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Tamsirnews.com: Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs et lectrices ?

 

MOD : J’avoue que je ne suis pas doué pour les présentations, mais je vais quand même faire un effort. Je suis Mamadou Oury Diallo (MOD), un digne fils de la Guinée résidant au Canada. Je suis le Président de la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée (LDRG).

 

Tamsirnews.com: Quelles sont les grandes priorités du ‘’LDRG’’, cette formation que vous êtes le président-fondateur?

 

MOD : Pour faire court, je dirais tout simplement que la Ligue des Démocrates Réformistes de Guinée est une force proposition indépendante et apolitique qui œuvre pour la promotion des principes et valeurs démocratiques en Guinée. Je souligne bien les trois mots : Proposition, Indépendante et Apolitique car ce sont eux qui nous distinguent des autres mouvements. A ce jour, nous tirons la grande part de notre légitimité des réseaux sociaux sur le web et si vous souhaitez avoir plus d’informations, adressez nous un message à ligue50@gmail.com ou consultez notre blog http://guinee-plurielle.com

 

Tamsirnews.com: Il y a si peu, vous aviez lancé un appel à l’organisation d’un marathon en vue d’attirer l’attention des autorités Guinéennes pour que la Banque centrale soit plus indépendante, comment avait été cette journée ?

 

MOD : Effectivement, la première marche du Marathon pour la Nouvelle République avait bien eu lieu le 16 avril 2010. Ce fut une marche solitaire de 13 km au sein de la ville d’Ottawa dont le point d’arrivé fut l’ambassade de Guinée au Canada. La marche a été assez pénible avec des conditions météos peu favorables car il a plu ce jour sur Ottawa. Mais je crois que la cause pour laquelle ce marathon a été initié mérite bien qu’on se sacrifie et qu’on paye le prix. Au bout de cette marche j’ai eu l’occasion de rencontrer les responsables diplomatiques pour leur confier très respectueusement nos réclamations. J’espère que les autorités de la transition vont en tenir compte et vont bien saisir le sens de cette marche, car si cette première marche du marathon fut solitaire et loin de la Guinée, il se pourrait bien qu’elle soi de masse en Guinée dans les semaines et mois avenir. Ce que bien sûre plus personne ne souhaite aujourd’hui. D’ailleurs, c’est le lieu de vous informer que le vendredi 30 avril prochain il est prévue la deuxième marche de ce marathon, qui sera également une marche de 13 km au sein de la ville d’Ottawa et dont le point d’arrivé sera l’ambassade de Guinée au Canada. Les principaux buts de cette deuxième marche sont de réclamer : l’indépendance de notre Banque centrale, l’indépendance de la justice et la constitutionnalisation d’un organe anti-corruption, ainsi que la prise en compte du Projet Nouvelle République dont nous aurons certainement l’occasion d’en parler une autrefois.

 

Tamsirnews.com: Édifiez nos lecteurs et lectrices sur la nécessité de l’indépendance de la BCRG.

 

MOD : Je crois que pour bien saisir l’importance et la nécessité de l’indépendance de la Banque centrale, il est auparavant indispensable de partager avec vous quelques chiffres, dont j’aimerai bien que le ministre des finances et le gouverneur de la banque centrale démentissent. D’abord, depuis 2004, la dette publique fait plus de 100% du PIB de la Guinée, c’est-à-dire que nous ne travaillons plus que pour rembourser la dette publique. Puis, nos réserves en devises font moins de 1 mois d’importation, c’est-à-dire qu’à la pire des situations aujourd’hui l’État ne peut même pas garantir une survie de 1 mois aux populations guinéennes. De même, au cours des 10 dernières années, le déficit public s’est situé en moyenne entre 35 et 45%, lequel déficit est financé a plus de 30% par la Banque centrale, donc par la planche a billet qui, a son tour, explique près de 55% l’inflation insupportable que nous vivons sur les marchés en Guinée. Voyez-vous, ces quelques éléments sont les résultats de la mauvaise gouvernance qui a prévalu en Guinée ces dernières années, et ils expliquent à eux seuls la forte perte de compétitivité de notre économie ainsi que l’engrenage très préoccupant dans lequel nous n’arrivons toujours pas à sortir. D’ailleurs c’est une observation partagée par les experts du FMI qui ont séjourné récemment en Guinée.

 

Vous comprendrez donc que l’indépendance de la Banque centrale fait partie des quelques mesures indispensables a entreprendre immédiatement pour mettre fin à ce cycle infernale. Avec une Banque centrale indépendante, c’est-à-dire chargée par la loi, nous encourageons la bonne gouvernance et incitons les gouvernants a mieux gérer les ressources publiques car, non seulement le financement du déficit public sera strictement limité, mais de plus, la loi autorisera la Banque centrale à refuser toute opération de change, de transfert, de paiement ou de financement qui n’est pas incluse dans la loi de finance ou autorisé par une loi bien précise. Vous comprenez donc pourquoi l’idée de l’indépendance de la Banque centrale peut être mal accueillie dans certain milieux de Conakry qui voient en cela une menace pour leurs intérêts mafieux. Pourtant de notre côté nous sommes plus que jamais déterminés à arracher l’indépendance de notre banque centrale.

 

Pour terminer sur cette question, je teins tout simplement à souligner le fait que l’indépendance de la Banque centrale ne signifie pas non plus d’isoler complètement l’institution du gouvernement. Elle continuera à être le dépositaire des fonds de l’État, le banquier et le conseiller fiscale du gouvernement si nécessaire. Le gouverneur de la Banque centrale sera toujours nommé par le Président de la République après consultation, mais les mesures de destitution du gouverneur seront identiques à celle d’un juge de la Cour Suprême. Pour plus de précisions sur le sujet, je vous renvoi au projet nouvelle république qui fait référence à la constitutionnalisation du rôle de la Banque centrale, et contient les statuts d’une Banque centrale moderne à l’image d’autres pays comme le Ghana ou un peu partout ailleurs en Afrique. Vous savez, ce n’est pas un miracle si tous ces pays nous dépassent de loin aujourd’hui, à un moment donné de leur histoire, ils ont tout simplement accepté de faire face à leurs responsabilités. Le Projet Nouvelle République est accessible sur ce lien : http://www.guinee-plurielle.com/pages/6Le_Projet_Nouvelle_Republique-2739176.html 

 

Tamsirnews.com: Depuis l’arrivée du Général Konaté l’espoir semble naitre en Guinée quand au déroulement de la transition. Qu’en dites-vous ?

 

MOD : Oui effectivement, depuis le 15 janvier 2010 la transition semble être repartie sur une nouvelle base, en tout cas meilleure que celle d’avant le 15 janvier. Le Général Konaté a mis en place, comme convenu dans les accords de Ouagadougou, un gouvernement d’union nationale avec un premier ministre dit d’opposition, ainsi que le conseil national de la transition. De plus, il a fixé, même si ce fut de manière un peu unilatérale, la date des élections pour le 27 juin. C’est exactement ce à quoi on attendait de lui et il l’a fait. Le tout est a son honneur. Pour couronner ce chef d’œuvre, malgré toutes les déclarations de bonnes intentions, je crois qu’une ordonnance garantissant que ni lui, ni les membres du CNDD, ni les acteurs de la transition (Gouvernement et CNT) ne seront candidats aux prochaines élections présidentielles serait la bienvenue. Par ailleurs, sortir la Guinée de l’isolement diplomatique est l’un des objectifs du Générale Konaté et je crois qu’il le réussi plutôt bien. Tout cela n’est qu’à l’avantage de notre pays aujourd’hui. Enfin et surtout, sur le plan de la reforme de l’armée, il faut reconnaître que beaucoup de chose reste encore à faire, mais nous sentons la volonté et voyons les actes déjà posé. Cela aussi est très rassurant.

 

La position actuelle du Général Konaté est une garantie indispensable pour la réussite de la Transition, et c’est un élément avec lequel nous devons compter pour la suite du processus.

 

Tamsirnews.com: Après sa mise sur pied, le CNT dirigé par Rabiatou Serah Diallo a présenté la première mouture de la constitution Guinéenne. Quelles sont vos critiques en attendant son examen par le staff du Président de la Transition ?

 

MOD : tout d’abord je salue le travail remarquable que fait cet organe central de la transition censé représenter toutes les couches de la société et nourrir le débat démocratique en cette période de transition hautement déterminante pour notre pays. Qu’à cela ne tienne, cependant, je ne vais pas vous cacher que je suis très réticent par rapport au projet de Constitution présenté par le CNT. Je suis réticent pour des questions de forme et pour des questions de fond.

 

Sur la forme : même si le CNT est représentatif de la société, mais nous ne comprenons pas pourquoi les débats n’ont pas été publics sur le projet de Constitution. Puis, et je crois que cela est une grosse faute démocratique, le fait de proposer le 21 avril au Président de la transition une adoption de cette Constitution par décret. C’est de la pure dictature. Au sein de la LDRG, et de beaucoup de nos compatriotes, nous croyons que le peuple de Guinée mérite plus de respect que cela aujourd’hui. C’est pour cette principale raison que lors de l’une de nos récentes publications nous avons affirmé que nous ne reconnaîtrons jamais une constitution qui ne serait pas adoptée par voix référendaire.

 

Sur le fond : avant de placer des critiques, je tiens auparavant à saluer le travail déjà réalisé sur le CNT dans ce sens. Il y a des nouveautés remarquables. Mais comme toute œuvre est perfectible, alors nous invitons chacun à considérer nos critiques comme étant des critiques constructives pour l’intérêt du peuple et de la démocratie.

 

Tout d’abord, soyons bien d’accord sur le fait que la révision d’une Constitution n’est nécessaire que si la société est prête à tirer les leçons du passé et affirmer ces aspirations démocratiques pour l’avenir. De ce fait, les principes qui doivent guider la réforme constitutionnelle aujourd’hui en Guinée sont : la promotion de la bonne gouvernance, l’équilibre des pouvoirs et la sauvegarde des droits fondamentaux des populations guinéennes, ce qui a fortement manqué chez nous au cours des deux dernières décennies.

 

1-Sur le plan de la bonne gouvernance : nous accueillons favorablement les dispositions des articles 39 et 116 relatives à l’attribution des marchés publics et privés, ainsi qu’à la déclaration des biens des acteurs publics. Cependant, ces dernières années en Guinée nous avons surtout souffert de détournement de fonds publics et de corruption, or il n’est prévu aucune mesure pour lutter contre ces phénomènes.

 

De ce fait, nous réclamons l’inclusion de dispositions qui définissent les mécanismes de fonctionnement et qui garantissent la transparence dans la gestion du trésor public. Nul sommes ne doit être soustraite des fonds de l’État si elle n’est pas incluse dans la loi de finance ou autorisée par une loi bien précise. La seule institution en mesure de veuille à l’application de cette mesure n’est autre que le dépositaire des fonds de l’État, la Banque centrale. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui dictent la nécessité de charger par la Loi la Banque centrale de cette mission, comme je l’ai déjà mentionné plus haut dans cette interview.

 

Puis, on nous dit à l’article 127 qu’il est crée un Médiateur de la République dont la seule mission est de recevoir les réclamations des administrés par rapport au service public. J’ai envie de dire «et alors!» A quoi servirait un médiateur qui ne peut saisir la justice ou déclencher une enquête sur des affaires de corruptions avérées? Le médiateur doit en plus être chargé par la Constitution de prévenir et lutter contre la corruption ainsi que les infractions dans l’exécution du service public. A défaut, je ne vois vraiment pas quel serait son intérêt, sinon qu’une autre institution à financer par l’argent public. En plus on nous dit que c’est un organe indépendant, mais il est tout de même nommé par le Président de la république sans l’avis d’aucune instance. Au sein du projet nouvelle république, ce que le CNT appel Médiateur de la République, nous l’avons appelé purement et simplement Organe Anti-corruption dont le Directeur général est nommé par le président de la République après avis favorable de l’Assemblée nationale.

 

2-Concernant le pouvoir judiciaire : alors qu’on s’attendait à son renforcement, nous observons plutôt que la Cour Suprême a été très affaiblie au détriment d’une nouvelle structure dénommée Cour Constitutionnelle. L’introduction d’une Cour Constitutionnelle n’est autre qu’une mesure tape à l’œil pour faire croire au monde qu’il y a quelque chose de nouveau. Je vais vous expliquer pourquoi la justice reste totalement ballonnée. Tout d’abord, nous l’avons déjà mentionné, la Cour suprême n’est plus que l’ombre d’elle-même. De plus, on réduit le Conseil Supérieur de la Magistrature, qui peut être considéré comme le gouvernement du pouvoir judiciaire, a un simple rôle consultatif. Les juges seront toujours nommés, promus et révoqués par le Président de la République. Encore pire, à l’article 112, on nous dit que le Président et le Vice-président du Conseil Supérieur de la Magistrature sont, respectivement, le Président de la République et le Ministre de la justice, tous issu du pouvoir exécutif. Ceci est une grande insulte à la démocratie et au peuple de Guinée. C’est-à-dire que nos gouvernants ainsi que les mafieux ont l’intention de continuer à être au-dessus des lois de la république. Ils tentent encore une fois d’enterrer l’État de droit.

 

A ce niveau, non seulement nous exigeons la suppression de cette Cour Constitutionnelle unitile et la reprise par la Cour suprême de ses prérogatives, mais surtout nous exigeons l’indépendance du pouvoir judiciaire. Cette indépendance doit se manifester, non seulement par le renforcement du Conseil Supérieur de la Magistrature dans son rôle de seul compétent pour la nomination et la gestion de la carrière des juges, mais aussi par le déguerpissement total du pouvoir exécutif des instances du Conseil Supérieur de la Magistrature. Le président de la république et le premier ministre doivent siéger en matière judiciaire au sein d’un Conseil Supérieur du Parquet qui est une instance du pouvoir exécutif.

 

Enfin, sur le plan du pouvoir judiciaire, cette nouvelle Constitution ne répond pas à une question fondamentale en matière judiciaire que les populations guinéennes ne cessent de poser. C’est celle relative à l’impunité des acteurs de répression militaire. Au lieu de créer une Cour Constitutionnelle inutile, c’est donc le lieu de prévoir une juridiction militaire qui doit connaître en premier degré des infractions d’atteintes à la sûreté de l’État et de tout crimes commis par les militaires quelque soit leur grade. Au sein du Projet Nouvelle République, vous trouverez l’organisation d’un système judiciaire digne de celui d’un État de droit auquel le peuple de Guinée aspire profondément.

 

3-Concernant le pouvoir législatif : j’ai cherché la nouveauté, mais absolument rien. Notre Assemblée nationale restera la même que lors de l’ère du Général Lansana Conté, une Assemblée nationale sans aucune influence sur la vie politique et économique de la nation. Je dis vraiment les choses telles qu’elles sont présentées par le projet du CNT. Sur le plan économique par exemple, on dit à nos députés, notamment à l’article 75, qu’ils soient d’accord ou pas d’accord, si au 31 décembre ils ne votent pas le projet de loi de finance du gouvernement, alors le Président peut appliquer la loi de finance par ordonnance. Donc il y a vraiment lieu de se demander pourquoi nos députés vont se fatiguer à s’opposer à une quelconque loi de finance. A ce niveau, normalement si un projet de loi n’est pas adopté dans les délais prévus, c’est plutôt sur la base de la loi de finance de l’année précédente que le gouvernement doit être autorisé à débloquer des fonds en attendant le vote de la loi de finance de l’année en cours. C’est un détail qui semble négligeable mais très important pour discipliner le gouvernement dans sa gestion et ses programmes économiques.

 

Puis, au niveau de l’article 89 on nous dit que les seuls moyens dont dispose l’Assemblée nationale pour contrôler l’action du gouvernement sont les questions écrites ou orales. Donc en aucun cas l’Assemblée nationale ne peut mettre en cause le gouvernement, ni adopter une motion de censure contre le gouvernement. L’article 92 va même jusqu’à dire à nos députés qu’ils n’ont aucun intérêt à s’opposer aux actions du gouvernement car le Président de la République peut dissoudre le parlement unilatéralement. Par ailleurs, ni le Président de la République, ni le Premier ministre ne sont responsables devant le peuple, devant le parlement. Ils se font rois. Tel le CNT l’a présenté, avec cette constitution, c’est même la profession de député de la nation qui est remise en cause : à quoi servirait d’être député?

 

Cela nous démontre encore une fois que nous sommes très loin de l’ouverture politique et démocratiques dont aspire profondément les populations guinéennes. Les acteurs politiques et sociaux considèrent encore la démocratie comme slogans qu’autre chose.

 

Pour encourager la bonne gouvernance, il faut absolument que nos gouvernants puissent rendre des comptes sur leurs actions, c’est un principe élémentaire de la démocratie. S’ils agissent bien qu’ils soient reconduits et s’ils agissent mal qu’ils soient destitués. C’est donc le moment de permettre à l’Assemblée nationale, l’institution la plus représentative du peuple, en plus des traditionnelles questions écrites et orales, d’engager la responsabilité des membres du gouvernement ou du gouvernement dans son ensemble grâce à la motion de censure. A défaut de cela, c’est encore une fois à une continuité qu’il faut s’attendre dans ce sens avec une Assemblée nationale qui sera très souvent monocolore. De plus, il faudra très malheureusement s’attendre à ce que les luttes politiques continuent à s’exercer de manière archaïque dans la rue en Guinée. Au sein du projet nouvelle république, nous avons réussi à développer les conditions de revivification du pouvoir législatif et de la vie politique telle que le peuple de Guinée ne cesse de le réclamer.

 

4-Concernant le pouvoir exécutif : à ce niveau également, l’effet d’annonce a joué son rôle. On entend par-ci et par-là que le poste de premier ministre a été constitutionnalisé. Oui il a été constitutionnalisé, mais non seulement le premier ministre n’est pas chef du gouvernement car les article 45 et 46 font du Président de la république le Chef du gouvernement, mais de plus, il y a de forte chance qu’on continu a assister au cinéma que l’exécutif a pris l’habitude de nous offrir ces dernières années en Guinée : un premier ministre très souvent défié par ses propres ministres plus proches du Président de la République, ainsi que la rotation vertigineuse des premiers ministres aux grés de l’entourage présidentiels. Cela parce que le renvoi ou la démission d’un premier ministre n’est pas synonyme de démission de tous les membres de son gouvernement. Encore de la continuité.

 

Au sein du Projet Nouvelle République nous avons réussi à définir un pouvoir exécutif cohérent, responsable et orienté vers les besoins des populations.

 

5-Autres : autant nous recommandons la suppression de la Cour constitutionnelle pour rendre à la Cour suprême ses prérogatives, nous recommandons également la suppression du Conseil Économique et Social qui n’a aucune utilité. Nous recommandons la transformation du Conseil Économique et Social en un Conseil d’État qui fera figure de seconde chambre de l’Assemblée nationale telle que défini au sein du Projet Nouvelle République.

 

De même, nous recommandons fortement que le gouvernement soi issu de la majorité parlementaire et que son premier ministre soi un chef du gouvernement nommée par le président de la République. C’est la seule condition pour avoir un Président de la République au-dessus des jeux politiques et qui incarne l’unité de la nation. C’est également la seule condition pour ramener les luttes politiques de la rue vers le Parlement.

 

Par ailleurs, nous réclamons, comme défini au sein du Projet Nouvelle République, la Constitutionnalisation de la Commission de la fonction publique, du Conseil National des Femmes, du Conseil National de la Jeunesse et du Comité de Sécurité Nationale.

 

Il y aurait beaucoup d’autres points à souligner, mais pour terminer avec cette question, il faut tout simplement noter qu’avec la Constitution que le CNT vient de proposer, nous restons dans la médiocre deuxième république. Je m’en vais vous prévenir déjà qu’il risque d’y avoir une révolution en Guinée si jamais les pouvoirs publics se hasardent à adopter cette constitution hyper obscurantiste et permissive. Ce sera une insurrection à l’image de celle de janvier et février 2007, mais cette fois elle sera accomplie. Il faut absolument que la communauté internationale se désolidarise immédiatement et publiquement de ce projet complètement anti-démocratique.

 

Tamsirnews.com: L’article 29 de cette première mouture de la constitution prévoit à 35 ans l’âge de la candidature sans toute fois indiquer l’âge limite, n’est ce pas une nuance ?

 

MOD : je crois que cette mesure veut dire ce qu’elle veut dire. La question que je me pose d’ailleurs est celle de savoir pourquoi ont-ils diminué l’âge de candidature de 40 à 35 ans? De plus, en interdisant les candidatures indépendantes, on veut obliger et imposer à tout citoyen qui souhaite s’intéresser à la vie publique de faire de la politique ou de rejoindre une formation politique déjà existante. C’est vraiment ridicule. Je sais une seule chose, leur Constitution renferme toutes les conditions qui nous permettront d’aller au bout de la révolution démocratique en Guinée. C’est une énorme erreur que de croire que leur stratagème marchera sur le peuple de Guinée, une grosse erreur.

 

Tamsirnews.com: A quelques mois du premier round électoral, quel est votre avis sur le processus électoral ?

 

MOD : sur le plan du processus électoral, il y a trois éléments fondamentaux à respecter pour espérer une bonne élection. D’abord le recensement : la CENI nous informe que nous avons atteint les 4 millions de guinéens recensés. C’est aux acteurs politiques de se prononcer sur la fiabilité de ce fichier. La préoccupation de la LDRG réside au niveau des deux autres éléments : la présence des observateurs internationaux, or à ce niveau nous n’avons aucun signal rassurant à deux mois des élections; Également, la sécurisation du scrutin. Ce dernier élément est extrêmement important et la réussite du processus électoral y dépendra en grande partie. Or pour le moment nous avons plus de questions que de réponses: Est-ce que les capacités policières sont suffisantes? Faut-il intégrer l’armée? Si oui, à quel niveau et à quel degré d’intégration? Quels sont les moyens matériels disponibles et quelles sont les armes qui seront utilisées pour encadrer les manifestations? C’est ce qui me rend très sceptique sur le bien fondé d’aller déjà le 27 juin aux élections car, au lieu devenir la fin des problèmes, le 27 juin risque devenir le début de tous les problèmes si nous n’apportons pas des réponses pertinentes aux questions posées.

 

Tamsirnews.com: La ‘’LDRG’’ aura –t-il son candidat a cette élection ?

 

MOD : pour tous vous dire, pour le moment le principal enjeu pour nous est la réforme constitutionnelle et nous sommes pleinement mobilisés à cette fin. A nos yeux c’est vraiment cela priorité nationale aujourd’hui, et peut-être aussi que c’est ce qui nous distingue des politiciens.

 

Tamsirnews.com: Votre dernier mot

 

MOD : pour ne pas faire long, le vendredi 30 avril, je tiens tout simplement à inviter mes compatriotes et le peuple de Guinée à bien observer sur quelle direction et dans quel sens je vais effectuer la deuxième marche solitaire de 13km du Marathon pour la Nouvelle République. Ça ne sera ni une marche pour un individu ou contre un individu, ni une marche pour un parti politique ou contre un parti politique. Ça sera plutôt une marche pour réclamer l’indépendance de notre Banque centrale et de la Justice guinéenne, ça sera une marche pour réclamer la constitutionnalisation d’un organe Anti-corruption et le partage équitable du pouvoir de manière à consolider l’unité de la nation. Dans les semaines, mois et années à venir ce sera notre cheval de bataille.

 

Tamsirnews.com: Nous vous remercions

 

MOD : C’est moi qui vous remercie!

 

Interview disponible également sur tamsirnews.com: http://www.tamsirnews.com/actualite50.htm