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International-20CrisisGroup_logo-1-.jpgLe dernier rapport de l’International Crisis Group examine l’escalade de la violence politique et des confrontations armées depuis que Laurent Gbagbo a refusé d’accepter sa défaite lors de l’élection présidentielle de novembre dernier et s’évertue à conserver le pouvoir par la manipulation des institutions et le recours à la violence. Le rapport indique que la guerre est imminente, comme en témoignent les affrontements entre les forces armées et les milices de Gbagbo et les anciens rebelles des Forces nouvelles à Abidjan et dans l’ouest du pays, près de la frontière avec le Liberia.

Les conditions suivantes doivent être réunies pour échapper à un nouveau conflit désastreux : Ouattara doit offrir de négocier, avec l’implication de la société civile, un accord pour l’unité et la réconciliation nationale et la formation d’un gouvernement intérimaire qu’il présidera (et qui exclura le président sortant) ; la mission de maintien de la paix de l’ONU doit rester ferme dans l’accomplissement de son mandat de protection des civils ; et la communauté internationale doit soutenir sans équivoque toutes les décisions que pourrait prendre la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), y compris celle du déploiement d’une mission militaire.

« Le régime Gbagbo est une menace grave pour la paix, la sécurité et la stabilité dans toute l’Afrique de l’Ouest », estime Rinaldo Depagne, analyste principal pour l’Afrique de l’Ouest de Crisis Group. « Toute proposition de sortie de crise qui maintiendrait Gbagbo à la présidence, même temporairement, prolongerait le chaos et augmentera les risques ».

L’élection s’inscrivait dans un processus de paix entamé après la rébellion de septembre 2002 et sanctionné par de nombreux accords, le dernier en date étant l’Accord politique de Ouagadougou (APO) de 2007 que Gbagbo a signé. Comme tous les autres candidats, il est allé à l’élection sur la base de compromis sur les conditions d’organisation et de sécurisation du scrutin. Ouattara a gagné au second tour avec plus de 350 000 voix d’avance sur Gbagbo.

L’ONU a certifié ce résultat mais Gbagbo s’est servi de la plus haute juridiction du pays pour annuler arbitrairement des suffrages et perpétrer un coup d’Etat constitutionnel. Depuis lors, il recourt à la violence et à une rhétorique ultranationaliste pour s’accrocher au pouvoir. Plus de trois cents personnes ont été tuées, des dizaines violées et beaucoup d’autres ont été enlevées par des forces de sécurité. La CEDEAO et L’Union africaine (UA) ont reconnu en Ouattara le président élu et demandé à Gbagbo de partir, mais il est apparemment prêt à résister jusqu’au bout quitte à plonger la Côte d’Ivoire dans l’anarchie, la guerre et le désastre économique, avec des conséquences terribles pour toute la région.

La communauté internationale a un rôle important à jouer. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit soutenir l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) et l’encourager à user de tous les moyens pour accomplir son mandat. Une nouvelle liste de personnalités ivoiriennes à sanctionner doit être préparée et les sources de revenus du régime illégitime de Gbagbo doivent être mises au jour. Les Etats africains doivent afficher leur unité, en particulier l’Afrique du Sud qui devrait soutenir les efforts de la CEDEAO pour faire partir Gbagbo et permettre à Ouattara de s’installer plutôt que de promouvoir des propositions inappropriées et dangereuses de partage du pouvoir.

« Le scénario le plus probable est celui d’un conflit armé qui s’accompagnera de violences massives sur les civils et qui risque de provoquer l’intervention militaire unilatérale de pays voisins », avertit Gilles Yabi, le directeur du projet Afrique de l’Ouest de Crisis Group. « Pour éviter d’en arriver là, la CEDEAO doit reprendre la main sur la gestion politique et militaire de la crise, avec le soutien clair de l’UA et de l’ONU ».

Source: http://www.crisisgroup.org/fr/publication-type/communiques/2011/africa/French%20Cote%20dIvoire%20Is%20War%20the%20Only%20Option.aspx

Tag(s) : #Afrique de l'Ouest