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Coat_of_arms_of_Guinea.pngEn termes de richesse naturelle par tête d’habitant, la Guinée avec ses immenses potentialités occupe depuis fort longtemps la tête du classement dans la sous-région Ouest-Africaine. Mais avec moins de un dollar par jour et des conditions sociales très précaires, le guinéen est de plus en plus misérable.

Depuis 50 années, nous n’arrivons toujours pas convertir nos immenses potentialités naturelles en bien-être individuel et social. Tout au contraire, nos potentialités naturelles ont convertis notre société en une société de parasites se contentant de roder autour de recettes d’exploitation minière brute. Excepté le secteur tertiaire, la création de richesse est quasi-nulle dans l’économie guinéenne.

Pourtant, l’histoire nous enseigne à suffisance que le progrès économique et le développement sont les fruits de la capacité des peuples à transformer leur environnement immédiat dans le but de satisfaire à leur besoin. Cet effort de production et de transformation n’étant envisageable que dans un État capable d’assumer ses rôles régaliens, notamment celui de garantir la circulation et la sécurité des biens et des personnes. Permettant ainsi au génie créateur de chaque individu de contribuer au bonheur de tous.

La sécurité est donc l’élément primordial au décollage économique et au développement de toute nation. Or, en Guinée, depuis un demi-siècle, nos forces de sécurité et de défense, loin de servir à assurer la sécurité publique, elles sont plutôt devenues des organes à la solde de politiciens et d’officiers poursuivant des buts politiques et économiques personnels tout en perpétrant des violations massives des droits de l’homme.

Sans vouloir remonter plus loin dans le temps, mais à elles seules, les répressions militaires de juin 2006, de janvier 2007 et de septembre 2009 totalisent près de 550 morts, 8000 blessés et 300 cas de violes. Sans compter les mutineries ponctuelles, l’insécurité permanente et le bafouage quotidien des droits fondamentaux de nos concitoyens qui n’ont que le silence comme recours face à l’arbitraire dont ils sont victimes. Hypothéquant ainsi tout espoir de progrès socioéconomique et démocratique sur nos terres.

Face à cet état de fait, même si certains d’entre nous ne s’en sont rendus compte que depuis la répression de septembre 2009, mais s’il y a un sujet qui fait unanimité au sein de l’environnement sociopolitique guinéen aujourd’hui, c’est bien la nécessité de Réformer notre Système de Sécurité et de Défense Nationale.

Très cher(e)s compatriotes,
A présent que nous sommes tous d’accord sur la nécessité de cette Réforme, permettez-moi de vous poser la question à savoir : quelles sont les propositions faites à ce jour par les prétendants au poste de Commandant en Chef de nos forces armées? Si je vous dis qu’aucune proposition n’a été faite, je n’aurai pas dit la vérité. Mais les quelques propositions qui ont retenue notre attention sont les suivantes:

• La première : Éliminer l’armée guinéenne.

• La deuxième : Renvoyer l’armée dans les casernes.

• La troisième : Aller très vite aux élections.

• Et la quatrième : Le déploiement d’une force d’interposition entre militaires et populations civils.

Nous conviendrons que ceci est tout simplement ridicule. Se limiter à ces propositions c’est soit être incapable de saisir tous les aspects de la question de Sécurité et de Défense Nationale, soit être tout simplement naïf.

C’est justement parce que la question de la Réforme de la Sécurité et de la Défense est devenue une question primordiale, non seulement pour l’avenir démocratique de notre nation, mais aussi pour la stabilité de la sous-région Oust-Africaine, c’est pour ces principales raisons que la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée monte encore une fois monté au créneau pour jouer son rôle de force de proposition par excellence dans l’environnement sociopolitique guinéen.

Très cher(e)s compatriotes,
Avant de présenter notre Réforme, permettez-moi auparavant d’identifier avec vous les menaces face auxquelles la Guinée est confrontée aujourd’hui. Cette démarche est une démarche logique car nous conviendrons qu’au lieu de commencer par construire un système de sécurité et par la suite découvrir les menaces face auxquelles nous sommes confrontés, « il serait infiniment plus efficace de construire notre système de Sécurité en fonction des menaces, internes et externes, déjà identifiées » Pour ce faire, nous allons situer la Guinée dans sa zone géographique de l’Afrique Occidentale :

• À la frontière Nord-Ouest : il y a la Guinée-Bissau. Un pays totalement pris en otage par les cartels de la drogue. Il est devenu la plaque tournante du trafique de drogue vers le marché africain ainsi que vers les côtes européennes. Le record de coup d’État militaire détenue par ce pays démontre l’indiscipline caractérisée des forces armées Bissau-guinéenne. Sans oublier de mentionner que les responsables de l’enlèvement et de l’assassinat, en 2008, des touristes Français en Mauritanie ont été retrouvé en Guinée-Bissau, élevant ainsi le niveau de la menace à la frontière Nord-Ouest de la Guinée.

• Quant à la frontière Nord : le Sénégal, l’un des pays les plus stables politiquement de la sous-région, il traîne encore un conflit vieux de près de 25 années qui connait un réveil de plus en plus grandissant : c’est le conflit de la Casamance.

• À la frontière Est : le Mali. Un pays qui connait une stabilité politique égale a celle du Sénégal. En dépit de quelques querelles ponctuelles entre populations frontalières pour le contrôle des terres cultivables, les frontières Est de la Guinée connaissent une stabilité relative. Cependant, le Mali étant confronté à sa frontière Nord à la grandissante menace d’Al-Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI) nous amène à considérer la frontière Est de la Guinée comme une zone, non seulement menacée, mais de plus, en proie à l’avancée de la désertification.

• Quant aux trois pays frontaliers du Sud de la Guinée : à savoir la Sierra Leone, le Libéria et la Côte d’Ivoire, ils ont tous connus des conflits. Le Libéria et la Sierra-Leone ne connaissent pas de gouvernement stable depuis 15 années, et la Côte d’Ivoire s’apprête pour des élections présidentielles aux issues incertaines. En sommes, ces trois conflits combinés ont enregistré près de 250 000 morts et 1,5 million refugiés, dont plus de la moitié ont transité par la Guinée. Cela fait de la zone Sud de la Guinée, une zone hautement sensible.

Guinéennes et guinéens,
Ce bref tour de carte nous indique que notre pays fait face à quatre (4) principales menaces immédiates :

• La première menace est celle de la rébellion armée et de la guerre civile : comme nous l’avons soulignés auparavant, durant ces 15 dernières années, 10 des 16 pays de l’Afrique de l’Ouest ont connu des conflits, allant de guerres civiles à haute intensité, à des violences durant les élections. La Guinée a elle-même, sous le régime du Général Lansana Conté, soutenu, abrité et armé jusqu'en 2003 les rebelles libériens du LURD qui combattaient le régime de l'ancien président Charles Taylor qui, a son tour, avait attaqué les villes frontalières Sud de la Guinée en 2000 et 2001. Ajouté aux 7000 jeunes volontaires qui avaient appuyés l’armée guinéenne lors des agressions de 2000 et 2001, tous les rebelles et combattants de ces conflits qui ont été désarmés sont à ce jour non employé, pauvre et très disposé à être recruté pour tout travail de mercenariat. Sans oublier que ces conflits ont également favorisé le développement de réseaux non encore démantelé de circulation d’armes légères dans la sous-région. Et lorsque nous apprenons de sources officieuses que, en contrepartie de concessions minières, en ce moment même des milices à caractère ethnique sont recrutés, entraînés et armés dans le Sud de la Guinée par des vétérans Sud-Africain qui disposent d’une base en RDC, alors la menace de la Rébellion ou de la Guerre civile devient réelle pour la Guinée.

• La deuxième menace est celle des cartels de la drogue : même si dans son rapport 2009 sur les drogues l’ONU note une baisse de la saisie de cocaïne en Afrique de l’Ouest, cependant il n’est un secret pour personne que les cartels de la drogue ont déjà implanté des antennes sur notre territoire en collaboration avec celles de la Guinée-Bissau. En 2004, les saisies de cocaïne transitant à travers l’Afrique de l’Ouest ont excédé 14 tonnes. Les enquêtes effectuées ont révélé la présence en Afrique de l’Ouest de réseaux criminels étrangers, d’Europe et d’Amérique latine, ainsi qu’une possible évolution de l’Afrique de l’Ouest, d’une zone de transit à une base logistique d’empilage pour le trafic de drogues.

• La troisième menace est celle d’Al-Qaeda au Maghreb Islamique : ces 10 dernières années, l’évolution de l’AQMI, du Nord vers le Sud du continent, s’est effectué à une allure considérable. L’AQMI profite de l’instabilité, de la déliquescence des États et des réseaux criminels pour implanter ses bases. Les enlèvements et les attentats sont déjà à nos portes, notamment en Guinée-Bissau, au Mali et au Nigéria. Il n’y a aucun doute que si rien n’est fait à ce niveau pour intégrer la force de lutte régionale contre le terrorisme, l’AQMI pourrait trouver dans les mois à venir un terreau fertile en Guinée.

• La quatrième et dernière menace est celle des catastrophes naturelles et des pandémies à grande échelle : en dépit de l’avancée de la désertification et du tarissement de nos cours d’eau, les risques de séisme et de pandémie à grande échelle sont également présents en Guinée.

Guinéennes et guinéens,
Au moment même où je m’adresse à vous, je tiens à vous rappeler qu’à ce jour, pour des raisons politiciennes internes, nous n’avons aucun moyen de nous protéger et de nous défendre contre toutes ces menaces que nous venons d’identifier. Nous sommes exposés à l’ensemble de ces menaces comme un enfant abandonné de nuit au bord d’une autoroute serait exposé à un accident.

• La Nécessité et l’Urgence de procéder à la Réforme de la Sécurité et de la Défense nationale se fait ainsi sentir, car l’absence prolongée de l’État dans sa fonction régalienne de monopole de la violence sur toute l’étendu du territoire national, couplé à l’existence de frontières poreuses et à la profusion d’armes à feu dans la sous-région, cette conjugaison de faits est un aimant qui risque de lier entre eux les réseaux criminels de la sous-région contre notre pays où les richesses naturelles sont à découvert.

La Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée défini la Réforme du Système de Sécurité et de Défense Nationale comme : « l’ensemble des transformations fondamentales relatives à la structure, la réglementation, la gestion, l’attribution des ressources et le contrôle du secteur de la sécurité et de la défense nationale »

« Le plan stratégique de la Réforme que nous présentons consiste à éliminer urgemment la première menace, qui est celle de la guerre civile, afin de doter la Guinée d’une force capable de faire face immédiatement aux trois autres menaces »

Cela parce que si jamais la guerre civile éclate sur nos terres, toutes les autres menaces, à savoir les cartels de la drogue, l’AQMI, les agressions rebelles et les catastrophes naturelles, toutes s’abattront inéluctablement sur la Guinée. Par contre, en éliminant la menace de guerre civile, donc en rétablissant l’autorité de l’État dans sa fonction de monopole de la violence sur toute l’étendu du territoire national, seulement en ce moment nous pourrons faire face aux autres menaces identifiées. C’est ainsi qu’au sein notre Réforme :

• Dans un premier temps, nous allons élaborer les conditions nécessaires à la création d’une force armée efficace disposant d’une chaîne de commandement unique.

• Dans un second temps, nous allons nous intéresser à la restructuration complète du Système de Sécurité et de la Défense Nationale en fonction des menaces déjà identifiées.


I – Les conditions nécessaires à la création d’une armée disposant d’une chaîne de commandement unique : en effet, il y a lieu de savoir que l’anarchie au sein de nos troupes armées se justifient d’abord par la mauvaise gestion qui a prévalue au sein de l’entité militaire, car en dépit du fait que l’armée est depuis 25 années l’entité la plus privilégiée de la société guinéenne en terme d’avantages économiques et sociaux, cependant, la réalité au sein même de l’entité militaire est toute autre :

• Les soldats ne sont pas toujours payés et ils perçoivent souvent moins que leur allocation mensuelle, la différence étant empochée par la hiérarchie. Cela explique, non seulement l’insécurité interne et les vols à main armée, mais également les multiples mutineries qui ont secouée l’histoire de cette armée au cours des 15 dernières années.

• Au sein de l’armée, les statuts et les compétences des soldats accusent des différences remarquables. Alors qu’il faut vingt ans à certains officiers supérieurs pour atteindre le grade de Capitaine et de Général, les proches et la famille de la hiérarchie militaire peuvent atteindre ce grade après un an.


Ainsi, nous conviendrons que construire une armée disposant d’une chaîne de commandement unique revient avant tout à remettre de l’ordre dans la gestion administrative de l’entité militaire, de manière à rétablir l’esprit de corps et la confiance des soldats vis-à-vis de la hiérarchie.

Pour se faire, dans la présente réforme, la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée propose à ce qu’on procède immédiatement à :

1. La séparation des chaînes de paiement et de commandement : afin de s'assurer que les soldats reçoivent réellement leur solde et que la hiérarchie ne peut pas la détourner.

2. La réforme du système de ravitaillement de l'armée : afin de s’assurer que ceux qui veillent à la sécurité de nos populations ne manquent de rien.

3. La mise en place des statuts de l'armée qui définiraient les droits et devoirs fondamentaux des soldats : afin que chaque soldat sache que l’arme qu’il porte lui a été confié par le peuple pour la sécurité collective, et non contre le peuple. Afin que les soldats de Guinée soient avant tout des soldats-citoyens, et qu’ils sachent que si jamais ils fallissent à leur devoir, ils seront soumis à la Loi comme tout citoyen guinéen.

4. L’insertion du principe de quota de représentation nationale tout au long de la chaîne de commandement : afin, non seulement d’éliminer toute tentative de régionalisation des recrutements au sein de l’armée, mais aussi pour minimiser la menace de guerre civile et, dans une certaine mesure, celle de la rébellion.

5. Un contrôle parlementaire ponctuel de la gestion des ressources mises à la disposition de l’entité militaire : notamment sur le système de ravitaillement et de paiement des soldes.

Ce sont là les cinq (5) conditions indispensables pour la création d’une entité militaire répondant à une chaîne de commandement unique. Pour matérialiser ces nouvelles conditions et développer l’esprit de corps au sein des troupes, il faudra procéder urgemment à une opération de réintégration et de redéploiement des troupes sur toute l’étendu du territoire national.

II-Le plan de redéploiement d’urgence : en effet, la Guinée compte une armée forte de près de 35 000 soldats, soit 1 soldat pour chaque 7 km². Dans sa réforme, la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée propose à ce qu’on passe d’un effectif de 35 000 à 24 000 soldats, soit une démobilisation de 11 000 soldats. Cette démobilisation nous conduira vers un ratio de 1 soldat pour chaque 10 km².

La démobilisation de 11 000 soldats n’est pas une décision inopinée. Cette décision vient de notre conviction sur le principe selon lequel « une armée réduite, plus professionnelle, mieux équipée et mieux payée défendrait mieux la Guinée contre ses ennemis » De plus, comme nous allons le voire, cette démobilisation que nous proposons se fera de manière organisée et en fonction d’un plan de redéploiement d’urgence des troupes.

L’objectif étant de recenser, former et redéployer dans un délai maximum de quatre (4) mois à compter du début de la réforme, des forces territoriales sur l’ensemble du territoire national. Cette opération concernera les brigades d'infanterie légères et se déroulera suivant un processus à trois phases :

• Première phase : le rassemblement des soldats à différents points de ralliement sur le territoire national afin de remettre leurs armes et se recenser.

• Deuxième phase : les soldats sont alors envoyés, sans armes, dans les centres d’orientation où les invalides et les enfants sont orientés dans un programme de démobilisation. Les combattants doivent passer une semaine au sein de ces centres, où ils sont “sensibilisés” et invités à choisir entre retourner à la vie civile ou poursuivre une carrière dans l’armée. Ceux qui choisissent la démobilisation reçoivent une prime et un paiement mensuel, ainsi qu’une formation professionnelle de leur choix offerte par des ONG spécialisées participant au programme.

• Troisième phase : ceux qui choisissent de rester à l’armée sont transférés dans l’un des centres d'intégration afin d’y recevoir une formation de 30 jours. Ce transfert vers les centres d’intégration se fera de manière à briser les anciennes chaînes de commandement et toute tentative d’ethnicisation des unités armées.

Soutenu par la mise en place des conditions nécessaires à la création d’une armée de corps, avec ce plan de réintégration nous réussirons à absorber et redéployer progressivement 4 vagues de 24 000 soldats sur toute l’étendu du territoire national en 4 mois. Ce redéploiement nous permettra de minimiser les menaces réelles immédiates de guerre civile et, dans une certaine mesure, d’agression rebelle.

A présent que nous aurons réussi à recenser, former et redéployer urgemment une armée de corps sur l’ensemble du territoire national, l’objectif est désormais de restructurer les forces armées de manière à doter la Guinée d’un système de Sécurité et de Défense capable de protéger le territoire national contre les menaces externes et internes identifiées, tout en respectant les droits fondamentaux des citoyens.

III –La Restructuration du système de Sécurité et de Défense Nationale : à ce jour, l’armée guinéenne compte un effectif de 35 000 hommes et femmes qui sont repartis au sein de l’État Major Général des Armées (EMGA), des Services Spéciaux de lutte anti-drogue et du grand banditisme, et de la Sécurité Présidentielle. La restructuration consiste à décongestionner l’institution militaire, à supprimer les goulots d’étranglement et à réaffecter les bataillons qu’il faut aux régiments qu’il faut.

PAR RAPPORT AUX MENACES EXTERNES

1-L’État Major Général des Armées : il compte quatre (4) branches. L’Armée de terre, l’armée de l’Air, la Marine et la Gendarmerie Nationale. L’EMGA a sous son commandement près de 17800 soldats et gendarmes. Il est sous l’autorité du Ministère de la Défense.

• Je rappel que l’objectif premier de l’EMGA est de défendre le territoire national contre les menaces externes. L’armée ne doit intervenir dans le maintien de l’ordre public qu’exceptionnellement, après défaillance de la police et de la gendarmerie, et sur réquisition des autorités publiques.

• Par ailleurs, il se trouve que la Gendarmerie Nationale qui se charge de questions de police administrative, judiciaire et d’escadron mobile, donc de questions de sécurité intérieure, se retrouve sous le commandement de l’EMGA.


C’est cette première incohérence qui amène la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée à proposer à ce qu’on détache la gendarmerie nationale et ses 5800 troupes de l’EMGA, pour lui consacrer un département sous l’autorité d’un Ministère de la Sécurité Nationale.

Nous verrons dans la suite de la reforme quelles doivent être les attributs supplémentaires de la gendarmerie nationale dans le nouveau Système de Sécurité et de Défense. Par ailleurs, cette restructuration diminuera l’effectif de l’EMGA qui a plutôt besoin de troupes. Mais nous verrons également dans la suite de la reforme comment combler ce manque.

2-Les Services Spéciaux de lutte anti-drogue et du grand banditisme : ces services comptent à ce jour un effectif de près de 250 hommes et femmes. Ils sont sous l’autorité du Ministère de la Défense.

• Je rappel que nous avons identifiée les cartels de la drogue comme une menace extérieure sérieuse contre la Guinée.

• Par ailleurs, je rappel également que les questions de banditisme sont avant tout des questions de sécurité intérieure.


C’est cette autre incohérence qui amène également la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée à proposer à ce qu’on détache la section de lutte contre le grand banditisme pour l’intégrer dans le corps Policier et la Gendarmerie, sous l’autorité d’un Ministère de la Sécurité Nationale.

• Cependant, vue l’importance de la menace des cartels de la drogue, la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée propose, non seulement à ce que le service spécial de lutte anti-drogue reste sous le commandement du Ministère de la Défense, mais aussi à ce que l’effectif de 250 individus soit maintenue, mieux équipé et formé en renseignement.

• C’est également le lieu de créer un service spécial pour la lutte contre le terrorisme qui sera disposé à développer des réseaux de renseignements et d’intégrer la force sous-régionale de lutte contre le terrorisme. Ce service devra disposer d’un effectif initial de 100 soldats, lequel effectif sera revue à la hausse en fonction de l’évolution de la menace terroriste dans la sous-région. Ce service fera partie intégrante des services spéciaux sous l’autorité du Ministère de la Défense nationale.


PAR RAPPORT À LA SÉCURITÉ PRÉSIDENTIELLE

3-La Sécurité présidentielle : est un régiment de 1800 à 2000 hommes et femmes. A ce jour, ce régiment est composé de 4 bataillons, dont : la Bataillon Autonome de Troupes Aéroporté (BATA), le Bataillon des Rangers (BR), le Bataillon Chinois (BC) et le Bataillon Autonome de Sécurité Présidentielle (BASP). Ce sont des forces armées spécialisées et expérimentées qui relèvent directement de la Présidence de la République.

En dépit du fait que la Sécurité du Président de la République soi une question hautement importante, cependant, la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée regrette énormément que la crème de nos forces armées aient préférée exposer la Guinée à la merci de ses ennemis et de toute sorte de menaces externes, pour se préoccuper de questions politiciennes internes.

Loin de vouloir minimiser la sécurité présidentielle, cependant, à ce niveau également, la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée propose à ce qu’on réaffecte les bataillons qu’il faut aux régiments qu’il faut.

• La sécurité du président de la république sera bien assurée par un Bataillon Autonome de Sécurité Présidentielle (BASP) qui, non seulement ne devra connaître aucune réduction d’effectif, mais de plus devra suivre des formations améliorées en matière de renseignement. Cela parce que le niveau de menace sur le Chef de l’État risque d’être élevé suite à son engagement vis-à-vis de toutes les questions sensibles mentionnées plus haut. Ce service restera directement sous l’autorité de la Présidence de la République.

• Les trois autres Bataillons, à savoir le BATA, le BR et le BC, doivent être regroupés au sein d’une Brigade Autonome d’Intervention Rapide (BAIR) sous le commandement de l’EMGA. Cette brigade devra prendre camp à proximité des aéroports afin qu’ils puissent être rapidement déployés pour renfort en zone de trouble. L’autonomie de cette Brigade fera qu’elle répondra également, après avis favorable du Chef EMGA sur la durée de l’opération, aux requêtes des Services spéciaux de lutte anti-drogue et contre le terrorisme.

PAR RAPPORT AUX MENACES INTERNES

4-La Police Nationale : est en premier lieu en charge de la sécurité intérieur, allant du respect du code de la route, au maintient de l’ordre public, sans oublier la lutte contre le banditisme et le trafic de drogue à l’échelle locale. A ce jour, la Police Nationale dispose d’une Direction Générale ayant sous son autorité : Les Directions Régionales, la Direction de la Sûreté Urbaine de Conakry et la Compagnie Mobile d’Intervention et de Sécurité (CMIS).

En dépit du fait que nous approuvons cette structure, cependant les réalités des services de police en Guinée sont ailleurs. Il n’est pas rare que dans un poste de police comptant dix (10) policiers, cinq (5) soient enregistrés et rémunérés tandis que les cinq autres doivent se débrouiller comme ils peuvent, généralement par l’extorsion. Sans omettre également la grande corruption dans la rémunération, la formation et la distinction des grades au sein de la police.

Ce sont là les réalités qui expliquent la faiblesse de nos forces de polices et l’insécurité grandissante dans nos cités. Ce sont ces mêmes raisons qui, tout en les détournant de leur mission de protection contre les agressions et les menaces externes, expliquent l’intervention fréquente de l’Armée dans le maintien de l’ordre public.

Rétablir la sécurité interne est donc un élément fondamental de la Réforme que la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée présente aujourd’hui. L’objectif consiste à renforcer les forces de Police en effectif, en formation et en équipement afin qu’elles puissent reprendre entièrement le contrôle de la sécurité interne.

Pour ce qui est du renfort à la police, je rappel que dans la présente réforme, nous avions détaché la Gendarmerie Nationale et ses 5800 troupes de l’EMGA pour la placer sous l’autorité d’un Ministère de la Sécurité, lequel Ministère a également sous son autorité la Police Nationale.

• La Gendarmerie Nationale sera exclusivement en charge de la lutte contre le grand banditisme et le trafic de drogue à l’échelle locale. Elle sera représentée dans toutes les villes de plus de 20 000 habitants et disposera de Brigade spécialisée prête à être déployés à tout moment et en tout lieu du territoire national. La gendarmerie n’interviendra dans le maintient de l’ordre public qu’en second échelon, après réquisition des autorités publiques, pour appuyer la Police.

En plaçant la Gendarmerie Nationale sous l’autorité du Ministère de la Sécurité, et en confiant les responsabilités de lutte contre le grand banditisme et le trafic de drogue à l’échelle locale à la Gendarmerie Nationale, en effectuant ces premières restructurations au niveau de la Sécurité interne, nous donnerons à la Police nationale une meilleure marge de manoeuvre. Cependant, cela ne sera pas suffisant pour remettre la Police nationale sur pied. Pour y arriver :

• Il est nécessaire de commencer par un décompte fiable des effectifs de police, tout en ayant comme objectif de mettre en place une force de police de 12000 hommes et femmes.

• Fournir un meilleur équipement et une formation de six (6) mois aux 12 000 policiers chargés de la protection des civils et de la sécurisation des élections. Cette formation est nécessaire car la police devra faire face, lors des élections à venir, à des manifestations et certainement à des émeutes. Une mauvaise conduite des forces de police, notamment par l’usage inutile ou excessif de la force, pourrait avoir des effets politiques considérables.

• En matière de formation, il sera donc nécessaire d'offrir aux 12 000 policiers et 5800 gendarmes non seulement des normes en matière de droits de l'homme, mais également des bases pratiques sur les détails opérationnels du maintien de l'ordre.

• Pour lutter contre la corruption et promouvoir la loyauté envers la police, il est important, comme pour l’armée, que le paiement des salaires soit indépendant de la chaîne de commandement.

• Enfin, nous proposons à ce que le Police judiciaire bénéficie du soutient matériel, d’une formation adéquate, et qu’elle soi directement rattachées aux tribunaux.


Parallèlement à cette reforme de la sécurité intérieure, il sera nécessaire de définir des politiques de sécurité de proximité dans les localités et les quartiers pour prévenir et désamorcer les troubles sociaux.

Cette nouvelle Police nationale reformée et renforcée de la Gendarmerie Nationale, sous l’autorité d’un Ministère de la Sécurité, appuyé par la police de proximité, sera le pilier fondamental de la sécurité interne et du maintien de l’ordre public en Guinée.

PAR RAPPORT AUX MENACES DE PANDEMIES À GRANDE ECHELLE ET DE CATASTROPHES NATURELLES

Il sera nécessaire de procéder chaque cinq (5) années à une opération de simulation générale qui impliquera les forces armées, la Police, la Gendarmerie nationale, les centres de santé ainsi que des ONG. Cette opération nous permettra d’être mieux préparé à faire face à tout moment à ces menaces, certes non urgentes, mais permanentes.

En récapitulation, suite à la présente Réforme, désormais nous obtiendrons une structure de Sécurité et de Défense nationale composé de 3 pôles : Organigramme structure sécurité et défense nationale Organigramme structure sécurité et défense nationale

• Le pôle de la sécurité externe : représentée par un Ministère de la Défense nationale qui aura sous son autorité les Services Spéciaux de lutte anti-drogue et contre le terrorisme, ainsi que l’EMGA qui se compose l’État Major de l’armée de terre, de l’État Major de l’air, de la Marine et la nouvelle Brigade Autonome d’intervention Rapide constituée du BATA, du BR et du BC.

• Le pôle de la sécurité interne : représenté par un Ministère de la Sécurité nationale qui aura sous son autorité la nouvelle Police nationale reformée et, désormais, la Gendarmerie nationale. Le tout appuyé de la police de proximité.

• Le pôle de la sécurité présidentielle : directement sous l’autorité de la Présidence de la République, il sera composé d’un BASP mieux équipé et formé.

• A moyen terme, il sera nécessaire de procéder au regroupement des unités de renseignements pour en faire le un quatrième pôle de sécurité, celui du Renseignement.

Le Président de la République, en sa qualité de commandant en Chef des forces armées nommera le Ministre de la Défense nationale, le Ministre de la Sécurité et le commandant de la Sécurité Présidentielle. Ces trois bonnets, rajouté au Chef de l’État lui-même ainsi qu’au chef d’État Major Général des Armées, ils constitueront le Conseil de Sécurité et de Défense de la nation, et veilleront, tout en évitant les doublons, à coordonner de manière optimale les services de sécurité et de défense de la nation.

Cependant, le Chef d’État Major Général des Armées, ainsi que les Chef d’État Major de l’armée de terre, de l’armée de l’air, de la Marine et du commandant du Bataillon Autonome d’Intervention Rapide, rajoutés aux directeurs des Services spéciaux, de la Police et de la gendarmerie nationale, tous devront être nommés et promus selon des critères transparents qui garantissent leur intégrité, leur neutralité politique et surtout le respect de l’équilibre régional. En compagnie du Ministre de la Défense et de celui de la Sécurité, ils composeront l’OSAFA, l’organe de surveillance apolitique des forces armées qui aura un mandat constitutionnel, celui de garantir la neutralité politique des décisions d’ordre militaire.

• En dépit de la création de l’OSAFA, le chef de l’État sera le commandant en chef des forces armées. Il sera le seul responsable de la mise en œuvre de la politique de défense et de sécurité de la nation.

• L’OSAFA ne sera amené à se réunir qu’à l’occasion de deux circonstances précises : si le chef de l’État décide d’employer des mesures exceptionnelles pour le maintien de l’ordre public, ou s’il prend l’initiative de mener une guerre à l’extérieur de nos frontières.

• Dans ces circonstances, l’OSAFA sera appelé au devoir de non obtempération si jamais il juge les ordres du chef de l’État comme étant des décisions purement politiciennes, ou de nature à provoquer une guerre non justifiée à l’extérieur de nos frontières.

• Suite à tout emploi de moyens exceptionnels pour le maintien de l’ordre public ou au déclanchement d’une guerre non justifiée par le Chef de l’État, en dépit du fait qu’une commission indépendante pourrait être créée pour instruire l’affaire, cependant, les membres de l’OSAFA seront appelés à répondre devant l’Assemblée Nationale sur le respect, oui ou non, de leur mandat constitutionnel. Si jamais un manquement est soupçonné dans leur devoir de non obtempération, les auditions parlementaires pourront être suivies de procédures judiciaires immédiates, synonyme de suspension de fonction pour les responsables visés.

• Quant au chef de l’État, il pourra bénéficier de son immunité tout le temps qu’il demeurera Chef de l’État, sauf en cas de haute trahison contre la nation constaté par le président de la Cour suprême.


• Les décisions d’ordre militaire du chef de l’État ne seront point remises en cause par l’OSAFA dans une situation d’État d’urgence, où tous les pouvoirs constitutionnels reviennent entièrement au chef de l’État élu démocratiquement.

Guinéennes et guinéens,
Très cher(e)s compatriotes,

• En mettant en œuvre les conditions nécessaires pour la création d’une armée répondant à une chaîne de commandement unique ;

• En exécutant le plan d’urgence de recensement, de formation et de redéploiement de 24 000 soldats et 12 000 policiers sur l’ensemble du territoire national ;

• En restructurant notre Système de Sécurité et de Défense comme défini dans cette Réforme;

• Et enfin, en intégrant l’OSAFA dans nos structures de Sécurité et de Défense;


En effectuant toutes ces reformes, nous aurons réussi non seulement à neutraliser en 4 mois la première menace immédiate contre notre pays, à savoir la guerre civile, mais de plus, la Guinée sera désormais disposée à faire face à toutes les menaces que nous avons identifiées, à savoir les cartels de la drogue, la menace terroriste, les agressions rebelles et les catastrophes naturelles.

De plus, grâce à cette réforme, notamment à l’intégration de l’OSAFA, nous aurons réussi, non seulement à réconcilier populations civiles et forces armées, mais aussi et surtout à libérer l’espace politique des forces armées.

Pour soutenir la présente réforme, le budget de la Défense et de la Sécurité ne connaîtra aucune coupure au cours des sept (7) prochaines années, et en tant que Président de la République et Commandant en Chef des forces armées, j’en ferai un serment solennel, celui de doter la Guinée d’une force armée moderne, citoyenne et présente partout où les droits humains et les principes démocratiques sont menacés en Afrique.

Guinéennes et guinéens,
Très cher(e)s compatriotes,

• Par cette réforme, à la place de la force des armes, désormais, c’est la force des arguments qui prévaudra dans la vie politique, et celle de la Loi dans la vie démocratiques guinéenne.

• Par cette réforme, nous aurons aidé nos forces armées à faire ce qu’ils savent le mieux faire : la noble dévotion de Défendre notre territoire et Sécuriser les populations guinéennes.


A présent que la reforme est prête, il y a lieu de se poser la question sur sa faisabilité

La mise en œuvre de la présente réforme requiert plusieurs préalable, dont : l’expertise, les ressources et les équipements nécessaires.

• L’opération de formation, d’équipement et de redéploiement des 24 000 soldats et 12 000 policiers sur toute l’étendu du territoire national: nécessite la présence de formateurs expérimentés, non seulement pour la formation des soldats, policiers et gendarmes, mais aussi pour la formation des formateurs. Cette opération nécessite également l’implantation de centre de démobilisations et de réintégrations sur l’étendu du territoire national, ainsi que la prise en charge et l’équipement des soldats et policiers pour toute la durée de la formation. La Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée estime à 75 million de dollar les besoins de financement pour cette opération urgemment nécessaire pour la Guinée.

• Le projet concernant le recensement et l’implantation d’une chaîne de paiement indépendante de la chaîne de commandement : nécessite également la présence d’experts qui assureront le contrôle des canaux de paiements, tout en fournissant la technologie et le matériel informatique nécessaire à l’opération. La Ligue des Démocratique Réformistes de Guinée estime la nécessité de la présence de ces experts pour une période de 18 mois à compter du début de la réforme. Le besoin de financement estimatif pour cette importante opération s’élève à 10 million de dollar.

En somme, un besoin de financement estimatif de 85 millions de dollar se dégage pour la mise en œuvre de la réforme de notre Système de Sécurité et de Défense nationale.

À ce jour, la Guinée ne dispose d’aucune des ressources nécessaires à cette urgente reforme. De plus, voilà plus d’une année que notre pays connaît une transition dans un total vide institutionnel et sous un régime d’exception dirigé par une junte militaire, en l’occurrence le CNDD. Après la répression de septembre 2009, non seulement le CNDD a perdu toute confiance vis-à-vis des populations guinéennes et de la communauté internationale, mais de plus, le CNDD s’est complètement décrédibilisé suite à l’attentat contre son Chef.

Nous conviendrons alors que la mise en œuvre de la Réforme de notre Système de Sécurité et de Défense requiert l’entière implication, comme ils ont su le faire depuis le 23 décembre 2008, de la CEDEAO, de l’Union Africaine, de l’ONU, des bailleurs de fonds et de la Communauté Internationale. Toute la question porte désormais sur la nature de cette implication.

En cette étape précise du processus de transition, la plus grosse erreur serait de se tromper de priorité. Pour la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée, l’objectif est d’abord la réconciliation, puis les réformes judiciaire et du système de sécurité, et enfin des élections transparentes accompagnées d’une stabilité durable. De ce fait, à ce stade du processus de transition, la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée juge inopportune toute idée de déploiement d’une force d’interposition entre militaires et populations civiles en Guinée.

Cependant, étant conscient de l’importance des menaces qui pèsent sur la Guinée et la sous-région, prenant acte des aveux publics d’incapacité du chef de la junte à maîtriser l’armée, au nom de la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée, j’exhorte alors les responsables du CNDD, non seulement à adhérer à la présente Réforme, mais je vous appelle surtout à la coopération, en formulant par vous-mêmes les vœux d’accueillir un Comité International d’Accompagnement des Réformes Judiciaires et de Sécurité.

Ce comité sera composé de Bailleurs de fonds, du Groupe de Contact International sur la Guinée, d’experts militaires de l’ONU, de l’Union Africaine, de la France et des États-Unis pour conduire les opérations de la Réforme.

De plus, j’attire l’attention de l’autorité militaire que la présente formule s’accompagnera de l’étude d’une proposition d’amnistie et de dissolution du CNDD au sein de l’OSAFA.

Par ailleurs, malgré les leçons de la première année de transition, nous observons à nouveau la tentative de l’autorité militaire et de la classe politique à vouloir résumer toute la transition à de simples questions d’élections, de fichier électoral et de candidature. Or, il apparaît clairement que toute tentative de se précipiter aux élections, sans auparavant encadrer la réconciliation des populations guinéennes et surtout procéder aux réformes judiciaire et de sécurité, je dis bien toute précipitation entraînera inéluctablement la Guinée dans une longue période d’instabilité sociopolitique qui aura un fort effet de contagion dans la sous-région.

De ce fait, c’est très humblement que la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée accorde un délai maximum de deux (2) mois aux responsables du CNDD, afin que, non seulement ils étudient comme il faut la présente réforme dont la copie est déjà disponible au niveau du website de la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée, mais surtout à ce qu’ils formulent par eux-mêmes les vœux d’accueillir ce Comité International d’Accompagnement des Réformes Judiciaire et de Sécurité.

• Au-delà de ce délai, la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée considérera Légitime le « Droit d’Ingérence » en Guinée. Et en ce moment, au nom du peuple de Guinée, nous ne ménagerons aucun effort pour exhorter la Communauté Internationale à user du « Droit d’Ingérence » pour empêcher le Génocide qui se prépare, traduire les responsables de crime contre l’humanité devant la Cour Pénale Internationale, et procéder aux réformes judiciaire et de sécurité qui nous conduiront vers des élections crédibles, transparentes et acceptées par toutes et tous.

• De plus, si au bout de ces soixante (60) jours les responsables du CNDD ne posent pas des actes concrets, allant dans le sens des Réformes Judiciaire et de Sécurité nationale, la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée déclenchera une nouvelle vague de campagne STOP AUX KAKIS aux quatre (4) coins de la planète pour marquer notre divorce définitif avec l’autorité militaire, et exiger Justice et Réformes Démocratiques sur nos terres. Nous prévenons déjà l’autorité militaire que cette nouvelle vague sera irréversible et ne s’estompera qu’au bout de la Révolution Populaire.

Guinéennes et guinéens,
Très cher(e)s compatriotes,
Au sein de la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée, nous avons la ferme conviction qu’il n’y a point de mal dont il ne naisse un bien. Au cœur de cette incertitude, c’est l’occasion inouïe d’un avenir meilleur qui se présente à nous. Des élections crédibles et transparentes sont l’objectif de tous aujourd’hui. La question est de savoir si nous préférons tout simplement une transition politique ou si nous souhaitons une véritable transition démocratique :

• Si nous préférons tout simplement la transition politique, alors ne nous préoccupons d’aucune reforme et allons vite aux élections comme le recommande les politiciens. Nous récolterons alors ce que nous aurons semé.

• Cependant, si nous souhaitons une transition démocratique qui nous garantira une république stable, débarrassée de ce système d’abus et d’impunité que nous avons connu au cours des deux premières républiques, si c’est vraiment cela que nous souhaitons, alors exigeons avant tout des réformes : ceci est la ligne directrice de la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée, et nous ne bougerons pas d’un iota.

                                                                       « DIVERSITÉ – LOI – LIBERTÉ »

Mamadou Oury Diallo

Président de la LDRG