’il serait difficile d’imaginer toute la population guinéenne donner son accord pour que la conclusion ou l’exploitation de nos richesses naturelles ait lieu. Cependant, la faculté de prospecter, conclure, exploiter et gérer les ressources et richesses naturelles peuvent bien être, exclusivement, confiée à l’Assemblée Nationale, au moyen d’une « Direction Nationale de Prospection, d’Exploitation et d’Administration des Ressources Pétrolières et Minières Guinéenne » (D.N.P.E.A.R.P.M.G.).
Très cher(e)s compatriotes, l’Assemblée Nationale étant la plus représentative des institutions de la république, en y transférant la gestion des ressources naturelles au moyen d’une D.N.P.E.A.R.P.M.G., nous nous aurons tout simplement réapproprié nos richesses naturelles. Cela parce que les risques de tomber à nouveau sur la signature de contrats intéressés, de détournements flagrants de recettes minières ou de répartition inéquitable des nos richesses naturelles seront moins élevés ou entièrement éliminés. Cette D.N.P.E.A.R.P.M.G. sera désormais contrôlée par l’Assemblée nationale et chargée par la loi d’atteindre des objectifs, non seulement en terme de quantités, mais surtout en terme de retombées technologiques et surtout socioéconomiques pour les populations locales. Cette D.N.P.E.A.R.P.M.G. sera l’organe national qui se sera chargée par la loi d’engager les dépenses nécessaires et de récolter, dans toute la transparence qu’exige l’Assemblée Nationale, les recettes minières. Une fois les moyens nécessaires pour l’atteinte des objectifs annuels attribués à la D.N.P.E.A.R.P.M.G. récoltés, si surplus il y a, alors ce surplus fera l’objet de débats au sein de l’hémicycle pour une possible imputation au budget de l’Etat comme subvention publique.
Ainsi, désormais le budget de l’Etat n’aura aucune rubrique recettes minières et pétrolières, mais plutôt une rubrique « Subvention publique ».
Pour ouvrir une parenthèse, il me paraît tout à fait opportun d’éclairer à ce niveau de l’analyse, une certaine intuition qui naît au coeur de chacun d’entre nous, à savoir : « Une fois les
recettes minières absents du budget de l’Etat, nous n’aurons plus aucune source de financement ». Pour éclairer cette intuition et fermer la parenthèse, il suffit de se poser la question à savoir
: « Comment font les pays comme le Mali, le Burkina Faso, le Sénégal, la Tunisie,…, comment font tous ces pays naturellement pauvres pour se développer ? ». Cette question sera désormais celle à
laquelle tous nos leaders politiques, qui veulent vraiment gouverner et développer le pays, devront répondre.
Que cette proposition d’une D.N.P.E.A.R.P.M.G. ne gagne pas la faveur des politiques cela est une évidence, car il faut savoir que la quasi-totalité des politiques ont pour fins, non pas ceux que
nous avons citer au début de cette analyse, mais plutôt de se substituer aux mercenaires actuels.
Cependant, je suis convaincu que le jour où mes parents de Kissidoudou, Macenta, Faranah, Lélouma, Boké, Kindia, Beyla, … Boulibinet comprendront, dans leurs propres mots, la portée de cette
initiative, ils seront prêt à faire le sacrifice qu’il faut pour y arriver et payeront le prix qu’il faut pour reconvertir ces mercenaires en forces armées guinéennes.
3-« Comment amener ces mercenaires à redevenir des forces guinéennes ? »
Il ne faut pas se faire d’illusions la dessus, si ce n’est en Mauritanie, au Mali, … des pays naturellement pauvres, il serait difficile d’observer de nos jours, dans des pays moins avancés et naturellement dotés, comme la Guinée, des forces militaires dirigeantes se reconvertir du mercenariat à des forces de défense de l’intérêt général.
Attendre de ces mercenaires qu’ils se reconvertissent, d’eux-mêmes, en forces guinéennes, cela équivaut à attendre que les Sociétés Transnationales finissent de piller nos ressources et richesses naturelles.
A moins que nous optons pour la fatalité, mais je suis convaincu que la patience du guinéen a atteint ses limites, désormais la solution inéluctable qui s’offre à nous est celle qui nous amène à provoquer la reconversion de ces mercenaires.
Provoquer cette reconversion consiste à agir simultanément sur deux principaux fronts : l’un externe et l’autre interne.
Le front externe : sur ce front, il consiste à se mobiliser avec tous les organismes et lobbys concernés pour se battre au sein de toutes les institutions internationales pour l’application des textes régissant, non seulement le respect des droits de l’homme, mais également ceux régissant les investissements des grandes multinationales dans les zones de conflits et de tensions politiques aigues.
De même, il faudrait initier et amorcer une campagne harcelante de sensibilisation pour le gèle des avoirs extérieurs de la junte guinéenne au nom de la lutte contre les kleptocrates, comme les Etats-Unis l’ont appliqués pour certains barrons Birmans.
Ces actions externes contribueront à freiner, le temps de réviser la politique minière, ces investissements qui ne profitent nullement à la population, mais seulement au transnationales et à ces mercenaires kleptocrates qui verront désormais leurs forces de répressions s’amenuiser. Cependant, il faut le reconnaître, ces actions externes risquent de donner l’effet d’un coup d’épée dans la mer car, même si nous arrivons au respect et à l’application de ces textes internationaux par les Sociétés Transnationales, il y aura toujours, comme nous l’a révélé le cas Birman, des compagnies (TOTAL,…) ou des pays (Chine, la Russie, …) pour lesquels les droits humains n’ont aucun intérêt, et qui seront prêts à passer des contrats miniers et militaires avec la junte guinéenne.
Ainsi, cher(e)s compatriotes, vue que, au nom du respect de l’intégrité territoriale, les puissances occidentales ne peuvent intervenir en Guinée, alors le dernier front qui s’offre à nous est celui de la solution guinéo-guinéenne.
Le front interne : En supposant que nous ayons le soutient de l’ensemble de la classe politique et de la société civile, surtout celui de la population guinéenne, sur la nécessité de réviser la politique minière guinéenne afin de faire bénéficier l’ensemble de la population de l’exploitation de nos ressources naturelles, alors il y a deux principales issues qui s’offrent à nous :
a)-Soit extirper les mercenaires
Le coup d’Etat salvateur : en connaissance du climat interne de la junte guinéenne, nous pouvons affirmer que le coup d’Etat Militaire est probable. Cependant, il est à rappeler que tant que la Guinée est un pays moins avancé (démocratiquement) et naturellement riche, certes il est probable qu’il y ait coup d’Etat militaire, mais que ce coup d’Etat militaire soit salvateur, cela est « très peu » probable. Donc, la solution du coup d’Etat militaire qui extirpera les mercenaires pour rétablir la démocratie, comme en Mauritanie, même si elle arrive, il est préférable de la négliger.
L’affrontement et la guerre civile: en connaissance du climat socioéconomique en Guinée, le risque d’une nouvelle implosion, soit entre populations et militaires ou intratroupes, est très probable. Une insurrection à l’image de celle de janvier et février 2007, si elle arrive à bout des mercenaires, chose peu probable, ce serait la meilleure issue car, s’en suivra le déclanchement d’une période d’alternance politique au cours de la quelle sera définie de nouveaux gardes fous (Constitution) et certainement la rédaction d’une nouvelle politique minière guinéenne. Par contre, les implosions intratroupes nous ramènerons aux fins d’un coup d’Etat militaire, qui ne sera jamais salvateur en Guinée.
b)-Soit réintégrer les mercenaires
La définition d’un statut particulier de l’armée en vue de l’horizon 2010: voilà l’issue la plus sage car c’est elle qui privilégie la concertation guinéo-guinéenne. C’est cette voie, si elle est enclenchée dès maintenant, qui nous évitera, non seulement de nouvelles insurrections populaires, mais également des conflits intratroupes qui terniraient l’effort de la nouvelle équipe gouvernementale et plongeraient la Guinée et ses populations dans l’abîme.
Mais en quoi consiste ce statut particulier de l’armée et comment le traduire en action afin qu’il soit réalité à l’échéance 2010?
Le principe : Il s’agit d’offrir la garantie, de façon consensuelle, d’une stabilité de l’exécutif pour l’armée durant les deux dernières années de son long règne, et en contrepartie de bénéficier, non seulement d’une garantie de consolidation de notre système politique, mais également d’augmentation des pouvoirs de l’Assemblée Nationale.
Offrir une garantie de stabilité de l’exécutif pour l’armée durant les deux dernières années de son long règne : Même si les tendances montrent l’imminence d’une implosion populaire ou d’un putch d’ici la fin du règne du Général Lansana Conté, personnellement, et de l’avis de tout observateur sage, pour le moment, je ne milite aucunement pour ces deux solutions car, il y a encore une toute dernière carte négociable à jouer pour le Général Lansana Conté et sa troupe.
Très cher(e)s compatriotes, nous l’avons déjà démontré auparavant que ni le coup d’Etat militaire, ni l’insurrection populaire ne sont de réelles solutions à la problématique guinéenne.
Ainsi, pour éviter tout effet de substitution entre anciens et nouveaux mercenaires, au contraire, il s’agit non seulement de trouver une solution aux odeurs de division qui sentent au sein de l’armée guinéenne, mais surtout, de pouvoir sensibiliser et mobiliser l’ensemble des troupes militaires sur un projet de définition d’un statut particulier de l’armée en vue de l’horizon 2010.
A l’horizon 2010, l’armée guinéenne, « en s’engageant à » : Ne faire aucun coup d’Etat militaire et à rester arbitre ; Être apolitique (Suspension des votes dans les garnisons militaires); Défendre l’intérêt général et l’intégrité territoriale ; Respecter la séparation des pouvoirs (être soumise à la justice, respecter la loi et la faire respecter).
En s’engageant à tout cela, l’armée guinéenne « sera chargée de » : La participation aux grands travaux de reconstruction ; L’exploitation de certains secteurs spécifiques de l’économie.
En s’engageant à tout cela, l’armée guinéenne « bénéficiera de » : L’autonomie financière en gérant un budget annuel voté à l’Assemblée Nationale ; L’écoute des organes socioéconomiques et politiques lors de la pise de décisions importantes et stratégiques pour la Guinée ; L’amnistie pour certains hauts dignitaires coupable de répression et de violation flagrante des droits humains.
Cher(e)s compatriotes, ce sont là quelques éléments de négociation qui, si l’armée guinéenne s’engage à respecter le pacte nationale, nous permettront de tendre vers une transition négociée de bon esprit. Mais, il serait dupe d’attendre 2010 pour vérifier si l’armée guinéenne est sincère et prête à respecter le pacte. Raison pour laquelle il est important d’avoir en retour des garanties comme dans tout contrat.
Bénéficier, non seulement d’une garantie de consolidation de notre système politique, mais également, d’une augmentation des pouvoirs de l’Assemblée nationale : Cher(e)s compatriotes, ne remarquons-nous pas que depuis l’investiture de Mr Kouyaté, le Général Lansana Conté, lui, est redevenu un saint ? Oh que c’est facile !
D’aucuns, les victimes du petit jeu institutionnel, demandent la grâce et la bénédiction du Général qui ordonnait, il y a à peine huit (8) mois, de tirer à balles réelles sur des populations à mains nues.
Encore une fois, cher(e)s compatriotes, ouvrons les yeux. Malgré que la lettre de mission autorise un premier ministre, mais nous sommes encore en face d’un système politique présidentiel car, non seulement ce premier ministre est nommé par le Président de la République, mais en plus il n’est responsable que devant ce dernier.
Le jeu qui consiste à présumer que c’est le Président de la République qui empêche le premier ministre de travailler, ou que c’est le premier ministre qui est incapable, est absolument ridicule et n’a aucunement lieu d’être aujourd’hui. Le seul responsable de sa politique devant le peuple de Guinée, constitutionnellement, n’est autre que le Président de la République.
Cher(e)s compatriotes, ne voyons-nous pas qu’en acceptant cette scission de l’exécutif nous encourageons l’armée mercenaire à se partager le butin avec ceux parmi les civiles qui épousent l’idée du mercenariat ?
C’est justement pour cette raison que nous devons mettre en garde l’armée guinéenne contre ce jeu de scission de l’exécutif, et exiger d’elle la consolidation de notre système politique qui est l’un des systèmes les plus garant d’une véritable séparation de pouvoirs, gage de toute prévention d’abus de pouvoir.
Consolider notre système politique ne revient aucunement à négliger la feuille de route accouchée suite aux évènements de janvier et février, mais plutôt il s’agit de considérer cette période (2007-2010) comme étant une période exceptionnelle nécessitant un traitement exceptionnel. Ce traitement exceptionnel étant le compromis trouvé entre le chef de l’Etat et les syndicats sur la nomination d’un gouvernement de quasi-consensus pour sortir de la crise socioéconomique.
Ainsi, après les présidentielles de 2010, nous devons revenir naturellement vers notre système politique avec un Président élu qui, désormais, devra s’expliquer devant l’Assemblée nationale sur sa gouvernance car il est le seul responsable de sa politique.
Alors, que Mr Kouyaté soit passé à l’Assemblée nationale, c’est une excellente nouvelle pour la démocratie guinéenne, mais il faut bien rappeler qu’il n’est seulement que le premier parmi ses prédécesseurs (Sidya Touré, Lamine Sidimé, Louceny Fall, Cellou Dalein Diallo, Fodé Bangoura).
Cher(e)s compatriotes, vue les tendances actuelles, la seule manière pour nous d’éviter cette scission coupable de l’exécutif qui risque de perpétuer le mercenariat au sommet de l’Etat, est la réussite des élections législatives prochaines.
C’est l’opportunité de la décennie à ne pas rater car il y a trois (3) éléments essentiels qui sont réunis à la fois :
Tout d’abord, le changement de majorité parlementaire qui se profile à l’horizon : il faut bien signaler qu’après les évènements de juin 2006 et ceux de janvier et février 2007, il y a de fortes chances que nous nous retrouvons avec une Assemblée nationale multicolore après les législatives de 2008 ;
Egalement, l’invariabilité de gouvernement en place : c’est un aspect très important car quelques soit l’issue des élections législatives et l’éventuel changement de majorité, le gouvernement de quasi-consensus doit rester. Mais cela ne confortera notre système politique présidentiel qu’à la seule condition que les élections législatives soient transparentes et qu’elles se traduisent, effectivement, par un changement de majorité parlementaire.
Et enfin, l’indépendance politique du premier ministre de quasi-consensus : si ce premier ministre revendiquait une appartenance politique, en cas de changement de majorité parlementaire, et si par coïncidence il se trouve que son parti fait partie de la nouvelle majorité parlementaire, il y aurait eu lieu pour les « putchistes parlementaires » de violer notre système politique en le transformant en système parlementaire favorable aux mercenaires. C’est ainsi que nous ne devons, coûte que coûte, donner l’occasion à Mr Kouyaté de former un parti politique ou d’intégrer un parti déjà existant durant l’exercice de cette fonction de premier ministre de quasi-consensus.
Très cher(e)s compatriotes, voilà trois éléments importants qui devraient encourager le Général Lansana Conté à faire de ces prochaines élections législatives, une véritable réussite, car la bonne fin de son mandat y dépendra.
Que le PUP soi le parti majoritaire à l’Assemblée Nationale après les législatives de 2008, ce sera la plus grosse insulte au peuple de Guinée et dans ces conditions, nous garantissons au Général Lansana Conté ainsi qu’à Mr Kouyaté d’ailleurs, que, non seulement ils n’iront pas au bout de leur mandat, mais de plus, ils répondront devant la justice guinéenne pour haute trahison et crimes contre l’humanité.
Par contre, avec des élections législatives réussies, ils auront aboutis non plus à un partage de pouvoir, mais plutôt à montrer, pour la première fois dans l’histoire de la deuxième république, la ligne rouge de séparation des pouvoirs entre l’exécutif et le législatif. « Une majorité parlementaire différente de celle de “l’exécutif” ».
Ce sera la garantie pour l’armée de finir son long règne dans la stabilité car les grognes populaires seront désormais portées par des députés légitimement élus, lesquels députés, au nom de la séparation des pouvoirs, auront toute la latitude de veiller aux dérapages de l’exécutif.
Et à partir de là, viendra le débat pour l’augmentation des pouvoirs de l’Assemblée Nationale, allant de la simple faculté à questionner le chef de l’Etat sur l’avancement de son programme politique, à la possibilité d’approuver les nominations sur certains postes stratégiques du gouvernement.
C’est dans la lancée des débats pour l’augmentation des pouvoirs de l’Assemblée Nationale que nous introduirons la nécessité d’une révision de la politique minière, de façon à nous réapproprier de nos ressources naturelles au moyen d’une « Direction Nationale de Prospection, d’Exploitation et d’Administration des Ressources Pétrolières et Minières Guinéennes ».
Très cher(e)s compatriotes, au terme de cette analyse, au moyen nous aurons compris que la véritable lutte de libération, la véritable lutte pour le salut en République de Guinée est une lutte entre forces mercenaires et populations, c’est une lutte entre les grandes industries minières et les populations locales, c’est une lutte pour la redistribution équitable et égale des richesses naturelles, en enfin c’est une lutte pour l’appropriation de nos richesses naturelles et de nos terres.
Très cher(e)s compatriotes, nous sommes convaincu qu’en conjuguant les luttes externes et internes précitées, nous arriverons à reconvertir ces mercenaires en forces armées guinéennes ; et cela nous permettra certainement, non seulement de nous réapproprier nos ressources naturelles au moyen de cette « D.N.P.E.A.R.P.M.G », mais également d’arriver à une répartition équitable de nos richesses naturelles à l’ensemble de la population guinéenne.
Mais après tout, Jacques Attali ne disait-il pas que : « L’utopie n’est que le nom donné aux réformes lorsqu’il faut attendre les révolutions pour les entreprendre » ?
Source : Rapport CNUCED 2007
Mamadou Oury Diallo
Président de la LDRG