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kenya-cpi-accuses.jpgLa Cour pénale internationale (CPI) de La Haye a délivré mardi des citations à comparaître le 7 avril prochain à l'endroit de six hauts responsables kenyans. Ils sont soupçonnés de crimes contre l'humanité lors des violences postélectorales de la fin 2007.

Il s'agit d'Uhuru Kenyatta, vice-premier ministre et ministre des Finances, Francis Muthaura, bras droit du président Mwai Kibaki, Mohammed Hussein Ali, chef de la police au moment des faits, William Ruto, ministre de l'Enseignement supérieur, Henry Kosgey, ancien ministre de l'Industrialisation, et Joshua Arap Sang, reporter et présentateur de radio.

Quelque 1200 personnes avaient été tuées et plus de 300 000, déplacées au cours de violences pendant et après la réélection contestée du président Mwai Kibaki, le 27 décembre 2007, face à son adversaire Raila Odinga, actuel premier ministre d'un gouvernement de coalition.

Les violences avaient commencé après l'annonce des résultats de la présidentielle. Raila Odinga a accusé Mwai Kibaki d'avoir truqué les résultats pour se maintenir au pouvoir.

Quelques jours plus tard, des partisans de l'opposition se sont attaqués aux Kikuyus, l'ethnie du président Kibaki qui domine l'économie du pays depuis son accession à l'indépendance.

La CPI est le premier tribunal permanent chargé de poursuivre des auteurs de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de génocide commis depuis 2002.

Les six personnes soupçonnées de crimes contre l'humanité

Uhuru Kenyatta, 49 ans, est le fils de l'actuel vice-premier ministre et ministre des Finances, Gatundu South, un des principaux leaders de la communauté kikuyu, considéré comme candidat très sérieux à la succession de Mwai Kibaki à la présidence du pays en 2012.

Le procureur de la CPI lui reproche d'avoir mobilisé le gang criminel des Mungiki pour attaquer des partisans de Raila Odinga, l'adversaire malheureux du président Kibaki à l'élection présidentielle de 2007.

Francis Muthaura, 64 ans, proche du président Kibaki, est soupçonné d'avoir autorisé la police à faire un usage excessif de la force et d'avoir protégé les milices de jeunes affiliés au Parti de l'Unité nationale (PNU) du président Kibaki.

Mohammed Hussein Ali, 55 ans, chef de la police à l'époque des faits, a été écarté après avoir été accusé de couvrir des exécutions extrajudiciaires dans le pays.

Plusieurs centaines des quelque 1500 victimes ont été tuées par la police, lors de répressions sanglantes de manifestations dans les bidonvilles de Nairobi et à Kisumu, principale ville de l'ouest et fief de M. Odinga.

William Ruto, 43 ans, a été suspendu de son poste de ministre de l'Enseignement supérieur pour corruption. M. Ruto est soupçonné d'être le principal planificateur et organisateur des violences meurtrières contre la communauté kikuyu, notamment dans la vallée du Rift, dont il est originaire.

Henry Kosgey, 63 ans, ancien ministre de l'Industrialisation, professionnel de la politique depuis 30 ans, est également accusé d'avoir planifié et organisé les violences contre les partisans du parti de M. Kibaki.

Joshua Arap Sang, présentateur pour Kass FM, une radio en langue vernaculaire kalenjin, est accusé d'avoir organisé les violences contre les partisans de M. Kibaki. Il aurait aussi incité sur les ondes les jeunes kalenjins à descendre dans la rue, en lançant un appel à la guerre.

Tag(s) : #International